Conjoncture : un bilan en demi-teinte

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Baisse des chiffres d?affaires des secteurs de la construction et de l?industrie, hausse de celui des services : 1 500 entrepreneurs de Paca ont livré leurs prévisions aux experts régionaux de la Banque de France.


Des résultats contrastés : c'est, à première vue, le constat que l'on tire de l'enquête réalisée en septembre par la Banque de France en Paca auprès de 1 500 entreprises du territoire. Résultats qui s'illustrent dans un contexte de "baisse généralisée du prix des matières premières", rappelle en préambule Jean-Jacques Cambounet, directeur régional, notamment du baril de Brent et des matières premières agricoles. Une situation qui bénéficie largement à la zone Euro, importatrice de ces produits. Cette dernière tire également avantage de la baisse de l'euro par rapport au dollar. Une dévaluation de l'ordre de 10% : "des entreprises telles qu'Airbus ou Eurocopter, dont les contrats se concluent en dollars, ont ainsi eu un gain de compétitivité de 10%", illustre le directeur.

L'industrie touchée


Si l'on se penche justement sur le comportement de l'industrie en Paca, on constate que ces deux phénomènes ont largement impacté l'activité du secteur. On note tout d'abord des prévisions de chiffre d'affaires révisées à la baisse, de l'ordre de -1,3%. Cela est dû justement "à la contraction du prix des matières premières, au début de l'année 2015. Puis au printemps et en été, de nouvelles baisses sont intervenues, et elles ont impacté négativement les prix des produits manufacturés", explique le secrétaire régional Bernard Bénitez. Les secteurs de la chimie, de la métallurgie et de l'agroalimentaire ont particulièrement souffert de ce phénomène. Ces prévisions de chiffres d'affaires en repli "ne sont donc pas le fait de l'activité", martèle Jean-Jacques Cambounet. Pour preuve, la demande internationale, dopée sans doute par un euro plus bas, a contribué à soutenir cette dernière : les prévisions en termes d'exportations ont été revues à la hausse, de l'ordre de 3,1%. Autre élément positif, l'augmentation des dépenses d'investissements (+3,3%) : "c'est une bonne surprise. La hausse entamée en 2014 se confirmerait donc", note Bernard Bénitez. L'emploi, quant à lui, se trouve en légère

érosion.

Les travaux publics à la peine

Le secteur de la construction, quant à lui, connaît toujours des indicateurs en recul. Il se voit ainsi prédire un repli de la production de 5%. Les travaux publics, notamment, dépendant de la dépense publique, souffrent toujours d'une réduction conséquente de l'activité. Une conséquence des "deux élections majeures, en 2014 et en 2015, de collectivités qui sont des donneurs d'ordre". Et passées ces élections, la reprise se fait attendre car "les nouvelles équipes n'appliquent pas toujours la même politique que les précédentes". Toutefois, "outre les travaux publics, le bâtiment est en train de se redresser légèrement. Idem pour la rénovation. 2016 devrait donc, aux dires des entrepreneurs, voir la hausse reprendre ses droits".
Enfin, les services, majoritairement représentés en Paca (un emploi sur deux) connaissent, quant à eux, l'embellie. Tous les indicateurs sont au vert. Les professionnels prévoient un accroissement des transactions (+4,3%), des investissements (+2,4%) et de l'emploi (+0,7%). À nuancer toutefois : si l'activité repart à la hausse pour la communication, les transports, l'édition de logiciels, l'intérim et l'hébergement, on constate aussi une érosion certaine dans les activités du conseil, de la publicité et de l'information.


Carole PAYRAU
Crédit photo : DR

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