Entretien du lundi ? Yvon Grosso : "Nous voulons créer une mobilisation positive"

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Engagée dans un mouvement de fond, l'UPE 06 poursuit les actions pour faire entendre sa voix. Notamment via des réunions destinées au grand public et dont la première aura lieu à Cannes ce 10 décembre. Mais aussi en rencontrant les députés du département. Rencontre avec son président, Yvon Grosso.


-Vous avez choisi de continuer la mobilisation des patrons au-delà de la semaine nationale. Pourquoi ?

-L'UPE couvre l'ensemble du département des Alpes-Maritimes nous avons préféré aller à la rencontre des entreprises sur les bassins économiques de notre territoire, pour se faire plusieurs réunions, grand public, sont organisées et étalées dans le temps jusqu'au 31 Mars 2015. Nous avons décidé, UPA, CGPME et MEDEF, de faire une mobilisation positive, c'est-à-dire pédagogique à l'aide de petits films d'animation un peu caustiques et de témoignages de chefs d'entreprise afin d'illustrer certaines situations absurdes, aberrations ou interprétations de textes compliqués qui empêchent le développement normal d'une entreprise. À cette occasion nous collecterons d'autres témoignages de situations incompréhensibles. Après compilation nous les présenterons lors de nos réunions de conjoncture. La première réunion à lieu ce mercredi 10 décembre à Cannes.

-Vous avez décidé également de rencontrer les députés. Le premier RDV a eu lieu avec Christian Estrosi. Vous avez également rencontré le Préfet. Que leur avez-vous dit ? Et que vous ont-ils répondu ?

-Effectivement concomitamment à ces réunions de bassin, nous avons décidé de relayer l'opération "577 petits-déjeuners" initiée par le MEDEF national, c'est-à-dire rencontrer les 577 députés, dans leur circonscription, autour d'un moment convivial afin d'échanger en petit comité avec 7 à 10 chefs d'entreprise, sans tabou sur les préoccupations des entrepreneurs et des entreprises. Christian Estrosi, très pro-entreprise, a été le premier à répondre jeudi 4 décembre. Les discussions ont été très franches et constructives. Très étonné des interprétations de certaines administrations qui créent des contraintes et des pénalités, il nous a demandé de lui communiquer les documents pour en faire état lors de sa prochaine commission à Paris.
Nous avons invité le Préfet à l'UPE le jour du lancement national de la mobilisation afin de lui présenter nos actions positives et pédagogiques, films et témoignages, il a apprécié la méthode. À quelques jours près, quasiment 1 an après notre manifestation carton Jaune de décembre 2013 qui a réuni 500 personnes devant la Préfecture, nous étions allés le voir dans son bureau avec une délégation pour lui proposer des solutions : "plus d'économie(s) pour plus d'emplois"... Vous connaissez la suite, il y a plus d'impôts et moins d'emplois et pour noyer le poisson les nouveaux impôts s'appellent souvent « contributions ». C'est bien pour cela que nous manifestons notre exaspération du manque de culture économique de nos élites et des querelles des partis politiques qui font et défont les lois sans la volonté de construire un consensus dans l'intérêt de notre pays.

-Les demandes faites par les patrons sont de niveau national. Quelles sont les revendications des patrons azuréens au niveau local ?

-Les demandes au niveau national restent majeures. Dans une France encore jacobine, le centralisme est roi. Sur un petit département compact de 4 300 Km2, 83 ème de France, l'administration du territoire est lourde et complexe avec 5 niveaux (État-Région-Département-Intercommunalité-Commune) les patrons azuréens ne sont pas égaux face à leurs fiscalités selon le lieu de leur domiciliation. L'entreprise n'a pas de frontières administratives pour travailler. Ils ne comprennent pas les différences de taux selon l'implantation de leurs établissements comme par exemple la taxe transport. Des tarifs excessifs non pas d'une autoroute mais d'une voie urbaine. Il n'y a pas assez de raisonnement politique pour une meilleure harmonisation des fiscalités et pour une vision transversale plutôt que verticale de notre économie locale.

Propos recueillis par Laurence BOTTERO
Crédit photo : UPE06

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