Viande de cheval : une PME de Manosque touchée

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La PME manosquine Gel Alpes avait elle aussi acheté de la viande de cheval à son insu. Elle a mis en quarantaine les stocks concernés. Et annonce une restructuration de sa filière d?approvisionnement.


Avec 12 000 tonnes de viande traitées par an, la société manosquine Gel Alpes (spécialiste des produits semi-finis congelés à base de viande bovine, de porc ou de volaille pour la préparation de plats ou sauces cuisinés) travaille forcément avec divers fournisseurs. Elle n'a pas tardé à comprendre qu'elle avait peut-être, elle aussi, été trompée sur certaines marchandises : "nous avons identifié que deux de nos fournisseurs en viandes, un trader et un abattoir, étaient probablement impliqués dans l'affaire de la viande équine", a longuement détaillé la société manosquine cette semaine, par la voix de son directeur, Stéphane Maloisel.

Gel Alpes a donc joué la carte de la prudence, et de la transparence, en prenant la décision de mettre en quarantaine une partie de son stock, dès le 8 février. Et, dans l'attente de la visite des services sanitaires. Des échantillons ont été prélevés et soumis à des analyses ADN auprès de plusieurs laboratoires. La PME a également informé tous ses clients de sa démarche et de ses doutes. Des doutes fondés puisque le 18 février, les résultats des analyses ADN ont permis d'identifier de la viande équine dans plusieurs lots : "sur les neuf échantillons, deux contiennent exclusivement du bœuf, trois contiennent à la fois du bœuf et du cheval et quatre ne contiennent que du cheval", détaille Gel Alpes, précisant qu'il s'agit de "matières premières issues de livraisons de la société néérlandaise Windmeijer, mais également d'origine roumaine".

La société (37 M€ de C.A en 2012, 70 employés) a alors alerté ses clients pour organiser le retrait des produits concernés, mais aussi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, qui a diligenté une enquête. Les 19 et 20 février, les représentants de la DGCCRF se sont donc déplacés et, selon Gel Alpes, ont "approuvé l'initiative de mise en quarantaine organisée par une consignation de ses stocks, les opérations auprès de ses clients, et les contrôles effectués spontanément".


Aujourd'hui la PME de Manosque a logiquement décidé de réorganiser sa filière d'approvisionnement en viande bovine. Concrètement, cela signifie que les achats "ne seront plus complétés par l'intermédiaire de trader, quel qu'il soit, ni en viande d'origine roumaine et ni plus généralement en provenance de l'Europe des 27". L'objectif est de mettre en place "une relation exclusivement directe, auprès d'abattoirs certifiés ne traitant pas de viande chevaline".

Dans l'immédiat, Gel Alpes ne s'approvisionnera donc qu'à partir de viandes d'origine exclusivement française. Et "une fois notre filière directe constituée et pour faire face à la demande importante de l'industrie agro-alimentaire, nous limiterons nos approvisionnements à l'Europe des 15, dans une relation directe avec un réseau d'abattoirs conformes à notre cahier des charges".


Damien FROSSARD
Photo: Située à Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la société emploie 70 salariés et a réalisé un chiffre d'affaires de 37 M€ en 2012.
© D.F.


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