Alpes-Maritimes : les maires et le BTP montent au créneau

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Alors que le secteur du BTP a perdu 500 emplois en 2012 et s'attend à en perdre autant cette année, les maires tirent la sonnette d'alarme face aux difficultés de financement de leurs projets, par ailleurs souvent attaqués devant les tribunaux. FBTP 06 et Association des Maires ont donc décidé de faire front et cause commune.

Finances asséchées, permis de construire systématiquement attaqués devant les tribunaux, inflation des normes ... les raisons de la colère du secteur du BTP et des maires sont suffisamment empêcheuses de construire en rond pour faire cause commune. Avec en sus, le manque de projets structurants qui planent. Certes il y a bien ceux de la Métropole niçoise et ceux portés par sa voisine cannoise. Mais s'ils sont d'envergure, ils ont aussi une échéance à long terme. Or, les entreprises manquent de projets à court terme. D'autant, souligne Honoré Colomas, président de l'Association des Maires des Alpes-Maritimes et maire de Saint-André de la Roche, que l'année précédant des échéances électorales est généralement faste.

2013 déroge donc à la règle. "La crise et le démantèlement de Dexia sont arrivés presque en même temps. Depuis plus d'un an la situation est délicate, les maires ont du mal à trouver le financement pour leurs projets. Il ne faut pas oublier que 70 % des investissements sont réalisés par les collectivités. La Banque Postale ne prête aux communes que depuis ce mois de mai. Mais elle ne prête pas aux syndicats intercommunaux qui sont pourtant porteurs de nombreux projets. De même, on nous promet une agence de financement des collectivités territoriales mais quand ?" alerte Honoré Colomas. "La ruralité a aussi besoin d'équipements lourds", souligne pour sa part Jean-Paul David, le président de l'association des maires ruraux des Alpes-Maritimes, inquiet que les nouvelles dispositions prévues par la réforme des collectivités qui prévoit un Conseil départemental (pour se substituer à l'actuel Conseil général) et un redécoupage des cantons ne "tirent un trait sur la ruralité".


Une ruralité mise à mal également par le projet de loi de décentralisation qui exigerait que le PLU (Plan Local d'Urbanisme) soit dessiné au plan intercommunal et non plus communal. De quoi déclencher l'ire des élus ruraux qui "entendent garder la main" et demandent plutôt à ce "qu'une nouvelle politique du logement prenne en compte le potentiel des cœurs de villages, laissés pour compte par les bailleurs et autres investisseurs au profit de projets peut-être plus rentables économiquement mais pas humainement".

Autre raison de la colère municipale, l'indigestion textuelle qui pèse sur les coûts de construction. "Lorsque l'on fait un projet, on le fait souvent en deux phases car nous n'avons pas le financement nécessaire pour le réaliser en une seule phase", précise le président des maires.

Dans la manifestation de ses préoccupations, l'association des maires s'est trouvée un allié en la Fédération du BTP 06, présidée par Laurent Trocmé, qui a déjà relayé ses inquiétudes face à la perte attendue de 1 000 emplois cette année, et alors même que le nombre de logements commencés est en recul de 30 %. "À cela s'ajoute un sport national : les recours administratifs souvent abusifs et qui ne sont pas sanctionnés". La nouvelle loi, que prépare la Ministre du Logement Cécile Duflot, dont l'ossature a été présentée le 2 mai dernier, prévoit des dispositifs à cet égard. "Si le droit de recours ne peut être remis en cause, il s'agit de préciser qui peut interagir", ajoute Honoré Colomas. À noter que les élus locaux ont présenté leurs doléances à la présidente du Tribunal administratif de Nice. Un début de dialogue constructif ?

L.BOTTERO


Photo : Philippe Renaudi, vice-président FBTP 06, Honoré Colomas, président de l'association des Maires des Alpes-Maritimes, Laurent Trocmé, président de la FBTP 06 et Jean-Paul David, président de l'association des Maires ruraux des Alpes-Maritimes.

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