24,7 M ? pour la Cité des énergies de Cadarache

 |   |  775  mots
Le premier bâtiment de la Cité des énergies, cofinancé par la Communauté du pays d?Aix, sera inauguré mercredi 12 juin en présence notamment de Maryse Joissains, présidente de la CPA, et de Jean Therme, directeur de la recherche technologique du CEA, délégué aux énergies renouvelables auprès du directeur du Centre de Cadarache, Maurice Mazière.

Cela fait quatre ans que le CEA ne signifie plus, seulement, Commissariat à l'énergie atomique. Au-delà du symbole, l'ajout des énergies alternatives dans les missions prioritaires de l'organisme de recherche constitue un virage majeur pour le CEA. Au point d'investir lourdement dans une R&D d'un nouveau genre, faite de panneaux photovoltaïques, de photobioréacteurs et de bâtiments à énergie positive... Autant d'équipements que l'on retrouve dans la Cité des énergies. Le projet, partagé avec la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix, affiche donc cette ambition dans les énergies alternatives et renouvelables, en lien avec les industriels locaux. Une volonté politique et économique qui, pour la CPA, se traduit par un investissement de 4,9 M€ sur un total de 24,7 M€ (coût total du projet, échelonné entre 2011 et 2015). Sachant que d'ici-là, la plupart des collectivités locales mettront la main à la poche : 4,8 M€ pour le Conseil général des Bouches-du-Rhône; 0,35 M€ pour les Alpes-de-Haute-Provence et 8,1 M€ pour le Conseil régional PACA. Le CEA investit pour sa part 5 M€, auxquels s'ajoutent 1,5 M€ du Feder. À ce jour, la CPA a d'ores et déjà investit 1,2 M€ afin de construire le premier bâtiment, soit autant que le CEA; et c'est à ce titre qu'elle co-organise donc cette première inauguration.


Les principaux axes autour desquels la Cité des énergies va se développer sont le solaire, l'efficacité énergétique de l'habitat méditerranéen et la biomasse. Le tout avec une volonté permanente d'effectuer du transfert technologique en direction des PME régionales.

Les plates-formes solaires seront réparties sur deux sites: le premier à l'intérieur du centre pour celles dont la puissance ne dépassera pas 1 MW; le second à l'extérieur des clôtures pour des installations de grande puissance, à l'image du projet Megasol, qui doit permettre d'évaluer les performances technico-économiques des grandes centrales au sol. La première tranche de Megasol s'étend d'ailleurs sur 38 ha : 23 appartiennent au CEA et 15 à la municipalité de Saint-Paul-lez-Durance. Un bail locatif d'une durée de 25 ans a été signé entre la municipalité et le CEA. La partie solaire de la Cité représente un budget de 2,1 M€.


L'efficacité énergétique se matérialisera par des plates-formes "bâtiments" afin de permettre aux industriels de tester des composants ou systèmes innovants avant leur mise sur le marché. Par exemple, aucune solution technique intégrée n'existe à ce jour pour des procédés d'isolation par l'extérieur couplés aux menuiseries... Les programmes de R&D associés à cet équipement permettront donc de tester l'influence de la circulation de l'air dans la mise en oeuvre de la ventilation naturelle sur les parois du bâtiment. Le budget est estimé à 2,2 M€ pour ce deuxième axe qui inclut la construction de maisons afin d'effectuer des tests en matière de confort estival en climat méditerranéen.

Aussi, la partie dédiée aux biocarburants permettra le développement de la plate-forme Héliobiotech, actuellement installée à l'intérieur du centre (voir notre dernier numéro (n°20) actuellement en kiosque qui consacre deux pages à ce sujet). La recherche fondamentale sur les micro-algues permet en effet aujourd'hui d'affirmer qu'il est possible de créer du biodiesel à partir des lipides de la Chlamydomonas Reinhardtii. Ces études doivent désormais servir les intérêts d'une seconde équipe, Hélioprocess, dont l'objectif sera d'avancer vers l'industrialisation du procédé : 50 personnes au total (Héliobiotech + Hélioprocess) seront dédiées à ce projet. Il s'agira de mettre au point des photobioréacteurs afin de cultiver l'algue rapidement et à faible coût, en les couplant si possible avec les autres formes d'énergies renouvelables, le solaire notamment. La valorisation de la biomasse, après extraction des lipides servant au biodiesel, sera également étudiée... Elle pourrait notamment servir à la production de chaleur par combustion. Les équipements nécessaires aux recherches en matière de biocarburants représentent un budget de 2,2 M€.

À noter enfin que la Cité des énergies, située sur des terrains appartenant au CEA mais en dehors des clôtures, sera un espace ouvert, à destination des professionnels mais également du grand public. La nouvelle entité sera cogérée par le CEA Cadarache et le Liten (Laboratoire d'innovation pour les technologies des énergies nouvelles) essentiellement présent à Grenoble et Chambéry. Elle matérialisera ainsi le tout premier regroupement des énergies alternatives solaires et de la bioénergie avec des équipes de la DRT (Direction de la recherche technologique, à Grenoble) et de la DSV (Direction des sciences du vivant). Une première au sein du CEA qui signifie donc, aussi, Commissariat aux énergies alternatives.


Damien FROSSARD


Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :