Karim Zéribi plaide pour une "métropole des citoyens"

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Le député européen Europe Écologie-Les Verts appelle à éviter les écueils qui ont jalonné la construction européenne. Et de plaider pour l?édification d?une ?métropole de projets?.

 "La métropole c'est l'Europe. Les communes, ce sont les États-membres. Ils ne veulent pas de l'Europe car il y a des baronnies locales qui ne souhaitent pas perdre une part de leur pouvoir. Les États-membres, ce sont aussi les intercommunalités, chacun mettant en avant son propre système".

S'il assure qu'il a découvert au Parlement européen "la culture du compromis, inconnue en France", le député européen Karim Zéribi (EELV), ne mâche pas ses mots lorsqu'il évoque la future métropole marseillaise.

Le partisan d'une Europe plus sociale appelle ainsi à éviter les écueils qui, à ses yeux, ont jalonné la construction européenne. "Nous n'avons pas fait une Europe des citoyens, mais d'experts et de technocrates. Aujourd'hui, la métropole est plutôt entre les mains des experts : seuls ceux qui sont contre en appellent aux citoyens", déplore-t-il.

Or, assise sur une population d'1,7 million d'habitants, qui représente 90% de la population du département, la métropole ne peut, selon lui, pas simplement être présentée comme la panacée. "On ne peut pas dire c'est forcément bien si on n'est pas capable de démontrer aux citoyens les bienfaits de la métropole", assène-t-il. Ce qui implique de construire "une métropole de projets concrets".

Là encore l'Europe et ses "directives qui descendent, on ne sait pas comment, et qui influencent la vie quotidienne" est l'exemple à ne pas suivre. "Si on tombe dans les mêmes écueils, on ira à l'encontre des ambitions que l'on veut porter", résume-t-il.


Enfin, cette métropole doit être un lieu de "démocratie". Karim Zéribi plaide ainsi pour l'élection au suffrage universel direct des conseillers communautaires. "Il n'est pas possible qu'une métropole soit l'émanation des élections municipales car alors, on ne casse pas les baronnies locales".

Le Conseil général appelé à disparaître ? Dans ce nouveau paysage local, une institution, le Conseil général, est appelée à disparaître : "dans les départements urbanisés où la métropole prend le pas en terme de territoire sur la population du département, comment justifier le maintien du Département ?", interroge-t-il à haute voix. Il plaide alors pour un transfert aux Régions des compétences sociales aujourd'hui assumées par le Département, accompagné de la signature d'une "convention Région-métropole".

Quant aux communes, elles posséderaient deux prérogatives principales : la police municipale et la propreté, une compétence qui reviendrait dans leur giron. "Il faut une clarification des échelons : la commune, la métropole avec des compétences sur les déplacements extérieurs, le traitement des déchets, voire les zones d'activité, un échelon régional qui reprendrait les prérogatives de l'échelon départemental, un échelon national et un échelon européen", argumente-t-il. Une nouvelle répartition des rôles que l'État pourrait imposer via un acte III de la décentralisation.

Des positions finalement proches de celles du président de la Communauté urbaine de Marseille Provence Métropole (MPM), Eugène Caselli (PS). Les deux hommes sont aujourd'hui en phase comme le démontre l'accord trouvé cette semaine sur le rôle et la place de la RTM durant l'année Capitale européenne de la culture : les propositions de Karim Zéribi, intervenant cette fois sous sa casquette de président de la RTM, ont toutes été validées par le président de MPM, l'autorité organisatrice des transports.

Serge Payrau


Photo : Karim Zeribi, lors de sa candidature au dernier scrutin législatives

Crédit Photo : Almodovar

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