Assises IRVE : le manque de bornes freine le déploiement du véhicule électrique

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Les 3e Assises nationales des infrastructures de recharge se sont tenues à Nice les 5 et 6 février dernier. Le manque de bornes de recharge et la nécessaire homogénéisation des prises demeurent des freins au déploiement des véhicules électriques. les professionnels attendent par ailleurs du volontarisme politique.


Le rendez-vous réunit depuis 3 ans, à Nice, les acteurs de l'électro-mobilité. L'édition 2014 des Assises des infrastructures de recharge pour véhicule (IRVE), qui s'est tenu au Centre universitaire méditerranéen, s'est notamment concentrée sur l'interopérabilité, sans doute l'un des principaux freins au développement du véhicule électrique. Principaux problèmes identifiés : le nombre insuffisant de bornes de recharge, le type de prises utilisé pour le faire. Laure Chapuis, membre du cabinet du Commissaire européen des transports, a insisté pour sa part sur la nécessité d'adopter une stratégie alternative commune dans le transport et surtout, que les standards de recharge soient eux aussi communs. Car la France se distingue par une particularité : celle d'avoir opté pour une prise dite de type 3 qu'elle seule utilise... quand la prise de type 2 est plus largement répandue, notamment dans les pays de l'Europe du Nord. D'ailleurs l'Europe - fort logiquement - en a fait le standard officiel de recharge rapide. L'Hexagone devrait donc se mettre au pas, ce qu'elle semble avoir accepté...

Proposition de loi
Le gouvernement prépare le dépôt d'une proposition de loi visant à accélérer le déploiement d'infrastructures de recharge. Car si nul ne remet en cause les valeurs environnementales du véhicule électrique, le thermique reste le premier choix lorsque les foyers s'équipent en quatre-roues. Mais les mentalités semblent évoluer. Il faut pour cela considérer les chiffres des ventes des véhicules électriques en France l'an dernier : près de 14 000 véhicules. Pour faire avancer l'installation de bornes sur le territoire français, reste aussi à résoudre la question : un ou plusieurs opérateurs agréés. L'exemple de Monaco, détaillé par Bernard Fautrier, ministre plénipotentiaire chargé auprès du Ministère d'Etat de la Principauté, montre - mais la superficie du Rocher n'est pas à l'échelle de sa voisine française - que la volonté politique est un élément indispensable au développement du véhicule électrique. Ainsi Monaco dispose de 450 bornes de recharge, aide financièrement à l'acquisition d'un véhicule électrique. 875 exactement y sont en circulation (450 électriques, le reste étant hybrides). Alan Kelly, le ministre irlandais des Transports, a exposé pour sa part le modèle développé en Irlande, où 1 500 bornes seront bientôt déployées grâce à un partenariat entre l'État et l'opérateur national de l'électricité.

Carottes fiscales
Pour Alain Philip, adjoint délégué aux transports de la Ville de Nice, difficile d'inciter le citoyen à choisir un véhicule décarbonné sans incitation fiscale. À noter que le service Auto Bleue de la ville passe en mode "Flex", c'est-à-dire qu'il sera désormais possible de restituer sa voiture à un autre endroit que celui où elle a été empruntée. "L'engouement pour les véhicules électriques est réel. Les constructeurs, tels Nissan, BMW, Renault et Volkswagen, ont développé leurs modèles ce qui prouve qu'ils s'engagent", note Isabelle Rivière présidente de l'AVEM, l'Association du véhicule électrique méditerranéen, organisateur des Assises. "Il faut une vraie volonté des politiques et si le prix des véhicules électriques pouvait être identique au thermique..."

L.BOTTERO

Photo : Bernard Fautrier, ministre plénipotentiaire chargé auprès du Ministère d'Etat de la Principauté de Monaco, où ont été installés 450 bornes de recharge.

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