Guy Teissier à la tête de la Communauté urbaine Marseille-Provence

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Pas de remake de 2008. Sans surprise cette fois, le député UMP et maire des 9e et 10e arrondissements de Marseille, Guy Teissier, a été élu à 10h47 à la présidence de Marseille Provence Métropole avec les 90 voix de la droite, au complet. Face à lui, Michel Illac, le maire sans étiquette d'Ensuès-la-Redonne, a recueilli 31 suffrages tandis que 16 bulletins nuls ont été comptabilisés.


Pas de bouleversement inattendu de l'équilibre politique local cette fois, ce lundi 7 avril, le député UMP et maire élu du 5e secteur à Marseille (9e et 10e arrondissements) a donc été élu le nouveau président des 138 conseillers communautaires (contre 157 dans la précédente assemblée). Pour rappel, le 17 avril 2008, à la surprise générale, le socialiste Eugène Caselli, alors premier secrétaire de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, avait devancé de deux voix (79 contre 77) Renaud Muselier, pourtant favori du scrutin. De façon surprenante car contre toute logique avec les suffrages issus des urnes qui auraient du plébisciter l'ancien premier adjoint UMP de Jean-Claude Gaudin. Le mini scandale  avait été suivi par une chasse aux sorcières à l'égard de ceux qui avaient "trahi". Les conséquences pour le traitement des dossiers structurants de la ville centre sont aujourd'hui connues.

Nouvelle donne

"Je suis un homme d'écoute, de dialogue et de terrain. Nous sommes tous conscients d'être les élus d'un territoire en mutation. Qui ose gagne. J'y suis prêt", a déclaré peu de temps après son investiture Guy Teissier. Conformément aux nouvelles règles du jeu électoral, qui consistait à choisir sur un même bulletin les futurs maires et conseillers communautaires, la victoire d'un camp à l'Hôtel de Ville devait forcément impacter la future assemblée du Palais du Pharo. Le triomphe sans conteste de Jean-Claude Gaudin modifie donc largement les rapports de force au sein de la communauté urbaine créée en 2000, qui préfigure la future métropole. Jusqu'alors détenue par la gauche et présidée par le socialiste Eugène Caselli, défait dans son secteur, les 2e et 3e arrondissements, l'agglomération passe à droite. Dans les 18 communes de la communauté urbaine de Marseille, les listes de droite totalisent 90 sièges sur 138 places, la majorité absolue étant à 118. Jean-Claude Gaudin a donc assuré à son parti 42 sièges au sein de la nouvelle assemblée communautaire (sur les 69 dévolus à la ville de Marseille). Mais nouvelle donne, le FN s'y implante.

Stratégie : réduction

Le député-maire, qui a annoncé qu'il réduirait ses indemnités, devrait soumettre d'ici juillet au vote un budget modificatif. L'élu UMP a également annoncé qu'il réduirait nombre de vice-présidents de 30 à 15 dont les délégations de fonction devraient être prochainement connues. Naturellement, la métropole s'est invitée à la table ce matin, thème accaparé par le challenger malheureux (même si le résultat était connu) Michel Illac, le maire sans étiquette d'Ensuès-la-Redonne, qui ne veut pas se définir comme le candidat "anti-métropole" mais quand même : "La loi créant la métropole va-t-elle apporter des réponses à notre territoire ? C'était le sens de ma candidature pour passer un message : la métropole doit se construire avec les maires," a déclaré celui qui "fait partie des 12 maires hostiles à la métropole" au sein de l'assemblée. Samia Ghali, présidente du groupe PS à MPM, qui a promis d'être dans une opposition constructive, a également tenu à rappeler que "les maires sont l'expression de la démocratie à laquelle les habitants sont attachés. Il est normal que le maire soit associé et non pas relégué à des simples tâches administratives".


Clerc de notaire

Maire de secteur à Marseille depuis 1995, le nouveau président élu, marseillais d'origine (69 ans), clerc de notaire de formation et administrateur de biens de profession, a rejoint le Parti républicain en 1978 (ancienne appellation de Démocratie libérale), après avoir été membre du groupuscule d'extrême droite Union nationaliste. Il a quitté le parti d'Alain Madelin en 2002 pour rejoindre l'UMP où il a été intégré au bureau politique.
Il fut conseiller général des Bouches-du-Rhône de 1983 à 2004, est conseiller municipal et maire du 5e secteur depuis 1983. En 1988, il se lance dans la bataille des législatives, sera élu contre Tapie mais son élection sera invalidée par le Conseil constitutionnel. En 1993, il est élu député des Bouches-du-Rhône dans la 6e circonscription des Bouches-du-Rhône, réélu depuis. Le député est en outre membre de la commission des affaires étrangères et en tant que tel, il intervient donc beaucoup sur tout ce qui touche à ces problématiques. Il préside le GIP (groupement d'intérêt public) des calanques de Marseille Cassis depuis 1999 et est président du Comité du bassin d'Emploi de l'Huveaune.

A.D


Photo : Guy Teissier est le nouveau président de la Communauté urbaine de Marseille Provence qui fédère 18 communes de l'agglomération marseillaise. 

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