Club La Tribune : L'innovation, arme anti-crise

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À l'occasion de la publication dans La Tribune ce 28 juin d'un supplément dédié aux PME innovantes des Alpes-Maritimes, Le Club Tribune a convié à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Nice Côte d'Azur une cinquantaine de chefs d'entreprise et acteurs économiques pour échanger sur la problématique.

Si on n'a souvent vu d'elle que ses habits de lumière - la mer, le soleil et les palmiers, la Côte d'Azur bénéficie aussi d'un écosystème favorable à l'innovation, a rappelé Jean-Pierre Savarino, vice-président de la Chambre de Commerce et d'Industrie Nice Côte d'Azur : pépinières, incubateurs, pôles de compétitivité et surtout 3 bassins d'excellence. Sophia-Antipolis, que l'on ne présente plus, reconnue à l'international, première technopole européenne, symbole même de l'innovation, née il y a plus de ... 40 ans de l'idée alors sans doute un peu folle du sénateur Pierre Laffitte. Une antériorité qui explique en partie aujourd'hui son essoufflement. Pierre-Marie Sarant, fondateur de CoRisk International en Guadeloupe en 2000, s'est installé en terre sophipolitaine en 2012 afin de bénéficier de l'environnement spécifiquement axé NTIC de la technopole dans le but de développer son application QuakeShare, capable de prévenir des tremblements de terre. "À Sophia, on voit beaucoup de panneaux, des bâtiments obsolètes, mais on ne voit pas l'innovation. Il y a des choses à améliorer notamment en impliquant davantage les start-up innovantes".

Grasse : Différenciation réussie
Grasse tire en revanche pleinement profit de sa spécificité dans les parfums et les arômes et sa pépinière thématique InnovaGrasse a séduit pour la cohésion et le partage des connaissances qu'elle permet, ainsi que pour Biopreserv, le laboratoire de chimie, de biologie analytique et expert en réglementation. Pour son co-fondateur, Thierry Lacour, elle offre des possibilités de fertilisation croisée non seulement entre startups du secteur mais aussi avec les industriels présents sur le territoire. Cependant, celle qui est en passe d'endosser le rôle de locomotive, c'est bien la Métropole de Nice, son projet d'Éco-Vallée attirant les entreprises du secteur des énergies, comme Anemoos, société spécialisée dans la conception et la fabrication d'éoliennes à axe vertical et qui voit, explique Karen Micmacher, responsable marketing, dans l'OIN une réelle opportunité pour profiter des synergies.


Nice : Sortir du tourisme

En choisissant de se positionner comme ville intelligente, la Métropole ne voulait pas tout "miser sur le tourisme", explique Christian Tordo, adjoint au maire et conseiller métropolitain délégué au développement économique. C'est par exemple le cas avec Nice Grids, premier démonstrateur français de quartier solaire intelligent à Carros qui expérimente le système électrique du futur en s'appuyant notamment sur le compteur communicant Linky. Un projet piloté par ERDF, qui s'étale sur 4 ans, financé par les investissements d'avenir (son coût est de 30 M€), et qui doit permettre de répondre aux problématiques de consommation énergétique du département, a rappelé son directeur Côte d'Azur Michel Magnan.

Le financement, nerf de la guerre
 Si Olivier Vincent délégué régional de bpifrance a rappelé que la banque publique disposait d'un ensemble de dispositifs de financement, les "trous dans la raquette" subsistent. Le fonds Entrepreneurial 06, porté par l'Upe, devrait combler ce maillon faible grippant la fameuse chaîne de l'innovation. Georges Dao, président de BA 06 Accompagnement, a rappelé toute l'importance non seulement du financement mais aussi de l'accompagnement afin de rendre les Pme innovantes pérennes. "Le taux de réussite à 3 ans est de 85 % dès qu'une entreprise est accompagnée". Karen Micmacher d'Anemoos, pointe le manque de soutien de la part des acteurs bancaires dès qu'un besoin urgent se fait sentir. Alors que Pierre-Marie Sarant, Pdg de CoRisk, se dit déçu par l'accompagnement du pôle de compétitivité Solutions Communicantes Sécurisées dont le rôle est pourtant de favoriser la mise en relation entre Pme et grands groupes. Thierry Lacour insiste pour sa part sur la valeur ajoutée apportée par l'écosystème car il permet de trouver en proximité des savoir-faire complémentaires, "nous ne voulons pas perdre cette synergie. En sortant de la pépinière, nous irons sans doute en hôtel d'entreprises".


L. BOTTERO

Photo : © Sébastien Nogier

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