Entretien du lundi - Olivier Devys, président d'Okko Hôtels : "Innover pour offrir mieux, moins cher"

 |   |  719  mots
Olivier Devys a fondé Okko Hôtels avec Paul Dubrule, co-fondateur d'Accor, avec pour ambition de démontrer qu'une autre hôtellerie, moderne, innovante et à l'écoute du client peut exister. Le premier établissement a ouvert en janvier 2014 à Nantes, suivi de Grenoble et Lyon. Neufs projets sont aujourd'hui signés pour une valeur de 186 M?, dont Cannes et Toulon.

Invité jeudi 27 novembre dernier, à l'occasion des septièmes rencontres Qualivar Tourisme organisées par la CCI du Var pour les professionnels du tourisme varois engagés dans la Qualité, Olivier Devys partage sa vision de l'hôtellerie et fait le point sur les ouvertures prévues dans la région.

-Qu'est-ce que le concept Okko Hôtels ?

-C'est un hôtel haut-de-gamme 4 étoiles en centre-ville, où nous avons simplifié à l'extrême le parcours du client. Par exemple, nous avons supprimé les procédures de check-in ou de check-out et toutes les prestations, comme la télévision ou la restauration, sont inclues dans le prix de la chambre. À classification et emplacement égaux, nous avons donc une prestation supérieure à celle de nos confrères, pour le même prix. Nous avons entièrement réorganisé le métier de l'hôtellerie pour créer de la valeur et la redistribuer au client.

-Quel message espérez-vous avoir fait passer lors de ces rencontres Qualivar ?

-Il faut innover pour offrir mieux, moins cher. Quand on regarde l'économie, deux modèles se sont développés : le low-cost et le luxe. Dans l'intermédiaire, les professionnels ont résolu leur problème économique en montant les prix. Mais aujourd'hui, le client n'a plus les moyens, ni la volonté d'accepter cette hausse. Il faut donc remettre en cause chaque étape de la construction du produit et du service, non pas pour augmenter nos marges, mais pour baisser nos prix. Il faut aller à l'essentiel pour être exemplaire dans ce qui fait notre métier, l'hospitalité.

-Pourquoi vous implanter à Cannes et à Toulon ?

-À Toulon, c'est la rencontre de deux partenaires. J'ai rencontré les acteurs de TPM au salon SIMI à Paris et ils m'ont convaincu de venir visiter Toulon. Je suis venu, j'ai déambulé dans la ville et j'ai été séduit par le travail de réhabilitation qui a été réalisé. Nous avons eu l'opportunité de nous implanter dans les anciens locaux de TPM, place de la Liberté, dans le cœur de la ville et à proximité de la gare TGV. Nous avons donc décidé de parier sur Toulon et d'accompagner le développement de la ville, qui n'a aujourd'hui pas d'hôtellerie digne de son statut. Pour Cannes, nous avons répondu à un appel d'offre sur la gare car l'emplacement est fabuleux. Cannes est une ville qui compte, notamment avec les nombreuses manifestations qu'elle accueille au Palais des Festivals. Sachant qu'une adresse sur La Croisette n'est pas accessible, c'était une belle opportunité.

-Quel investissement cela représente-t-il ?

-À Cannes, le promoteur est Vinci Immobilier et nous ouvrons un hôtel de 125 chambres, ce qui représente un budget global de 18 M€. Sur Toulon, le promoteur est Altarea Cogedim et l'hôtel fera 98 chambres, soit un investissement de 12 M€. De manière générale, une chambre Okko Hôtel représente un investissement de 120 à 300 K€, en fonction de la ville et de l'emplacement, et chaque hôtel représente 10 à 12 salariés directs.

-Comment voyez-vous la montée en puissance de ces établissements ?

-Nous ouvrons Cannes en 2016 et Toulon en 2017. La montée en puissance sera plus rapide sur Cannes que sur Toulon mais avec plus de fluctuations en fonction des événements. Nous prévoyons de nous stabiliser au bout de 2 ans. À Toulon, il faudra certainement attendre 4 ans pour atteindre notre rythme de croisière. Tout dépendra aussi de la manière dont la collectivité territoriale nous renverra l'ascenseur.

-Qu'en est-il d'une autre implantation en région PACA ?

-Marseille, Nice ou Aix-en-Provence sont des cibles. Et nous avons étudions actuellement une possibilité à Marseille à horizon 2018.

-Quelles sont les ambitions d'Okko Hôtels à moyen-terme ?

-Nous voulons avoir 50 hôtels dans 10 ans, soit une ouverture de 5 hôtels par an en moyenne. Les hôtels parisiens arriveront entre 2017 et 2019. Nous privilégions les implantations en centre-ville dans les métropoles françaises. Les villes de moindre importance nous intéressent si nous croyons en leur développement et si nous avons le meilleur emplacement. Nous ne pourrons pas vraiment aller au-delà de ces 50 hôtels car notre arrivée dans une ville ne doit pas déstabiliser le marché mais apporter une réponse quand l'offre ne correspond pas aux besoins.

Propos recueillis par Charlotte HENRY
Crédit photo : DR

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :