Eco-conception : quels gains pour les industriels ?

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Trois industriels de la région présentaient jeudi à Aix-en-Provence les avantages qu'ils tirent du passage d'une partie de leur production sous le mode de l'éco-conception. Si le gain écologique est incontestable, qu?en est-il d'un point de vue économique ?

Trois industriels de la région présentaient jeudi à Aix-en-Provence les avantages qu'ils tirent du passage d'une partie de leur production sous le mode de l'éco-conception. Si le gain écologique est incontestable, qu'en est-il d'un point de vue économique ?

Ils ont tous les trois franchi le cap : passer à un mode de production résolument plus respectueux de l'environnement, en choisissant de réduire le poids des emballages qui habillent certains de leurs produits. Les Vignerons de caractère, cave coopérative viticole basée à Vacqueyras, représentés par le responsable qualité et développement durable, Sylvain Decoster ; le groupe Orangina Schweppes, basé à Aix-en-Provence, dont Yann Maurice, le R&D Packaging Manager s'est fait le porte-parole ; et enfin, McCormick, le groupe américain présent sur 4 sites en Vaucluse avec ses marques Ducros et Vahiné avec son directeur Packaging Europe, Olivier Rattin.

Un investissement en temps
Soutenu par l'entreprise privée agréée par l'État qu'est Éco-Emballages dans cette démarche, les trois industriels s'accordent à reconnaître que ce passage productif écolo prend d'abord du temps : plus de deux ans de recherche ont ainsi été nécessaires aux Vignerons de caractère pour trouver le verrier capable de leur produire une bouteille, estampillée de leur sceau, économisant 20 % de verre dans le processus de fabrication. Mais une fois ce nouveau process mis en place, les résultats sont là : la nouvelle bouteille d'Oasis de deux litres proposée par le groupe Orangina Schweppes est ainsi passée de 57 à 42 grammes, sans modification d'apparence ou de design visible pour le consommateur. Soit 26 % de plastique en moins par bouteille et une réduction de plus de 1 000 tonnes par an. Un allègement de poids significatif qui permet par ailleurs une réelle optimisation de la palettisation et de la logistique. Les épices Ducros ont aussi économisé 120 camions pour la France sur un an.

Et l'investissement dans tout ça ?
Étrangement, aucun n'était en mesure de l'estimer, volontairement ou pas. Chez McCormick, on parle "de plusieurs centaines de milliers d'euros qui ont été nécessaires pour adapter les lignes de conditionnement et les différents moules". Chez Les Vignerons de caractère, on préfère l'affichage d'un bel argumentaire au regard d'une démarche "qui reste avant tout écologique et non économique". Chez Orangina Schweppes, on semble tout simplement ne pas avoir entendu la question. Là où nous nous attendions à entendre parler de retour sur investissement, d'une manière ou d'une autre, à court ou plus long terme. Aucun, selon leurs dires, ne s'est prêté à ce petit calcul, qui est pourtant loin d'être un détail en tant qu'entreprise. Pourquoi tant de mystères à une démarche aussi salutaire ?


Frédérique Jacquemin


Photo : Olivier Rattin, directeur Packaging Europe de McCormick à Avignon

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