Banques : Une campagne pour réhabiliter l'image

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Les 28 établissements bancaires des Bouches du Rhône, adhérents à la fédération bancaire française, reprennent à leur compte la campagne de communication nationale lancée en décembre pour redorer leur blason.


Impactées selon elles par l'image catastrophique laissée par l'affaire des subprime et la confusion dans l'esprit du grand public entre traders et banquiers, les banques françaises réagissent par voie de presse interposée (quotidiens régionaux et nationaux) pour rappeler le rôle qu'elles ont joué dans le financement des entreprises cette année.

Signée par l'agence BDDP & Fils, avec pour message "parlons de la banque, parlons-en vraiment », la campagne vient d'être présentée par les établissements bancaires du département. De mémoire bancaire, la dernière communication de la Fédération bancaire française remonterait à 2005. L'on se demande pourquoi elle n'a pas été déclinée au niveau régional, tant les chiffres sont encore plus favorables pour les banquiers de la place.

Au niveau national, le message délivre : "En 2010, les banques françaises sont les seules à avoir soutenu à ce point leur économie : + 4% de crédits à l'économie, + 8% de crédits immobiliers, + 6,2% de crédits aux ménages, +3,6% de crédits aux PME et TPE". Au niveau départemental, les crédits octroyés aux PME et TPE auraient augmenté respectivement de 6,8% et de 9,2%.

"Parmi les professions les plus décriées, figurent les assureurs, les banquiers et les agents immobiliers. Cela fait deux ans que la France a un taux de croissance des crédits positif et de surcroît largement supérieur à la moyenne des autres pays européens, qui s'inscrivent en négatif. La France possède le taux de bancarisation le plus élevé. Nous sommes donc un réseau de proximité et en dépit de cela, nous avons perdu la légitimité auprès du client", explique Olivier Constantin, président du comité des banques PACA, qui consent que la profession a tardé avant de réagir aux allusions sur leur responsabilité dans la crise, leur coût aux contribuables et les assèchements de crédits aux PME.


En lieu et place, les banquiers rétorquent aujourd'hui que "les banques françaises se sont tenues à l'écart des principales pratiques à l'origine de la crise", que "contrairement aux autres pays européens, les prêts de l'Etat aux banques françaises ont été pour la plupart remboursés en moins d'un an et auraient même rapporté 2,3 milliards d'euros à l'Etat", que "la France est l'un des seuls pays où les encours de crédit à l'économie ont augmenté malgré la récession" et "qu'elles passent pour être frileuses alors qu'elles agissent sur un marché hyper concurrentiel". Bref, l'on exige de nos banquiers une exigence de comportement et de transparence comparable à ceux attendus d'un service public.


"Il va falloir sortir du fantasme selon lequel la banque est un service public et donc par nature gratuit », poursuit celui qui est aussi le directeur régional de LCL, taclant ainsi notre comportement de Français râleurs à la lecture des frais financiers.
La profession en a profité pour rappeler la responsabilité économique qu'elle remplit au niveau national, notamment son effort de formation jouant pleinement son rôle d'ascenseur social.


Reste à s'assurer de la justesse des messages délivrés et notamment que la croissance en question des crédits ne soit pas lié à un "effet de base", les crédits ayant été elés en 2008. Il faut aussi rappeler que les banques ont quand même été relativement contraintes de jouer plus que d'ordinaire un rôle de soutien à la trésorerie des PME en échange d'une aide temporaire de l'État Quant à savoir si les Français ont une bonne image de leur banque, les derniers sondages sont contradictoires, épousant les humeurs épidermiques de tout un chacun.


A.D


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