Patrick Stefanini, l'homme derrière la victoire de Fillon, passé par Nice

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(Crédits : Reuters)
Artisan de la victoire de François Fillon, Patrick Stefanini n'en est pas à son coup d'essai. Déjà en 1995, il a dirigé, au RPR, la campagne victorieuse de Jacques Chirac. Portrait de ce faiseur de roi. Qui a pourtant échoué à remporter les municipales à Nice en 1995.

Début novembre encore, qui aurait prédit la victoire de François Fillon ? Lui n'a jamais cessé d'y croire. Directeur de campagne de l'ancien Premier ministre, Patrick Stefanini, 63 ans, avait prévenu l'AFP en juillet dernier : "Dans une élection, il y a toujours une surprise !" Longtemps positionné au quatrième rang dans les sondages, le député de Paris a réalisé une remonté fantastique au premier tour de la primaire de la droite et du centre en recueillant plus de 44 % des suffrages, loin devant ses adversaires.

Dimanche, François Fillon a confirmé son avance. Le report des voix de Nicolas Sarkozy et de Bruno Le Maire ont permis au Sarthois de l'emporter haut la main avec plus de 66 % des voix. Une réussite inattendue qu'il doit en particulier à son directeur de campagne. Véritable métronome du camp Fillon, ce faiseur de roi n'en est pas à sa première victoire. Retour sur son parcours.

 "Un planificateur hors pair"

"C'est un organisateur, un planificateur hors pair", lâche un filloniste à son propos dans les colonnes du Parisien. Patrick Stefanini fut le métronome de cette campagne. Une rigueur dans le travail, appliquée depuis l'ENA dont il sort diplômé en 1979 de la promotion Michel-de-l'Hôpital. Administrateur civil, il finit par arpenter les cabinets ministériels, notamment celui de Robert Pandraud à l'Intérieur sous le gouvernement de Jacques Chirac (1986-1988), puis d'Alain Juppé à Matignon en 1995. Après un passage au Conseil d'Etat, il occupe le poste de préfet de Gironde entre 2011 et 2012.

Artisan des victoires de Chirac et de Pécresse

"N'oubliez pas que celui qui est troisième dans les sondages est toujours celui qui gagne à l'arrivée", rappelle Patrick Stefanini à son équipe durant la primaire d'après Le Parisien. Le stratège n'a pas peur des défis et son CV parle pour lui. En 1995, alors qu'Edouar Balladur est archi-favori à droite, il dirige au RPR la campagne de Jacques Chirac qui, longtemps troisième dans les sondages, arrive second au premier tour et remporte le duel face à Lionel Jospin.

Valérie Pécresse fait également appel à lui pour mener sa campagne de 2015 afin de rafler l'Île-de-France aux socialistes, installés à sa tête depuis dix-sept ans. Victorieuse, elle nomme Patrick Stefanini directeur général des services de la Région.

Echec niçois


Seule ombre au tableau, le passage en terre niçoise en 1995, ne se passe pas comme souhaité. Deuxième sur la liste de Jean-Paul Baréty qui brigue la municipalité niçoise face notamment à l'ancien Front national, Jacques Peyrat, Patrick Stefanini, alors aux côtés de Juppé à Matignon, ne peut empêcher la victoire de l'ancien encarté FN.

 Juppé ne l'a pas retenu

Avec son passé de chiraquien, Patrick Stefanini aurait dû, logiquement, rejoindre l'équipe de campagne d'Alain Juppé pour cette primaire. Peut-être que sa condamnation pour les emplois fictifs de la mairie de Paris, au même titre que l'ex-premier ministre de Jacques Chirac, a joué en sa défaveur. Reste que Patrick Stefanini était disposé à rallier Alain Juppé, mais le maire de Bordeaux n'en a pas voulu. Le premier aurait même informé le second de la proposition de François Fillon, avant de l'accepter, faute de réaction dans le camp Juppé. Le perdant du second tour doit s'en mordre les doigts aujourd'hui.

Futur directeur général de Les Républicains ?

Désormais grand vainqueur de la primaire, François Fillon va pouvoir ôter l'empreinte de Nicolas Sarkozy et remodeler le parti à son image pour l'accompagner dans la campagne présidentielle. Des remaniements au sein de la maison Les Républicains sont attendus dans les jours à venir. Selon les informations de l'Obs, Patrick Stefanini pourrait occuper la place de directeur général du parti, aujourd'hui propriété du sarkozyste Frédéric Péchenard. Un poste-clé qui lui permettra de mener la campagne de François Fillon, jusqu'à la victoire en 2017 ?

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