Jacques Pfister, président de la CCIMP : "Il nous faut trouver dès à présent une marque pour l'Après MP 2013"

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Marseille-Provence 2013 se clôture et l'heure est au bilan. D'ores et déjà des plus positifs pour le chef de file de la Chambre de commerce et d'industrie, par ailleurs président de l'association, qui a porté le projet et la candidature du territoire. Il était l'invité des Déjeuners du Lundi du Centre des Jeunes dirigeants. Impossible pour lui de ne pas donner suite à cet événement.


MP 2013, une belle réussite donc...
Jacques Pfister : On est vraiment très contents. Et le fait que nous y soyons pour quelque chose est très satisfaisant. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus de huit millions de visiteurs au 31 novembre - 10 millions espérés d'ici la fin de l'année  - et 600 M€ de retombées économiques attendues. Tout en étant persuadés que nous pouvons cultiver les mêmes espoirs pour les années à venir. Avec cette année capitale, c'est tout le territoire qui a changé. Aix-en-Provence et Arles ont particulièrement bien réussi ce pari, mais celle dont le visage a été le plus modifié, c'est Marseille, pour qui elle constitue le levier d'un retournement d'image, tant au niveau national qu'international.

La question que tout le monde se pose : et après ?
J.P. : Nous avons tous les éléments en main pour que ce succès puisse être perpétré. Au niveau juridique, l'association existe techniquement jusque fin avril. Mais au niveau de la CCI Marseille Provence, nous pensons qu'il faut envisager dès à présent la suite. Raison pour laquelle nous avons élaboré et adressé une note intitulée "Bâtir l'Après 2013" (que nous avons dévoilé il y a quelques semaines déjà, NDLR) aux élus, au préfet, au ministère, ainsi qu'à l'administration MP13. Rédigée sous le triple signe de l'objectivité, du réalisme et de l'envie de proposer une nouvelle aventure aux citoyens de notre territoire et aux visiteurs qui s'y rendent. Elle se présente comme un diagnostic élaboré sans concessions, pointant les points forts et faibles et proposant des pistes pour demain.


Vous proposez quoi exactement ?

J.P. : Cinq pistes de réflexion. La première, autour de la création d'un événement populaire qui réunirait le territoire. Nous avons vu l'engouement rencontré lors du week-end d'ouverture des 12 et 13 janvier, tant à Marseille, qu'à Aix-en-Porvence, Arles ou dans les petites villes. La seconde porte sur le développement des actions culturelles qui ont été menées durant cette année dans les quartiers en difficulté, un chantier difficile mais prioritaire pour l'avenir du territoire. Ensuite, sur la nécessité de de faire vivre des lieux culturels atypiques, à l'instar du J1, qui a bénéficié d'un attrait formidable. Sans oublier la dynamique des expériences culturelles telles que le GR 2013 ou les activités proposées au Pavillon M et qui ne sont pas à reliées à la "consommatio"». Renforcer l'axe de programmation méditerranéen, et, pourquoi pas, élargir le territoire en y incluant Nîmes, le Var et éventuellement Avignon, sont également pensées.

Vous avez eu des retours par rapport à ces propositions ?
J.P. : Je dois avouer que je n'ai pas été bouleversé par le nombre de réponses (Rires). Ce qui est certain, c'est que tout le monde s'accorde à dire qu'il faut poursuivre cette expérience collective. Reste maintenant à savoir de quelle façon et sous quel statut. Marseille et MPM se positionnent à priori en faveur des propositions faites. Aix-en-Porvence demande à réfléchir. Il existe par ailleurs un G6, un groupement culturel incluant Aubagne, Martigues, Salon, Gardanne, Arles et Istres. Après, je conçois que les municipales sont proches et que les priorités sont peut-être ailleurs. Mais on ne peut pas ne rien faire en 2014. Il y a urgence. D'autant que nous avons besoin de Jean-François Chougnet dans le dispositif et qu'il ne sera pas là éternellement. Tout comme Lille a créé "Lille 3000" pour succéder à "Lille 2004", il nous faut trouver dès à présent une marque pour l'Après "Marseille-Provence 2013".

Ce qui signifie que la CCI pourrait faire cavalier seul dans cette aventure ?
J.P. : Oui, c'est tout à fait envisageable. Le monde économique a vu dans MP 2013 un événement de territoire, un accélérateur du rayonnement et de l'attractivité permettant d'attirer les entreprises, de développer le tourisme et de créer des richesses. Les retombées financières pèseront lourd sur l'attitude des entreprises pour la suite. 220 d'entre elles se sont impliquées pour cette année capitale, c'est remarquable. Nous savons que nous pouvons d'ores et déjà compter sur la totalité d'entre elles, la plupart ayant retiré de cette année culturelle, des bénéfices en terme d'image, de notoriété, de business. Et d'autres suivront peut-être, comme EDF ou Eurocopter dont les dirigeants ont été très heureux de ce qu'ils ont vu ces derniers mois.

Propos recueillis par Frédérique Jacquemin

photo ©almodovar

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