3 questions à Claire Martin, directrice générale de Mobiliz Invest : "L'électrique, c'est 4 milliards d'euros d'investissement"

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Totem Mobi, start-up marseillaise proposant un réseau d'autopartage via une flotte de 30 voitures électriques, est désormais soutenue par Renault Mobiliz. Quelle est la vocation de ce programme, quelle politique de mobilité durable le groupe compte-t-il mener ?


Vous vous êtes engagés aux côtés de Totem Mobi, via le programme Renault Mobiliz. Quels sont les termes de ce partenariat ?
Il s'incarne tout d'abord en un soutien financier, à hauteur de 100 000 euros. C'est un premier investissement, qui correspond à ce dont la start-up avait besoin pour développer sa structure. Cet engagement de notre part déclenchera forcément d'autres soutiens : d'autres fonds attendaient de voir si on allait investir dans Totem Mobi pour les soutenir à leur tour. Que Renault Mobiliz s'engage auprès de cette entreprise, c'est pour eux le signe qu'ils peuvent y aller aussi : nous suivons Totem Mobi depuis un an, nous connaissons son potentiel, ses difficultés, avons travaillé avec eux sur leur business plan à 4 ans, avant d'investir. Outre le volet financier, il y a également tout un dispositif de "mentoring" : un salarié du groupe devient mentor auprès des responsables de l'entreprise soutenue. Il leur fait notamment bénéficier de ses réseaux et les connecte aux bons acteurs, leur apporte une certaine expertise...


Quel est l'objectif du programme Renault Mobiliz, et quel est le bilan de son action ?
L'objectif premier de ce programme, créé voilà 5 ans, est de faciliter l'insertion de personnes en situation de précarité pour l'accès à la mobilité. Il se décline notamment à travers Mobiliz Invest, une société d'investissement qui a pour mission de financer les entreprises proposant des initiatives innovantes en matière d'accès à la mobilité, comme le fait Totem Mobi. Le groupe a doté ce fonds de 5 M€. Mais depuis cette année, nos salariés peuvent aussi abonder ce dernier et affecter une partie de leur épargne salariale aux projets soutenus par le FCPE (Fonds commun de placement d'entreprise) solidaire Renault Mobiliz. Plusieurs milliers de collaborateurs ont déjà choisi cette option. Jusqu'ici, nous avions soutenu 6 entreprises variées, Totem Mobi sera donc la 7ème structure à l'être. Nous avons également créé une start-up de l'économie du numérique, proposant un outil d'apprentissage du permis de conduire, inspiré du jeu vidéo, avec des coûts revus à la baisse. Ce produit, nommée The good drive, a été lancé ce 1er juillet et il est développé dans le réseau des Ecoles de conduite française (ECF).


Nombre de systèmes d'auto-partage, en France comme en Europe, ont choisi Renault pour leur flotte de véhicules électriques. Comment expliquez-vous ce choix ?
Nous sommes tout d'abord ravis de ce succès ! Vous savez, nous avons commencé à investir dans la mobilité durable il y a 7 ans déjà, en 2008. Le groupe a mis pas moins de 4 milliards d'euros sur la table pour développer les deux gammes, celles de Renault et de Nissan. Avec ce positionnement d'avant-garde, nous avons été forcément identifiés comme des pionniers dans le domaine de la mobilité durable. Aujourd'hui, l'alliance de ces deux grands noms de la construction automobile est encore leader sur le marché dans le domaine électrique. On compte quelque 500 000 véhicules électriques roulant aujourd'hui. Parmi eux, 250 000 sont des Renault. Mais outre l'électrique, nous travaillons également sur des solutions hybrides... tous ces efforts concourant à un objectif : réduire l'empreinte carbone globale de Renault de 3% chaque année. Si tous les industriels faisaient de même, nous atteindrions l'objectif de limitation du réchauffement climatique à 2 degrés, sans avoir besoin de négocier quoique ce soit.


Propos recueillis par Carole PAYRAU

Crédit photo : DR

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