ALERTE MAIL : LGV Paca, bel et bien enterrée

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RFF vient de valider le fait que l?enjeu n?était plus celui de la grande vitesse mais celui d?un système ferroviaire performant entre les grandes métropoles de la région.


Ne l'appelez plus jamais LGV Paca. En faisant le point ce matin, lors d'une conférence de presse, sur la suite à donner au grand projet ferroviaire structurant de la région, RFF a indirectement lancé un appel à proposition : trouver une nouvelle appellation pour LGV PACA. Cette ligne qui fut un temps pensée pour être à Grande Vitesse (LGV) et qui doit traverser Provence-Alpes-Côte d'Azur à l'horizon 2023 ; cette grande infrastructure pour laquelle la concertation publique s'est achevée mi-décembre en vue d'en déterminer le tracé définitif ; cet équipement qui se voulait "Arc Méditerranéen à grande vitesse entre l'Italie et l'Espagne" (c.f cahier des charges établi en 2005*) et qui attise depuis des mois la grogne des élus et des agriculteurs varois.

Le bras armé technique de l'État a bel et bien validé le fait que l'enjeu n'était plus celui de la grande vitesse mais celui d'un système ferroviaire performant entre les grandes métropoles de la région, Marseille, Toulon et Nice, en vue de favoriser le report modal de la route vers le fer.

Autrement dit, si le principe de création d'une seconde ligne le long du littoral n'est pas remis en cause, laquelle aura des tronçons à la fois "classiques" et "à grande vitesse" (en moyenne autour de 200 km/h avec des segments à 150km/h et des pointes à 250 km/h), le nouveau projet vise principalement à répondre aux besoins d'un transport de proximité.

En clair, la deuxième infrastructure servira à délester la première. En 2023, il y aura 7 trains rapides (TER ou TGV ?) entre Marseille et Toulon et 9 entre Marseille et Nice.

"Peu importe qu'il s'agisse de grande vitesse ou pas", argumente Jean-Michel Cherrier, chef de mission LGV Paca chez RFF, "on mettra une heure pour aller de Marseille à Nice et si ce n'est pas de la grande vitesse, ce sera néanmoins performant et concurrentiel de l'autoroute".

Il n'y aura pas d'impact sur le calendrier (ndlr : bouclage du financement en 2014, travaux en 2016 et livraison en 2023). Pas davantage sur le coût prévisionnel (Ndlr : entre 18 et 20 mds€).

Grande victoire donc de la concertation publique dont on rappellera qu'elle a obtenu qu'il n'y ait pas de tracé à travers l'AOC Bandol, pas d'implantation d'une gare à Toulon-Est, pas de ligne en site propre entre Toulon et Le Muy mais qu'il y ait en revanche approfondissement des passages (très contestés) prévus dans la Vallée de l'Huveaune et du Pays d'Aubagne ainsi qu'une nouvelle réflexion sur l'opportunité et la pertinence de l'emplacement d'un gare nouvelle sur l'axe Cannes-Grasse.

En revanche, il a été convenu qu'il y ait une gare souterraine à Marseille Saint-Charles, une gare à Toulon Centre, et une gare au pôle d'échange de Nice Aéroport. La liaison Nice-Italie a également fait consensus. Dans deux jours, se tiendra à cet égard la réunion publique de clôture à Nice (Boscolo Hôtel Park - Salon Lamartine).

RFF a jusqu'à juin pour remettre en ordre nouveau un projet aux enjeux qui ne sont désormais plus les mêmes.

A.D

*1) Faciliter les déplacements à l'intérieur de la région en proposant une alternative à la route et en complétant la seule voie ferrée existante du littoral.
2) Ouvrir la région PACA aux autres régions françaises en la reliant au réseau ferré à grande vitesse.
3) Constituer l'arc méditerranéen : Barcelone - Marseille - Gênes.

Une publication du groupe Ecopresse

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