Economie circulaire : verte, certes, mais rentable ?

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Elle est très tendance. On entend plus parler que de cette thématique. La CGPME 13 en a même fait l'un de ses thèmes de conférence, vendredi, lors de sa convention annuelle. L'économie circulaire est-elle profitable au monde économique ? Éléments de réponse.

Elle n'en est encore qu'à ses balbutiements. Se présentant comme une alternative à une économie dite linéaire qui domine nos sociétés depuis plus de 150 ans. Et qui s'épuise. Quelle définition en donner ? La métaphore énoncée par Gilbert Derderian, en sa qualité de directeur délégué du Centre d'intelligence économique et de gouvernance de crises à la faculté de Sciences Politiques d'Aix-en-Provence, semble des plus explicites : "L'économie circulaire, cela signifie que les arbres ne poussent pas jusqu'au ciel". La formule renvoie à la raréfaction des ressources naturelles et son poids sur l'économie. "Leur prix a augmenté en moyenne de 150 % entre 2000 et 2012. Nous devrions consommer 22 tonnes de ces ressources naturelles chaque année pour conserver notre coût de vie. Or, dans le domaine, la France accuse un déficit de 140 Mt par an et doit importer 145 Mt de plus que ce que nous produisons", détaille François-Michel Lambert, président fondateur de l'Institut de l'Economie circulaire et député de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône.

Entre 350 et 700 millions de dollars d'économie

Cette économie émergente se présente donc comme une formidable opportunité pour nos sociétés de sortir du mode d'hyper-consommation des ressources dans lequel elles sont engouffrées et dont la rareté fait exploser les prix. On la dit "verte", car s'inscrivant dans un nouveau mode de consommation faisant appel au recyclage et à la réutilisation des déchets pour générer la production de nouveaux produits. À l'instar d'une célèbre marque de voiture implantée en Algérie qui utilise les noyaux d'olives pour alimenter les chaudières de son usine. Ou d'un fabricant nommé Philips, qui aux Pays-Bas, récupère les ampoules usées, dont la matière première est de plus en plus chère, pour les régénérer et revendre ensuite de la lumière aux usagers. "Cette nouvelle économie impose de nouvelles organisations, des changements des modes existants", complète François-Michel Lambert pour qui cette économie innovante dépasse de loin le seul champ du développement durable. Et de citer ces chiffres, issus d'un rapport de la fondation Ellen MacArthur et présenté au Forum de Davos en janvier 2013 : "Si l'Europe basculait vers ce type d'économie, ce serait entre 350 et 700 millions de dollars qui seraient économisés par an, avec des bénéfices en terme d'innovation, de création d'emplois locaux peu ou pas qualifiés". Et l'économiste Marianne de Boisredon,  de conclure : "En Asie, le mot 'crise' à deux pictogrammes : rupture et opportunité. Voyons dans l'économie circulaire une opportunité de créer des changements positifs. Son émergence se fera certainement : c'est une question de temps et de prise de conscience collective."


Frédérique Jacquemin

Photo : François-Michel Lambert, président fondateur de l'Institut de l'Economie circulaire et député de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône.

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