ALERTE INFO Marseille Provence renvoie la balle dans le camp du gouvernement

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In extremis, la communauté urbaine Marseille Provence Métropole exerce son droit de préemption sur la mise en vente du site de Fralib, l'usine d'Unilever qui produit les sachets de thé de la marque Élephant.

À son acmé, la situation exigeait une mesure radicale. Face à un "blocage total, et le dépôt d'Unilever d'une déclaration d'aliéner, c'est-à-dire de vendre le terrain et l'outil d'exploitation et de déplacer le matériel industriel", Eugène Caselli, président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, a annoncé ce midi avoir décidé "d'exercer son droit de préemption". Avec notamment pour objectifs, justifie-t-il, de "maîtriser l'évolution de cette zone industrielle très importante pour la Communauté urbaine et la ville de Gémenos, tout faire pour maintenir un haut niveau d'emploi industriel sur ce site à fo rte valeur ajoutée fiscale pour nos finances publiques ; créer une situation nouvelle qui doit permettre à tous, et en premier lieu à l'État, de faire revenir Unilever à la table des négociations pour trouver des solutions alternatives à la fermeture".

Faut-il encore le rappeler tant l'affaire a été médiatisée et exploitée en support de campagne présidentielle pour dire "que la désindustrialisation n'est pas une fatalité" : en septembre 2010, le groupe industriel a décidé de fermer son usine de production de thé de Gémenos (Bouches-du-Rhône), qui employait à l'époque 192 salariés, en vue d'une délocalisation vers des sites plus "profitables" en Pologne et en Belgique. Depuis, les salariés luttent pour la survie de leurs emplois et de leur usine.

Ces dernières semaines, le dialogue social entre les salariés et le groupe Unilever a atteint un point de non retour. Avec à la clé, de nombreuses actions judiciaires. Les syndicalistes, qui défendent un projet de reprise sous la forme d'une coopérative et qui ont besoin pour ce faire de l'outil industriel, accusant notamment le groupe de vouloir déménager en catimini l'usine et occupant en réaction les lieux.

La direction de Fralib demandant de son côté l'expulsion immédiate que le juge du Tribunal de Grande Instance de Marseille lui a accordée à compter du 1er juin.

Cette décision est de nature à ravir les 182 salariés qui gagnent ainsi du temps. Un compromis de vente a effectivement été signé entre Fralib, qui n'est pourtant que locataire des terrains, et le fabriquant de chips Sibell.

Message fort donc envoyé au gouvernement. Rappelons que lors de son meeting à Marseille, le candidat en campagne, aujourd'hui président, avait assuré les syndicalistes et les élus concernés de son total soutien.

A.D

 Une publication du groupe Ecopresse

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