First Light Imaging : Une caméra ? ? il de lynx ?

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La société créée par des ingénieurs issus de laboratoires marseillais de recherche en astronomie présente fin mai une nouvelle version de sa caméra ultra rapide. Elle sera capable de capter plus de 2 000 images par seconde.

Après deux années au sein de l'incubateur inter-universitaire Impulse à Marseille, First Light Imaging (580 K€ de C.A en 2012, 2 salariés) a été créée en 2011 pour commercialiser une caméra ultra-rapide, capable jusqu'à présent de capter 1 500 images par seconde, fonctionnant même avec peu de lumière et capable de distinguer dans la nuit la plus sombre un objet jusqu'à une distance de 2 km. Dans sa version lancée officiellement le 27 mai, elle pousse la performance à 2 000 images par seconde. Ce sont 5 ingénieurs issus de 3 laboratoires de recherche en astronomie* qui ont planché sur le projet dans le cadre du programme européen Optical Infrared coordination network. First Light Imaging, qui a déjà équipé le télescope GranTeCan aux Canaries, doit livrer 6 caméras à des laboratoires d'astronomie en 2013 (60 % de ses ventes en Chine).


Si la résolution des images - petites et en noir et blanc - n'est pas très bonne, la possibilité de capter un phénomène ou un objet très petit, même avec une durée de vie très courte, "répond à un besoin qui n'est pas couvert aujourd'hui par l'offre des géants industriels (Andor Technology, Princeton Instruments et Hamamatsu, ndlr)", précise Jean-Luc Gach, un des six co-fondateurs de la société (avec David Boutolleau, Philippe Balard, Christian Guillaume, Philippe Feautrier et Éric Stadler). "L'Ocam (nom de la caméra, ndlr) a été réalisée pour des astronomes mais elle peut aussi intéresser le secteur de l'imagerie médicale, surtout dans sa version infrarouge que nous prévoyons de lancer d'ici deux ans", ajoute David Boutolleau, directeur général. Personnalisée pour chaque client, l'Ocam coûte 150 K€ en moyenne. Les dirigeants estiment le potentiel de marché à une soixantaine d'unités pour l'astronomie hors Chine (où l'estimation est problématique). La fabrication est sous-traitée en France et la technologie, non brevetée, est protégée de la contrefaçon par des "procédés très sophistiqués", indique le dirigeant.

À son lancement, First Light Imaging, qui autofinance la majeure partie de sa R&D, a bénéficié de deux avances remboursables de 30 K€ de l'incubateur et d'Oséo puis d'un prêt participatif d'Eads Développement (6 000 euros). La société est également candidate au concours de création d'entreprises de technologies innovantes d'Oséo, dont les résultats seront connus en septembre. L'OCAM a par ailleurs fait parler d'elle dans le cadre d'un projet de robot capable de détecter les obstacles sur les pistes d'atterrissage en cours de développement par Aeromécanic, une société marseillaise spécialisée dans la maintenance d'aéronefs. Un projet co-labellisé par les pôles de compétitivité Pégase et Optitec et qui sera testé à l'aéroport Marseille-Provence.


Charlotte HENRY

* Laboratoire d'astronomie de Marseille, Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble (ex-LAOG : laboratoire d'astrophysique de l'observatoire de Grenoble) et l'Observatoire de Haute-Provence.


Photo : La société commercialise une caméra ultra-rapide capable de distinguer dans la nuit la plus sombre un objet jusqu'à une distance de 2 km.

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