Emplois d ? avenir : Le préfet Michel Cadot poursuit le rabattage

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La préfecture a organisé une conférence de presse la semaine dernière pour relancer la machine sur les emplois d?avenir en vue d?atteindre les objectifs fixés par le gouvernement : 7 700 emplois d?avenir d?ici novembre prochain dans la région Paca. Le retard régional s?expliquerait par des objectifs ?trop ambitieux? par rapport à une population ?globalement sous qualifiée? et les capacités ?limitées? des collectivités et du secteur associatif en période de crise économique.

La préfecture a organisé une conférence de presse la semaine dernière pour relancer la machine sur les emplois d'avenir en vue d'atteindre les objectifs fixés par le gouvernement : 7 700 emplois d'avenir d'ici novembre prochain dans la région Paca. Le retard régional s'expliquerait par des objectifs "trop ambitieux" par rapport à une population "globalement sous qualifiée" et les capacités "limitées" des collectivités et du secteur associatif en période de crise économique.


Le nouveau préfet de la région Paca et des Bouches-du-Rhône Michel Cadot peut être satisfait : le nombre d'emplois d'avenir a plus que triplé depuis le mois de mai, époque à laquelle son prédécesseur, Hugues Parant, avait tapé du poing sur la table pour dénoncer la trop faible mobilisation du département et des communes sur ce dispositif, les exhortant à prendre leurs responsabilités sur un dossier d'intérêt général :  27 000 jeunes chômeurs dans le département, dont 13 000 rien que dans la cité phocéenne (recensés par les missions locales pour l'emploi). Sur 4 000 emplois d'avenir visés, seuls 567 avaient été signés dans les Bouches-du-Rhône.

À ce jour, le chiffre s'élève à 1 800 contrats, ce qui représente un taux de réalisation de 44 % (contre 52,5 % pour la région Paca). "On est un peu en dessous de la moyenne nationale, que nous rattrapons doucement", précise à mots feutrés le préfet. Une situation qui s'explique, selon lui, par des objectifs "trop ambitieux" par rapport à une population "globalement sous qualifiée" et les capacités "limitées" des collectivités et du secteur associatif en cette période de crise économique.


Objectif : 7 700 emplois d'avenir
Lancés en novembre 2012 par le gouvernement Ayrault pour lutter contre le chômage des jeunes de 16 à 25 ans, les emplois d'avenir doivent s'élever à 100 000 cette année au niveau national, dont un peu plus de 7 700 en région Paca. Depuis, le cadre initial s'est légèrement assoupli pour intégrer des jeunes disposant du bac et même d'un bac + 3, à la condition qu'ils soient issus d'une zone urbaine sensible et sans la moindre expérience. Pour ces derniers, l'emploi d'avenir doit permettre d'acquérir une qualification en trois ans grâce à des contrats dits "de longue durée". Les principaux pourvoyeurs sont censés être les associations et les collectivités locales, l'État prenant en charge 75 % du coût. Mais là aussi, les codes ont changé. En juin dernier, lors de sa venue à Marseille, François Hollande avait annoncé l'élargissement du dispositif au secteur privé dans la région Paca, avec une prise en charge de 35 % par l'État.

Signature autant dans le public que dans le privé

À ce jour, 19 % des emplois d'avenir ont été signés dans les collectivités et entre 10 et 15 % dans le secteur marchand, en particulier le tertiaire (centres d'appel, logistique et commerces). À Marseille, les artisans du BTP commencent également à s'intéresser à ce type de contrat. "Les missions locales ont la capacité de mobiliser de nombreux jeunes par filière professionnelle", soutient Brigitte Cavallard, la directrice générale de la mission locale de Marseille. Qui n'hésite pas à qualifier le dispositif de "simple, sécurisant, qui peut être très rentable et contient une dimension citoyenne".


Aurélie Thépaut


Photo : Dans un style moins sanguin que son prédécesseur, Michel Cadot bat le rappel sur les emplois d'avenir

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