Les pôles de compétitivité passés au crible

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Le rapport d?audit de la politique des pôles de compétitivité portant sur la période 2009-2012 vient d?être publié. Par rapport à leur raison d?être ? initier des dynamiques collaboratives entre entreprises et acteurs de la recherche publique - le bilan est jugé satisfaisant puisque près de 900 projets de R&D ont été soutenus mobilisant 2,7 mds? de financement public.


179 pages avec les annexes et les recommandations décortiquent le mode de fonctionnement des 71 pôles de compétitivité : organisation, actions, rôle dans l'émergence des projets de R&D, financements, gouvernance, insuffisances... Le tout mâtinée de quelques scénarii pour envisager un avenir serein. Dans ce futur proche envisagé, l'institution régionale pourrait bien monter en puissance. Il faut ajouter que chaque pôle de compétitivité a fait l'objet d'une analyse spécifique "mais dont les résultats resteront confidentiels et seulement accessibles aux pôles et aux financeurs concernés".

L'évaluation, confiée au consortium Bearing Point-Erdyn-Technopolis ITD, est la seconde du genre, un premier rapport avait été réalisé en 2008 à l'issue des 3 premières années de fonctionnement. Globalement, les auditeurs jugent les résultats satisfaisants puisque près de 900 projets de R&D ont bénéficié de 2,7 mds€ de financements publics.

Témoignant de leur succès, les pôles ont doublé en 3 ans le nombre d'adhérents (soit une moyenne de 187 membres par pôle). Les PME représentent plus de la moitié des adhésions et presque 80% des entreprises membres.

Si les pôles n'assurent pas encore bien un suivi précis du devenir des projets, de leur capacité à atteindre leur marché, et in fine de la contribution à la croissance des entreprises, 1 300 d'entre elles (66% des membres répondants) affirment que cela leur a permis de créer des emplois et pour un tiers, d'augmenter leur chiffre d'affaires et d'améliorer leur capacité à exporter.

Si les pôles ont gagné en autonomie grâce à l'augmentation des cotisations, ils ne sont pas encore très robustes financièrement. En 2011, le budget moyen par entité s'est élevé à 1,09 M€ dont 28% en autofinancement.

Au total, sur les 5,7 mds€ investis en R&D en 4 ans, les PME ont été destinataires de plus d'un tiers, les grandes entreprises de quelque 10% et les ETI de 2%. 5 régions au total ont concentré 70% des financements alloués dont Île-de-France (28%) et Rhône-Alpes (22%).

Les secteurs de l'agro-alimentaire, des TIC, de l'énergie, des matériaux et l'ingénierie ont été les plus actifs. Les projets ont conduit au dépôt de près d'un millier de brevets.


Mais tout reste perfectible, et notamment à 3 niveaux : couverture des besoins, sélection des projets, et implication des collectivités territoriales.


Tout en recommandant à l'État d'accompagner le dispositif pendant encore 8 ans, le rapport conclue en proposant 3 scénarii se différenciant notamment par la répartition des responsabilités dans la gouvernance.

Le plan B (sic), qualifié de "scénario central", distingue "pôles de compétitivité internationaux" (une trentaine en France dont 2 en région) et "pôles d'innovation et de compétitivité" (8 en Paca), préconisant un renforcement du rôle de l'État pour les premiers et une augmentation du rôle des Conseils régionaux pour les seconds.

Les deux signeraient les contrats de performance et financeraient ensemble le budget d'animation. Par rapport à la situation actuelle, les Régions auraient donc un poids plus important pour les pôles du deuxième type en étant notamment responsables, en collaboration avec l'État, de leur définition territoriale, de l'animation du réseau, et de leur évaluation.

Renforcement du pouvoir des Régions certes mais en contrepartie "l'État ne contribuerait pas au budget de fonctionnement".


A.D


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