Ascométal : Le site de Fos-Sur-Mer n'a pas la faveur du prétendant favori

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La semaine dernière fut très agitée pour l'ancienne filiale d'Usinor placée en redressement judiciaire depuis le 7 mars. Les salariés du site de Fos-sur-Mer craignent pour leur avenir dans la perspective où l'offre du brésilien Gerdau serait retenue. Réponse le 22 mai.

L'équation est relativement simple à décrypter. L'offre de reprise du Brésilien Gerdau semble avoir la préférence de l'administrateur judiciaire de l'ancienne filiale d'Usinor spécialisée dans les aciers spéciaux, placée en redressement judiciaire le 7 mars, après l'échec de négociations entre son actionnaire, le fonds américain Apollo, et ses créanciers, les banques américaines Morgan Stanley et Bank of America. Or, en France, sur les six sites industriels que possède encore le groupe sidérurgique, le Brésilien ne prévoit pas de reprendre ceux de Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône et de Cheylas dans l'Isère. C'est cette perspective peu encourageante qui a motivé un appel à la grève lancé le vendredi 16 mai par le syndicat majoritaire CGT sur les sites de Fos et du Cheylas (Isère).


Valse des offres

La semaine fut particulièrement engageante pour l'avenir du groupe français. Le tribunal de commerce de Nanterre, qui doit se prononcer avant la fin du mois (le 22 mai de source syndicale) a tenu audience le mercredi 14 mai pour examiner les quatre offres déposées pour le groupe sidérurgique français, qui emploie près de 1 900 personnes en France dont 450 salariés à Fos-sur-Mer. La veille, les quatre offres avaient été présentées lors d'un comité central d'entreprise (CCE) aux représentants du personnel à l'issue duquel une position s'était majoritairement dessinée en faveur du projet français de la société Sparkling Industrie (Asco Industrie), emmené par celui qui fut conseiller spécial, directeur de cabinet puis directeur adjoint d'Éric Besson, Franck Supplisson. L'énarque, qui dit avoir mobilisé investisseurs et industriels, déclare disposer de 230 M€ de financement et surtout le seul à proposer de reprendre l'ensemble des sites, et plus de 1 820 salariés.

Quatre prétendants

Plombé par une dette de 360 M€, Ascométal a suscité également les intérêts des deux fonds américains, Apollo et Anchorage et du groupe brésilien Gerdau. Le candidat de la dernière heure, le groupe algérien Cevital (qui a repris récemment FagorBrandt) s'est associé in extremis au fonds de retournement Anchorage. Cette offre propose notamment de conserver l'ensemble des sites, de maintenir 1 800 emplois, d'en créer 512 et d'investir 620 M€ dont 550 sur le site de Fos-sur-Mer.

Préférences

L'administrateur judiciaire d'Ascométal appuierait l'offre de reprise de l'industriel brésilien Gerdau, qui promet d'investir 150 M€ sur cinq ans, avance 230 M€ de lignes de crédit, promet le maintien de 1 586 emplois avec l'embauche de 166 personnes mais en fermant notamment le laminoir et l'aciérie de Fos-sur-Mer pour ne garder que le "train à fils".

Patriotisme
Rompant avec le principe de non-ingérence, l'État est sorti de sa réserve pour soutenir le seul projet français indiquant qu'il était prêt à financer l'opération avec un prêt de 35 M€ via le Fonds de développement économique et social (FDES). "Les autres offres, en ne reprenant pas l'ensemble des sites, en proposant de se séparer de capacités industrielles essentielles aujourd'hui (...) ou en prévoyant la fusion des activités dans un groupe international, affaiblissent Ascométal dans un contexte de restructuration européenne dans le secteur de la production d'aciers spéciaux", a justifié le commissariat au redressement productif.

A.D

Photo

©Terzian

*Dunkerque (Nord), Hagondange (Moselle) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Le groupe a aussi des sites à Custines (Meurthe-et-Moselle), Le Marais (Loire) et Le Cheylas (Isère).



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