ITER : Aucune entreprise ne devra déroger à la législation française

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ITER Organization et l?Urssaf PACA ont signé dernièrement une convention stipulant que le code du travail serait respecté sur le chantier en cours à Cadarache. Chacun devra se conformer au Code du travail français, quel que soit le pays d?origine des ouvriers employés.

Plusieurs dizaines d'années de recherche sur la fusion nucléaire, plus de 14 milliards d'euros de budget, 7 partenaires internationaux parmi lesquels l'Europe, les États-Unis et la Russie... le projet Iter, c'est aussi 3 500 ouvriers, uniquement sur le site, sans oublier ces membres du personnel de l'organisation internationale bénéficiant du statut diplomatique. Non, le projet ITER, en cours de construction à Cadarache, n'a rien d'ordinaire. Et il a besoin d'être encadré.  Et c'est précisément dans cette optique qu'a été signée dernièrement une convention de partenariat entre l'organisation internationale ITER, via son directeur général Osamu Motojima, et l'Urssaf PACA, également représentée par son directeur, Dominique Clément.

Comme un leitmotiv, c'est le terme d'"exemplarité", qui a habité les discours des protagonistes, repris en chœur par Osamu Motojima et Dominique Clément. Et le directeur de l'Urssaf de rappeler "qu'un euro perdu sur le marché du travail légal est un euro à emprunter sur le marché financier, ce qui ne fait qu'alourdir le déficit public". Au delà des concepts et de cette (bonne) volonté commune, cela signifie donc qu'aucune entreprise remportant un contrat portant le sigle de la fusion nucléaire ne pourra déroger à la règle. Chacun devra se conformer au Code du travail français, quel que soit le pays d'origine des ouvriers employés.

Suivis et contrôles pourront donc s'inviter sur le chantier. Et même si, selon les dirigeants de l'Urssaf, l'inspection inopinée n'est pas la plus adaptée, la convention permettra précisément aux services de l'État d'avoir une lisibilité sur l'ensemble des intervenants, en récupérant des informations de manière très régulière, directement auprès des maîtres d'ouvrage. Ce qui doit lui permettre, par exemple, d'éviter toute forme de clandestinité, même si l'on a affaire à une entreprise partiellement délocalisée au Luxembourg pour tenter de se soustraire à certaines obligations.

Dans les prochains mois, le chantier va s'accélérer. Le coulage du béton du radier du bâtiment d'assemblage du tokamak, qui a démarré au mois de novembre, se poursuivra jusqu'en mars. Et les travaux de construction des trois bâtiments du complexe tokamak, qui avoisineront les 360 000 tonnes, vont également débuter en 2013. Le groupement (composé de filiales de Vinci, Ferrovial Agroman et Razel-Bec) en charge de ce contrat prévoit d'ailleurs l'arrivée d'ici fin 2013, début 2014, d'un millier d'ouvriers. Et aucun ne devra déroger à la législation française. Un impératif que Carlos Alejaldre, directeur délégué à la sécurité et la sûreté, résume ainsi : "le chantier ITER ne doit pas se démarquer des autres grands chantiers français. Ou alors, si on se démarque, c'est parce l'on fait plus et mieux que les autres!".


Damien Frossard


Photo : S'ils sont à peine plus de 100 aujourd'hui, un millier d'ouvriers est attendu d'ici la fin de l'année sur le chantier ITER.

© DR ITER Organization

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