Deschamps Père et Fils : Une stratégie de diversification payante

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La société et sa filiale Plastiques industriels de la Loire ont été retenues pour participer au projet Compacryl.2, labellisé par Plastipolis, pôle de compétitivité plasturgie Rhône-Alpes et Franche-Comté. Il vise à développer une résine qui pourrait offrir au marché une solution alternative au métal.

"Si les résultats des recherches sont favorables, on passera de 70 à 300 personnes dans les 18 mois suivant la fin du contrat", annonce Pierre Mandier, président du conseil d'administration de la société de Saint-Raphaël Deschamps Père et Fils (4,2 M€ de CA en 2012, 35 personnes), spécialisée dans la fabrication de pièces industriels et de produits finis en matériau composite. La société, avec sa filiale Plastiques industriels de la Loire (2,2 M€ de C.A en 2012, 17 personnes) basée à Saint-Etienne, ont été retenues pour participer au projet Compacryl.2, labellisé par Plastipolis, pôle de compétitivité plasturgie Rhône-Alpes et Franche-Comté. Ce dernier vise à "développer une résine, dont la tenue mécanique et la résistance dans le temps seront celles d'une résine thermodure (mélange de résines et de tissus, qui réagit sous l'effet d'un catalyseur pour donner un produit fini solide, ndlr), mais que l'on pourrait déformer à très haute température. Cela donnerait au composite la flexibilité d'utilisation du métal, avec notamment la possibilité de venir souder des pièces", précise-t-il.


Deschamps Père et Fils devrait commencer la partie R&D début juin et prévoit d'investir 900 K€ sur 3 ans, dont 45 % seront pris en charge par l'État et les collectivités territoriales. "Nous allons être l'atelier des grands groupes comme Rossignol, Chomarat ou Arkema avec lesquels nous travaillerons", se réjouit Pierre Mandier, qui espère "gagner une avance phénoménale sur le matériau", lequel offrira alors une alternative intéressante au métal.

Créée en 1953, Deschamps Père et Fils s'est fait un nom dans la construction navale en fabricant le célèbre Ponant, un dériveur en stratifié et fibre de verre bien connu du milieu nautique et de réputation internationale, ainsi que les mâts équipant leurs bateaux. A partir de 1965, l'entreprise s'est progressivement diversifiée dans la construction de barrières de passages à niveau pour la SNCF, puis dans la signalisation ferroviaire. La SNCF représente encore 50 % de l'activité de l'entreprise quand Pierre Mandier rachète l'entreprise en 2004. L'entrepreneur développe alors le secteur routier (fûts de candelabre en composite pour l'éclairage public, supports de feux tricolores, barrières de péage) et des produits divers (supports d'antennes, poteaux de rugby...). La clientèle se compose essentiellement de grands comptes et de leurs filiales, comme Bouygues, Areva, Alstom, les sociétés autoroutières ou Michelin et la SNCF (qui apporte encore un volume d'affaires de 1 M€).

En 2009, l'industriel rachète Plastiques industriels de la Loire (PIL), spécialisée dans la fabrication d'armoires électriques (40 % du CA) et de cabines téléphoniques (50 % du CA), des produits complémentaires à la gamme Deschamps. "Il y a encore 200 000 cabines téléphoniques en France et la demande est permanente", explique le dirigeant, qui met par ailleurs au point un nouveau concept, la cabine de silence, développée depuis un an et demi et dont la première série devrait sortir en fin d'année. "Elles seront fabriquées en verre et composite et nous pourrons les utiliser comme un vrai panneau publicitaire", précise-t-il.

Depuis, Pierre Mandier, qui mène une politique de diversification par croissance externe, s'est ouvert à la marine avec le rachat d'HD Marine (1,5 M€ de C.A en 2012, 18 personnes), concessionnaire de Jeanneau dans le Var et revendeur de la marque d'accastillage Uship, située sur le Port Santa Lucia à Saint-Raphaël. Pour compléter son offre, il a parallèlement investi 500 K€ dans un atelier inox à Puget-sur-Argens en vue de fabriquer lui-même une partie de l'accastillage. "J'arrive dans un monde marketing, où le moindre boulon inox est vendu très cher", justifie Pierre Mandier qui conserve l'activité historique d'HD Marine et voit une belle opportunité de développer "un secteur considéré comme non porteur par les partenaires financiers". Avec à la clé, quelque 400 K€ d'investissement.

Le groupe consacre chaque année 6 % de son C.A à la R&D et table sur un chiffre d'affaires de 10 M€ en 2013. Seuls 6 % sont réalisés à l'export actuellement mais l'arrivée d'un directeur export en début d'année devrait permettre de développer la vente des produits ferroviaires et télécoms en Europe (priorité à l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne), au Brésil, en Tunisie, en Algérie et au Canada. Le capital est aujourd'hui détenu par des personnes physiques, dont Pierre Mandier, qui est majoritaire.


Charlotte HENRY

Photo : Pierre Mandier, président du conseil d'administration de la société de Deschamps Père et Fils

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