Européennes : le FN triple le score de 2009

 |   |  1115  mots
Avec 28,18 % des suffrages, la liste conduite par Jean-Marie Le Pen a très nettement remporté le Grand Sud Est, devant l?UMP (22,4 %) et le PS (11,8 %), ce qui lui permet d?obtenir cinq sièges à Strasbourg. L'avance du parti d'extrême droite prend encore plus d'ampleur dans la circonscription Sud-Est.


La liste conduite par Jean-Marie Le Pen a obtenu 28,18 % des suffrages sur les 11 millions d'habitants du Grand Sud Est, soit trois fois plus que le score précédent (8,5 %). Ce qui signifie que, contrairement au mandat précédent où il était seul à siéger à Strasbourg, Le Pen sera accompagné cette fois de quatre colistiers : la Niçoise Marie-Christine Arnautu, le Varois Bruno Gollnisch, la Grenobloise Mireille d'Ornano et le Savoyard Dominique Martin. Derrière le FN, l'UMP est parvenu à limiter les dégâts avec 22,4 % pour la liste conduite par Renaud Muselier. Le Marseillais siègera aux côtés de la Lyonnaise (tête de liste en 2009, elle avait alors obtenu 29,3 %) et du Savoyard Michel Dantin, maire de Chambéry. Le Parti socialiste emmené par Vincent Peillon n'obtient que 11,87 %, score qui lui permet de préserver in extremis son second siège européen pour la Lyonnaise Sylvie Guillaume. C'est pire que les 14,5 % de 2009 et à des années lumière du score de Rocard de 2004 (28,6 %). Enfin, Europe Écologie Les Verts recule fortement : avec 9,6 %, il perdent deux eurodéputés et Michèle Rivasi siègera seule à Strasbourg, tout comme Marie-Christine Vergiat, tête de liste du Front de Gauche, qui obtient le même score qu'en 2009 avec 5,9 % des suffrages. Le 13e siège du Sud-Est revient à la Marseillaise Sylvie Goulard, tête de liste UDI-MoDem : avec 8,3% des suffrages, elle conserve donc le siège obtenu en 2009 dans l'Ouest.

Soit les élus pour la circonscription Sud-Est : Jean-Marie Le Pen, Marie-Christine Arnautu, Bruno Gollnisch, Mireille d'Ornano et Dominique Martin (Front national), Renaud Muselier, Françoise Grossetête, Michel Dantin (UMP), Vincent Peillon et Sylvie Guillaume (PS), Michèle Rivasi (EELV) et Sylvie Goulard (UDI-MoDem).

Bouches-du-Rhône : progression nette dans les bastions de gauche

Dans les Bouches-du-Rhône, le Front national a réalisé de très gros scores comme à Marignane (49%) et, surtout, a nettement progressé dans des villes historiquement à gauche comme Vitrolles où il passe de 12 à 40 %, Arles (de 20 à 34 %) et Istres (de 10 à 37 %). Seuls les Aixois n'ont pas suivi cette tendance puisque malgré un score de 20 %, le FN reste derrière l'UMP (25 %).

Var : Belle performance pour le FN à Fréjus avec 42 %

Dans le Var, le FN réalise une nouvelle performance. La liste menée par Jean-Marie Le Pen y atteint 35 %, loin devant l'UMP, et le PS qui ne franchit pas le cap des 10 %. Au rang des meilleurs scores varois : Fréjus, où les européennes sonnent comme une réplique des municipales avec, pour la liste menée par Jean-Marie Le Pen, 42 % des voix tandis que l'UMP s'établit à près de 24 % et le PS s'inscrit sous les 10 %.
Brignoles offre aussi un bon score au FN avec 38,53 % des voix, distançant l'UMP de plus de 15 points. À La Seyne-sur-Mer, le FN frôle les 35 % et l'UMP ne passe pas la barre des 20 % (19,78 %) alors que le PS en revanche fait mieux que dans les autres villes varoises (12,58 %). À Draguignan, le FN devance également de 14 points l'UMP et de près de 27 points le PS.
Hyères et Saint-Raphaël se distinguent toutefois, l'une pour offrir à l'UMP un résultat pas trop loin du FN (27,61 % pour 30,81 %) et la seconde pour être l'une des rares communes où l'UMP devance (de peu) le FN (33,85 % contre 33,02 %). La PS est à 8,33 %.

Alpes-Maritimes : le FN en tête partout dans les grandes villes

Dans les Alpes-Maritimes, le FN est en tête partout dans les grandes villes et avec 33,23 % des voix pour la liste menée par Jean-Marie Le Pen qui devance de sept longueurs celle conduite par Renaud Muselier (26,44 %) tandis que Le PS termine à 9,21 %. Faits notables, la participation finale s'établirait à 43,51 %, contre 38,16 % il y a cinq ans, et donc au-delà de la moyenne nationale qui devrait s'établir autour de 42 %. Aussi, la liste de Renaud Muselier ne décrochant pas le quatrième siège dans la circonscription Sud-Est (celui de l'adjointe à Christian Estrosi, à la mairie de Nice, Agnès Rampal) il échoit au Front de gauche, et sera occupé par Marie-Christine Vergiat.

Vaucluse : 45 000 personnes de plus en faveur du FN

Dans le Vaucluse, c'est désormais une tendance fortement ancrée : le FN est bien le premier parti du département. C'est d'ailleurs-là qu'avaient été élus, aux législatives, deux des trois députés d'extrême droite français. Avec 36,42 % des voix pour la liste FN de Jean-Marie Le Pen, il est le département de la circonscription Sud Est qui a le plus voté à l'extrême droite. Soit 45 000 personnes de plus qu'en 2009 et 134 communes acquises sur 151. Le FN décroche plus de 50 % des suffrages dans certaines communes vauclusiennes et distance largement l'UMP (19,25 %) et le PS (11,12%).

La liste conduite par Jean-Marie Le Pen a donc obtenu 43,3% des suffrages à Orange et 47,17 % à Bollène, deux villes gérées par le FN depuis mars dernier. Même constat au Pontet où le pourcentage d'électeurs frontistes est passé de 34,65% au premier tour des municipales à 43,33% aux européennes.

Alpes-de-Haute-Provence : FN en tête aussi

Les Bas-Alpins ont eux aussi placé en tête des suffrages la liste FN de Jean-Marie Le Pen (27,8 %), suivie par l'UMP (20,31 %), loin devant celles du PS (12,87 %) et d'Europe Écologie-les Verts (10,41 %).

 

En France : le grand soir

Pour le Front National, c'est le grand soir. Le parti fondé par Jean-Marie Le Pen arrive en tête, et largement, du scrutin européen avec environ 25% des suffrages selon les estimations. En 2009, le FN était à 6,4%... L'UMP vient ensuite avec 20,3%, puis le PS, le parti du gouvernement, avec... 14,7%, soit un score quasi aussi faible que celui de 1994, quand la liste était menée par Michel Rocard.

C'est un véritable séisme... même s'il se profilait, tant le dépit règne dans le pays, surtout parmi les milieux populaires totalement désorientés par la politique "de l'offre" menée par François Hollande. Mais une chose est certaine, Marine Le Pen est en passe de réussir sa stratégie de dé-dibolisation du FN. Les digues craquent. Les lendemains vont être très difficiles pour le PS et l'UMP.

Depuis qu'en 1979, les citoyens européens sont élus au suffrage universel direct, la participation n'a cessé de chuter. Lors du premier scrutin, 62 % des électeurs s'étaient rendus aux urnes dans toute l'Europe. En 2009, ils n'étaient que 43 % à se déplacer. À mesure que l'Union européenne s'élargissait et que les pouvoirs du parlement européen devenaient plus importants, les Européens semblaient s'en désintéresser. Après quatre ans de crise profonde, l'UE a plus que jamais prouvé son influence dans la vie quotidienne. Sera-ce assez pour convaincre les citoyens de se passionner pour ces élections qui se dérouleront dans toute l'Europe du 22 au 25 mai ?


Avec Damien Frossard et Christophe Chanut (latribune.fr)

Photo : Copyright Franck Pennant



Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :