Comment VisioPM permet la 3D sans lunettes

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(Crédits : DR)
Promptitude des investisseurs provençaux oblige, la startup originaire de Toulouse a choisi Marseille. Et compte bien faire valoir sa solution d’affichage numérique 3D, non seulement en France mais aussi à l’étranger.

Une bouteille de champagne dont le bouchon saute en direction du spectateur, une pomme tendue vers lui au-delà de l'écran... Avec Cassia 3D, l'affichage publicitaire fait un sérieux bond en avant : il permet simplement de voir en relief, sans besoin de chausser les lunettes de rigueur. Cette solution est celle développée par Thierry Sitbon, fondateur en 2014 à Toulouse de VisioPM et installé tout récemment dans la cité phocéenne, avec le concours de Provence Promotion. "Pour mémoire ce qui produit le relief, ce sont nos deux yeux, et plus précisément le fait que l'image soit vue sous un angle différent avec chaque œil. Pour générer ce phénomène de 3D, il s'agit donc d'envoyer deux images en continu", explique Thierry Sitbon. La technologie de la startup exploite donc des écrans lenticulaires, mais ce n'est pas tant ici que réside l'innovation de la solution, puisque "nous nous approvisionnons chez des fournisseurs constructeurs de ces écrans", avance le fondateur et directeur général.

Développement en interne

Ce qui fait toute l'originalité de Cassia 3D en revanche, c'est le logiciel développé par l'équipe de VisioPM. Le fruit du parcours de Thierry Sitbon, qui a non seulement travaillé dans l'imagerie, mais aussi dans l'affichage dynamique. "J'ai eu l'idée de mixer ces deux technologies pour en faire une application spécifique. Normalement, les contenus sont difficiles à réaliser. Toutes les sociétés qui s'illustrent dans l'auto-stéréoscopie 3D rencontrent le même problème : si l'on met du contenu, cela nécessite le travail d'un ou deux designers, et cela coûte cher". D'où la volonté d'automatiser ces mêmes contenus : le logiciel permet donc à tout un chacun de générer facilement des animations 3D en se rendant sur le site de la jeune entreprise. 3D, trois étapes : on crée d'abord ses animations en sélectionnant des modules dans la bibliothèque et en transférant les contenus, on prépare les diffusions en chaînant lesdites animations dans une ou plusieurs playlists, puis on affiche en planifiant les horaires de diffusion, sur un écran 3D local ou distant. Et les coûts, donc, s'en trouvent optimisés.

Des cibles variées

Jusqu'à présent, aucune initiative n'avait eu l'idée de tirer de l'imagerie 3D des champs applicatifs pour le grand public. Car cette technologie était plutôt exploitée dans le domaine de la télémédecine. Thierry Sitbon, quant à lui, compte consacrer sa technologie à la mise en avant d'un produit, avec ce que cela peut impliquer d'applications dans le domaine de la communication, du marketing -  son terrain de prédilection, c'est le monde du luxe, mais cette solution peut séduire de nombreux autres secteurs, parmi lesquels l'aéronautique, l'immobilier... - , de la culture, du tourisme... Et aux dires du fondateur, les ventes se boostent généralement de 30 % avec cette technologie, qui permet de capter les clients, retenus dix fois plus qu'à l'ordinaire devant la 3D. "C'est la conclusion d'études d'universitaires relevant d'un domaine portant le nom de neuro-marketing".

La phase de commercialisation vient de commencer. "Nous allons donner la priorité aux deux marchés les plus matures, ceux du luxe et de l'aéronautique", poursuit Thierry Sitbon, qui a déjà eu des contacts plus que qualifiés avec Airbus et LVMH, "à leur demande", précise-t-il. "De nombreux musées sont également intéressés par notre technologie, puisqu'elle pourrait leur permettre d'échanger virtuellement des objets entre elles".

En janvier à Las Vegas ?

Mais le directeur général ne compte pas s'arrêter à l'Hexagone, puisque des partenariats avec deux revendeurs, en Catalogne et en Italie, sont en passe de se conclure. Avec des solides perspectives de revenus à la clé, en France et à l'export, la solution de Thierry Sitbon ne connaissant pour l'heure aucun concurrent. "Nous travaillons également avec un fabricant d'écrans lenticulaires américain qui assure que notre solution n'avait pas d'équivalent non plus aux Etats-Unis et compte donc faire le lien avec ses clients en vue de contrats. Un partenariat pourrait donc se conclure aussi outre-Atlantique... Nous espérons dans cette optique être présents au prochain CES Las Vegas". Mais il faut du cash... C'est justement pour cela que Visio PM a quitté Toulouse et rejoint Marseille : "les investisseurs ont été plus prompts à répondre en Provence, c'est ce qui a motivé à 90 % notre déménagement". C'est donc parmi les forces vives marseillaises que Thierry Sitbon cherchera ses futures recrues. "Nous sommes déjà six collaborateurs, deux embauches viennent d'être réalisées. Nous aimerions recruter 4 à 5 nouveaux profils, commerciaux mais aussi techniques. Nous entendons garder une équipe conséquente sur la R&D, qui représentait jusqu'ici 100 % de notre budget et qui évoluera bientôt vers les 5 0%. L'idée étant de garder toujours une longueur d'avance lorsque les concurrents viendront sur notre terrain". Une technologie pour l'heure unique et une stratégie de développement qui permettent à Thierry Sitbon de viser un chiffre d'affaires de 3M€ en 2018 et 5M€ dès l'année suivante.

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