Monaco : l ? extension en mer relancée ?

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Abandonné fin 2008 en raison de la crise, le projet d?extension en mer de la Principauté fait à nouveau l?objet d?études poussées. Le prince Albert II devrait se prononcer en 2013 sur sa faisabilité.

Épineux défi que celui du foncier en terre monégasque. Enserré entre Cap-d'Ail, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin, Monaco -que d'aucuns surnomment l'État confetti- s'étend sur 2 km2. Une bien maigre surface eu égard de la taille des ambitions du Rocher. "La raréfaction des terrains nous oblige à reconstruire la ville sur la ville", nous expliquait il y a peu Marie-Pierre Gramaglia, conseiller de gouvernement pour l'équipement, l'urbanisme et l'environnement. Selon les prospectives, la Principauté aurait ainsi besoin "tous les dix ans de 350 000 m2 supplémentaires" de logements, bureaux, commerces, locaux industriels et équipements publics.

Pour répondre à cette exigence et soutenir la croissance, l'actuel souverain - en digne fils du "prince bâtisseur" Rainier III - s'apprêterait à engager un nouveau programme d'urbanisation dans la baie. Selon le site Econostrum, le ministre d'État, Michel Roger, viendrait même de lancer "une consultation restreinte en vue de sélectionner le groupement de concepteurs (cabinets d'ingénierie, architectes, paysagistes) qui devra étudier une extension d'environ 5 à 9 ha au large de Fontvieille", laquelle permettrait la réalisation de plus de 300 000 m2 de bâti, avec une mixité de logements haut de gamme, logements domaniaux et espaces économiques.

"Le sujet est d'actualité, mais nous n'en sommes pas encore à lancer des appels d'offres, temporise le centre de presse, organe officiel chargé des relations publiques, presse et communication du gouvernement monégasque. Aucune décision n'est arrêtée. L'arbitrage sera effectué en 2013 par le prince".

S'inspirant des reliefs et des nombreuses baies de la Côte d'Azur, le projet consisterait à bâtir des fondations à 50 mètres de profondeur pour réaliser un cap artificiel à l'horizon 2020. Sur le plan technique, le principe de méga caissons - préfabriqués, remorqués à Monaco, puis disposés sur une assise sous marine -, pourrait, comme en 2008, être retenu.

"La préservation de l'environnement est pour nous un facteur essentiel. Les études de faisabilité, menées actuellement, évaluent notamment l'impact qu'une telle construction pourrait avoir sur l'écosystème marin, précise le centre de presse. Le prince tient à ce que les conséquences soient les plus minimes possibles".

S'agissant du coût de cette extension, rien ne filtre pour l'heure. Le gouvernement, de plus en plus enclin à recourir au partenariat public-privé (PPP), pourrait se tourner vers ce type de montage financier et alléger ainsi sa participation. Rappelons qu'en 2011, Monaco a connu pour la troisième année consécutive un budget déficitaire* et s'impose désormais un plan de rigueur, incluant une "maîtrise des dépenses publiques".


Chiffré entre 5 et 10 mds€, le précédent projet d'extension avait été interrompu en 2008 en raison de la crise économique. Il devait permettre à la Principauté de gagner une dizaine d'hectares sur la mer. Les plus grands architectes du monde s'étaient mobilisés. Au moment de l'abandon du projet, deux d'entre eux restaient en lice : l'Américain Daniel Libeskind, maître d'œuvre de la reconstruction du World Trade Center, et le Britannique Norman Foster, architecte du viaduc de Millau.

P.H

* Les comptes de l'Etat monégasque pour l'exercice budgétaire 2011 seront arrêtés fin mars. Le budget primitif tablait sur un déficit de 93,9 M€. Selon les dernières annonces du gouvernement, ce dernier s'établirait plutôt sous la barre des 88 M€. Pour 2012, les prévisions sont plus optimistes. Adopté en décembre dernier, il prévoit un déficit de 60 M€.


Photo : © Centre de Presse de Monaco

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