Euromed Management et BEM : retour sur la fusion

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Nous l?avions annoncé avant la communication officielle : les écoles de commerce de Marseille et de Bordeaux, Euromed Management et BEM ne feront plus qu?une dès le 1er janvier 2013. D?ici là, de nombreux chantiers à mettre en ?uvre, dont la stratégie, l?identité et la gouvernance.

Inutile de revenir sur les motivations de la fusion. Les écoles de commerce ne font qu'appliquer les principes qu'elles enseignent en stratégie : atteindre la taille critique pour peser dans un environnement à la concurrence exacerbée. Dictature des classements, logique d'accréditation, pression des coûts académiques, nombre de publications scientifiques ... font des critères "taille" et "moyens" des éléments déterminants.

Dans une fusion classique d'entreprises, les protagonistes s'appliquent davantage à mettre en valeur leurs complémentarités que leurs différences. Depuis que l'annonce a été diffusée, les observateurs assidus des mouvements des grandes écoles n'ont de cesse que d'insister sur leurs points communs. Outre le fait d'être deux villes portuaires, qu'en est-il vraiment ?

Sur le front atlantique, BEM, 3 500 étudiants, 70 enseignants, un budget de 33 M€. Côté littoral méditerrannéen, Euromed management, 5 700 étudiants, 89 enseignants, un budget de 50 M€. Outre Talence, BEM est implanté à Paris et à Dakar. Outre Marseille, Euromed Management est implantée à Toulon, Marrakech et Shangaï-Suzhou (Chine). Au classement européen du Financial Times, Euromed et BEM sont respectivement à la 35ème et à la 55ème place.

Elles possèdent toutes les deux le précieux sésame : la triple accréditation Equis, AACSB et AMBA, qui leur permet de compter dans le paysage des écoles internationalisées. Elles ont toutes les deux - pas au même stade - terminé leurs processus d'autonomisation par rapport à leur ancienne tutelle, la CCI. Marseille est toutefois plus avancée dans la démarche puisque le statut est associatif depuis quelque temps déjà. Bordeaux est en train de quitter le giron.

Pour Bernard Belletante, l'école bordelaise répondait en tous points à son cahier des charges. Et plus encore, elles partagent le même diagnostic sur le fait que "le secteur de l'enseignement supérieur en management connaît actuellement une vraie révolution". Tout en partageant des intentions stratégiques comparables : "occuper d'emblée une position significative sur la scène internationale."

Outre des économies d'échelle sur plusieurs postes, la création de valeur sur le plan de l'image, le but est aussi de dégager des moyens supplémentaires pour accélérer le développement. "Un campus supplémentaire sera ouvert rapidement, probablement dans un pays émergent", confirme le directeur de l'école marseillaise.

L'objectif affiché est de s'installer dans le Top 15 des meilleures écoles européennes à horizon 2017 avec 12 000 étudiants et un budget de 150 M€ dont plus de 14 millions consacrés à la recherche. En attendant, les deux porteurs du projet ne désespèrent pas de séduire ses homologues de Montpellier et de Toulouse (avec laquelle un rapprochement a été amorcé l'an dernier) voire avec une école étrangère pour créer un axe méditerranéen. "Il faut s'inspirer de ce qu'a fait Skyteam dans l'aérien (ndlr : alliance entre compagnies aériennes qui permet d'offrir 14 500 vols quotidiens par jour vers plus de 900 destinations dans 173 pays).

D'ici à 2013, les deux entités auront à travailler sur la nouvelle organisation juridique (statut associatif), élaborer une stratégie commune, définir des axes de recherche prioritaires en fonction des expertises respectives, structurer les programmes ("une gamme plus riche et plus équilibrée") et rapprocher les corps professoraux (la fusion au niveau social). Sans aucun licenciement, promet Bernard Belletante.

Quant à la gouvernance, elle sera déterminée d'ici la fin du 1er semestre 2012. "Cela n'a jamais été abordé avant que la fusion ne soit effective. Il n'y a que trois solutions : Philippe McLaughlin, Bernard Belletante ou quelqu'un d'extérieur", clôt-il le débat.

Reste un point : le nom de la future entité. "La marque est la conséquence de la stratégie. Nos priorités sont ailleurs pour l'instant, sur les plans académique et juridique. Mais elle devra porter la volonté d'être sur un marché global et être bien perçue à l'extérieur".

A.D


Repères
Chiffres clés du futur ensemble

Etudiants (Total) : 9213
        dont étudiants étrangers : 1677
Enseignants-chercheurs permanents : 164
Affiliés : 20
        dont professeurs étrangers : 58
Budget : 83 M€
Budget Recherche : 7,4M€
Partenaires internationaux : 299
Accréditations : EQUIS, AACSB, AMBA
Campus : Bordeaux, Paris, Dakar Marseille, Toulon, Marrakech, Shangaï-Suzhou
Étoiles CNRS : 125

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