Grand Arles : des difficultés à surmonter, des atouts à exploiter

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C?est le titre de l?étude que l?Insee Paca vient de publier. Sous cet intitulé, les auteurs, Jean-Jacques Arrighi et Marjorie Martin, évoquent une moindre rémunération et qualification des emplois du territoire. Le taux de chômage de la zone d?emploi d?Arles serait le plus élevé des zones d?emploi de Paca.


En Provence-Alpes-Côte d'Azur mais souvent assimilé au Languedoc-Roussillon, le Grand Arles (121 700 habitants), bordé par l'historique frontière entre la Provence et le Languedoc qu'est le Rhône, aurait selon l'Insee "renoué au cours de la dernière décennie avec sa croissance démographique passée". Une évolution sensiblement équivalente à celle des Bouches-du-Rhône mais bien plus élevée que dans le référentiel (+ 18 %) ou qu'en France de Province (+ 33 %). Sur la dernière décennie, le territoire a gagné 8 000 habitants. Le solde migratoire y contribue pour moitié.


Si les départs se font principalement à destination des aires urbaines de Montpellier, Nîmes et Avignon, les arrivées proviennent elles des aires urbaines de Marseille-Aix-en-Provence et de Paris.
 Ces migrations résidentielles contribuent peu à son rajeunissement (un quart des habitants a plus de 60 ans). Le territoire a perdu 700 jeunes de 15 à 24 ans entre 2003 et 2008, qu'il a du mal à retenir face à l'attractivité des pôles universitaires voisins de Nîmes et Avignon ou de Montpellier et Aix-Marseille.

Force du territoire mais qui ne peut pas s'exprimer pleinement, la culture et le patrimoine comme axe de développement dont témoignent les deux Prides qu'elle loge dans ses murs (celui du livre et de la musique et celui des industries culturelles et patrimoines). La part de l'emploi dans l'édition, l'audiovisuel et la diffusion est en effet quatre fois plus élevée dans le Grand Arles (que dans le référentile) et celle des emplois liés aux arts et aux spectacles, deux fois plus élevée. Ces deux secteurs représentent 1 000 emplois, dont près de 300 pour les deux maisons d'édition arlésiennes Actes Sud et Harmonia Mundi.


Le patrimoine et la culture sont un vecteur de développement touristique important. Les emplois liés à l'hébergement touristique représentent 1,4 % de l'emploi total en janvier mais sont multipliés par deux au cours de l'été. Sur la commune d'Arles, la part de l'emploi salarié directement lié au tourisme s'établit à 8 % en 2007, soit un point de plus que l'ensemble de la région Paca fortement touristique.
"Ces atouts doivent toutefois surmonter une double difficulté", indiquent les auteurs. "D'une part, la saison touristique est limitée dans l'année et le faible nombre de résidences secondaires constitue un frein au développement de l'intersaisonnalité. D'autre part, le poids du tourisme dans le tissu productif explique la moindre rémunération et la moindre qualification des emplois du territoire. Le taux de chômage de la zone d'emploi d'Arles est le plus élevé des zones d'emploi de Paca et les centres anciens d'Arles, Beaucaire et Tarascon concentrent des poches de grande précarité".

Dans le territoire, un jeune actif de moins de 35 ans sur six ne possède aucun diplôme. Ce taux s'élève à un sur cinq pour l'ensemble des actifs de plus de 15 ans et même à un sur trois pour les chômeurs. Au 31 décembre 2012, le Grand Arles compte 9 400 demandeurs d'emploi de catégorie A. Ils étaient 6 300 quatre ans plus tôt. Le taux de chômage de la zone d'emploi d'Arles est structurellement élevé. À la fin de l'année 2012, il atteint 15,2 %, soit 3,5 points de plus que le taux régional.

Faible niveau de qualification et emplois moins rémunérateurs expliquent aussi que seuls 46 % des foyers fiscaux du Grand Arles sont imposés. Le territoire compte aussi des poches de grande précarité. En 2009, 27 % de la population du Grand Arles vit dans un de ces neuf quartiers prioritaires.

A.D


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