Jean-Luc Monteil : "L ? entrepreneur est à la fois un pragmatique et un optimiste"

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Taxation, envie d'entreprendre, place de la France sur l'échiquier mondial et prospective ... le président régional PACA, Jean-Luc Monteil, revient sur certains sujets évoqués durant l'Université d'été du Medef.

247 impôts et taxes : comment faire moins ?

Depuis 30 ans, les gouvernements successifs ont fait le choix de créer de nouveaux impôts au lieu de refondre en profondeur notre système productif. C'est l'absence de réformes structurelles qui explique cette inflation normative. Aujourd'hui, ces 247 impôts et taxes sont l'expression d'une France trop réglementée et surfiscalisée. Nombre d'entre eux ont un rendement faible, quand ils ne sont pas contreproductifs pour l'économie. Il faut s'attaquer sans tarder à ce mal pour libérer les entreprises de leur carcan. Deux principes doivent prévaloir : la lisibilité et l'efficacité. Deux niveaux d'imposition doivent être mis en place, avec des impôts nationaux collectés par l'État (TVA, IS, etc.) et des impôts locaux versés aux régions, dans le cadre de leur nouvelle compétence exclusive en matière de développement économique.

Les entrepreneurs innovent et prennent des risques mais pour quelles contreparties ?

Les contreparties sont évidemment économiques, via les salaires versés et les recettes fiscales engendrées par l'activité. Mais elles sont surtout humaines, car une entreprise est avant tout une communauté de vie où des millions de Français partagent leur quotidien, notamment dans les TPE et PME. À l'inverse, on voit bien que le chômage a des conséquences sociales désastreuses, en déstructurant complétement les individus. Or, jusqu'à preuve du contraire, seuls les entreprises et les entrepreneurs peuvent lutter contre ce fléau par la création de richesses.

La France joue-t-elle encore dans la cour des grands ?

La France est la cinquième économie mondiale, compte des leaders planétaires dans de nombreux domaines (énergie, banque, industrie), dispose d'une population formée et de nombreux talents. On peut raisonnablement penser qu'elle joue dans cette catégorie en ajoutant cependant « pour l'instant », car l'absence de réformes structurelles conduit à un glissement progressif et certain de notre économie. Un signe évocateur, de plus en plus de Français quittent notre pays. Ce sont des jeunes diplômés, des entrepreneurs, des chercheurs, des détenteurs de patrimoine. Cette situation doit nous alerter et nous inciter au sursaut.


Comment imaginez-vous la France économique en 2020 ?

Presque tous les voyants sont aujourd'hui au rouge. Le chômage, les dettes et déficits augmentent, la croissance s'étiole. Devons-nous pour autant nous résoudre à dépeindre dès à présent une France condamnée pour les années qui viennent ? L'entrepreneur est à la fois un pragmatique et un optimiste, qui lutte en permanence pour trouver des solutions et s'adapter au monde en mouvement. Ces solutions existent et recèlent dans l'immense réservoir de talents dont dispose notre pays. Allégeons notre coût du travail, simplifions les normes administratives des entreprises, libérons l'investissement, fluidifions notre marché du travail. Réformons notre pays. Si le terreau est favorable, nous pourrons alors construire ensemble (administration, salariés, citoyens, entreprises) la France de demain. Celle-ci sera moderne, lisible et conquérante. Elle sera prête pour lutter à armes égales avec ses concurrents sur les grands enjeux de demain : le numérique, la transition énergétique et l'innovation au service d'une industrie de pointe.

Propos recueillis par Laurence Bottero

Photo : Jean-Luc Monteil, président du Medef PACA

©terzian

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