Aéroport de Marseille Provence : Premier conseil de surveillance dans la douleur

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Les représentants de la CCI Marseille Provence et des collectivités locales ont claqué ce mardi 22 juillet la porte du premier conseil de surveillance de la société aéroportuaire nouvellement créée.


Chausse-trappe ce mardi 22 juillet pour le premier conseil de surveillance de Aéroport Marseille Provence SA, la société aéroportuaire nouvellement créée. Une partie des 15 membres composant le conseil de surveillance - soit les quatre représentants de la CCI Marseille Provence (CCIMP) et les trois personnalités pour les collectivités locales - ont refusé de siéger, en réaction au mépris dont ils estiment être l'objet, laissant seuls les huit représentants de l'État.

La CCI, gestionnaire depuis 1934
Pour rappel, l'aéroport Marseille Provence fait partie des plates-formes de province concernées par les lois aéroportuaires de 2004 et 2005, leur permettant de se transformer en sociétés anonymes, ouvrant ainsi la voie à une privatisation partielle des aéroports régionaux. Marseille Provence était jusqu'à présent géré en concession par la Chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence. Société anonyme depuis le 1er juillet avec conseil de surveillance et directoire, la plate-forme aéroportuaire a désormais l'État au capital à hauteur de 60 %, aux côtés de la CCIMP (25 %) et des collectivités locales (15 %, dont 5 % par la Région, 5 % par le CG 13, 4 % par la communauté urbaine Marseille Provence Métropole et 1 % par la commune de Vitrolles).

60 M€ de trésorerie
Et hier encore, la CCI Marseille Provence et les collectivités locales ne disposaient "d'aucune information et visibilité sur la composition du conseil de surveillance et du directoire et de perspectives sur les grandes orientations stratégiques." Tandis que l'identité des huit représentants de l'État n'était pas toujours pas connue. Et c'est par un décret en date du 21 juillet 2014, donc hier, qu'ont été révélés les noms (Marie-Josèphe Brosse, Christine Cabau Woehrel, Anne-France Didier, Mauricette Steinfelfer, Michel Cadot, Aymeric Ducrocq, Régis Baudouin et Jean-Paul Ourliac).

En attendant que l'État se retire
"Nous rappelons à l'État qu'on transmet une société avec 60 M€ de trésorerie et que la dissolution de l'actuelle concession nous coûtera 20 M€ en impôts. Ces réserves sont probablement les bienvenues. On sera vigilant sur l'utilisation qui en sera faite", avait indiqué il y a une quinzaine de jours le président de la CCIMP Jacques Pfister, par ailleurs candidat pour la présidence du conseil de surveillance. "Cela traduit le mépris de l'actionnaire majoritaire pour cet outil et de son engagement pour l'émergence réussie d'une Métropole pour laquelle l'aéroport constitue un levier stratégique", a cette fois justifié le président de la chambre consulaire pour lequel le changement en société aéroportuaire n'est pas le plus capital : "quand l'État se retirera, là, l'affaire sera plus intéressante et nous nous positionnerons." La CCIMP fait valoir qu'elle avait anticipé sur cette étape en mettant en place "un conseil de développement, sorte de préfiguration du conseil de surveillance, invitant les collectivités locales" à plancher sur les orientations stratégiques de la future plate-forme.


Capacité d'autofinancement de près de 35 M€
En 2013, l'aéroport a dégagé un chiffre d'affaires de l'ordre de 130 M€ (dont 50 % tirés des recettes extra aéronautiques, comme la restauration à hauteur de 18 M€ et les parcs autos de 20 M€), en croissance de 4 % H.T par rapport à 2012 et présente une capacité d'autofinancement de près de 35 M€. 150 M€ sont inscrits à son plan d'investissement sur la période 2013-2016 dont 30 M€ en 2014, notamment pour l'extension de l'aérogare mp2 (+ 30 % de surfaces commerciales), qui sera livrée en octobre 2014. La plate-forme a terminé l'année avec un trafic en retrait de 0,4 %, à 8 260 619 de passagers, dont 1,998 million pour le low cost (+ 9,6 %). À fin juin, en cumul sur le premier semestre, le trafic s'établissait à 3 928 384 passagers, soit une progression de 1,5 % par rapport à la même période de 2013, dont 2,2 millions de passagers internationaux.


Adeline Descamps

* Pour les représentants de la CCIMP : Jacques Pfister, président de la CCIMP, Jean-François Brando, l'actuel président de l'aéroport Marseille-Provence, Lucie Maurel-Aubert, vice-président directeur général délégué de la Compagnie financière Martin Maurel et Régis Fortier, l'actuel directeur administratif et financier de la CCIMP. Pour les collectivités : Jean-Marc Coppola, vice-président du Conseil régional, Loïc Gachon, maire de Vitrolles représentant le CG13 et Éric Le Dissès, le maire de Marignane représentant MPM.

Photo : À fin juin, en cumul sur le premier semestre, le trafic s'établissait à 3 928 384 passagers, soit une progression de 1,5 % par rapport à la même période de 2013.

©almodovar


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