Métropole : Les 108 maires veulent la même que Paris

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Alors que le gouvernement ne fait pas mine de faiblir sur la création d?une grande métropole qui figurera dans l'avant-projet de loi de décentralisation transmis au Conseil d?Etat, les représentants des 108 maires des Bouches-du-Rhône opposés au projet ne désarment pas non plus. Ils franchissent un pas supplémentaire vers la rupture, ce qui suscite déjà des réactions de la part des partisans de la Métropole.


Après avoir boycotté la conférence métropolitaine à laquelle ils étaient conviés le 21 décembre par Marylise Lebranchu, la ministre de la Décentralisation tout en animant la fronde aux abords de l'enceinte, effectué plusieurs allers-retours pour être reçus à l'Elysée, puis au Ministère de la décentralisation, puis au Sénat, puis à l'Assemblée Nationale le 12 mars dernier*, les 108 élus réclament désormais "la même Métropole que Paris". Le gouvernement, qui souhaite réunir en une seule unité urbaine les six intercommunalités - Marseille Provence métropole (MPM) et les communautés d'agglomération du Pays d'Aix-en-Provence, de Salon-Étang de Berre-Durance, du Pays d'Aubagne et de l'Etoile, du Pays de Martigues -, et le syndicat d'agglomération Ouest Provence, espérerait de l'équanimité sur le sujet. C'est à un véritable bras de fer auquel il est convié.

En ardents opposants d'une "métropole centralisatrice et écrasante" et en fervent partisan d'un projet d'Établissement Public Opérationnel de Coopération (c.f : marseille.latribune.fr/Actualites/EPOC-Une-innovation-institutionnelle-pour-contrer-la-Metropole_1074.htm), les élus viennent à nouveau de dégainer en dénonçant une "différence de traitement dans un même projet de loi entre l'Île de France et les Bouches- du-Rhône". "Ce que le Gouvernement a décidé pour l'agglomération parisienne est exactement ce que nous demandons depuis des mois pour la métropole marseillaise. Non seulement la structure métropolitaine parisienne laisse toute leur autonomie aux collectivités territoriales partenaires, sans volonté de les supprimer ni de les intégrer, mais de plus, l'État s'engage financièrement de manière significative", explique Jean-David Ciot (député du Pays d'Aix et premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône) dans un communiqué de presse commun aux 108 élus.

Une dette de 3,47 Mds €

Les maires campent toujours sur leurs positions, estimant que "la seule finalité de ce texte est de forcer par la loi les intercommunalités à combler la dette colossale de Marseille et de la CUM, qui pendant le même temps lancent et annoncent des travaux somptuaires". Une dette qu'ils estiment à 3,47 Mds €. Ils terminent le communiqué par une annonce de rupture. "Les aimables entretiens sont finis, nous avons compris que le gouvernement ne ferait un pas vers nous et qu'une vraie discussion nous était refusée", exprime René Raimondi, le maire de Fos-sur-Mer. Et se disent décidés à "s'organiser eux-mêmes en se dotant de moyens propres pour initier toutes les simulations nécessaires afin de concrétiser leur projet, en particulier sur le plan financier. Ils ont décidé de commencer par les transports avec pour objectif de constituer entre les territoires un réseau métropolitain, dont les aménagements, le coût et le calendrier de mise en œuvre seront fixés pour l'été."


Réactions ?

Jusqu'à présent, Laurent Théry, le préfet en charge de la métropole "dépêché" en fin d'année dernière pour faire avancer la cause métropolitaine, qui on le sait désormais ne pourra aboutir au mieux au 1er janvier 2015, s'est peu exprimé sur le sujet. La menace de rupture fera aussi très probablement réagir les partisans de la construction du vaste ensemble pour lesquels c'est le seul façon possible pour gérer et organiser les transports à l'échelle d'un territoire. Parmi eux, les instances représentant le monde de l'entreprise (CCIMP, UPE 13, CGPME 13...) mais aussi les 1 500 signataires du "Manifeste pour la Métropole" qui réunit la société civile sous la houlette de Jacques Boulesteix (chercheur scientifique, président du pôle Optitec mais aussi conseiller municipal de Marseille) et du sociologue Jean Viard (éminent spécialiste des questions rurales et de l'aménagement, mais aussi vice-Président de MPM).


Ceux-ci n'ont pas tardé. "En vue des élections municipales de 2014, Jacques Boulesteix et Jean Viard, élus municipaux de Marseille et porte-paroles du Manifeste Métropolitain, annoncent le lancement des Groupes d'Actions Métropolitains", indique un communiqué reçu ce lundi 18 mars. Réunissant des citoyens, de responsables associatifs et d'ONG, de syndicalistes et de représentants d'organisations professionnelles, d'experts et de personnes ressources mais pas organisé comme un parti politique, les GAM "veulent apporter des réponses et des solutions face au déficit de projet, d'engagement citoyen et de débat démocratique sur l'avenir de Marseille et de sa métropole. Notre projet est de créer les conditions d'un débat politique de qualité et de faire émerger de nouveaux citoyens responsables pour présenter des candidats aux élections municipales de 2014".

A.D

*La délégation était composée de :
Jean-David CIOT, député maire de Puy Sainte Réparade
Georges CRISTIANI, maire de Mimet
Vincent BURRONI, député maire de Chateauneuf les Martigues
Gaby CHARROUX, député maire de Martigues
Sophie JOISSAINS, sénatrice des Bouches-du-Rhône
Jean-Louis CANAL, maire de Rousset
Michel AMIEL, maire des Pennes Mirabeau
Jean-Pierre BERTRAND maire de Plan de Cuques
René RAIMONDI, maire de Fos-sur-Mer
Joël MANCEL, maire de Beaurecueil



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