L ? Ifremer inaugure son Centre européen de technologies sous-Marines

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Première étape d?un projet global qui vise à créer un parc d?équipements océanologiques, le nouveau CETSM vise à consolider en Europe les positions de l?institut français dans l?industrie des technologies sous-marines.

Venu tout droit de Paris pour couper le ruban tricolore devant un parterre d'élus et partenaires industriels, Jean-Yves Perrot, P-d.g, ne boude pas son plaisir. "L'Ifremer à la chance d'être présent sur toutes les façades maritimes de France et en particulier en Méditerranée. Une chance parce qu'elle représente un laboratoire de recherches scientifiques et technologiques marines grâce à sa facile accessibilité à de grandes profondeurs".

L'Epic, chargé de l'exploitation économique des ressources marines, compte 26 implantations en France, regroupées sous cinq centres, dont un à La Seyne-sur-Mer (Var). Inauguré jeudi dernier, le CETSM y est érigé, sur la partie "marine" du technopôle de la mer. D'une surface de 500 m², la figure de proue du pôle de compétitivité Mer Paca se déploie sur deux étages comprenant notamment une salle de visioconférence ultramoderne qui permettra aux scientifiques d'établir des liaisons avec les navires en mer, et d'un central des opérations sous-marines à distance.

D'un coût total de 4,1 M€, le projet est financé à hauteur de 1,4 M€ par le fond européen de développement régional (Feder), 910 K€ par l'Ifremer, autant par le Conseil régional, 435 K€ par le Conseil général et autant par la communauté d'agglomération TPM. Près de 200 personnes sont employées sur le site.

Hormis au Japon ou en Allemagne, ce bâtiment ne connaît pas d'équivalent dans le monde. Il doit faciliter la mise en oeuvre d'une stratégie commune de développement entre l'Ifremer et ses partenaires français et européens en mutualisant notamment les moyens.

"C'est un monde de compétition et il est important de continuer à innover", rappelle Gérard Riou, directeur du centre Méditerranéen. "Nous ne pouvons plus nous développer seuls. Nous sommes aujourd'hui dans une logique de coopération, notamment avec l'Alfred Wegener Institute et Marum, en Allemagne. Nous ne pouvons pas être compétitifs et innovants si on ne s'appuie pas sur un tissu d'entreprises dynamiques. Nous avons ce tissu ici".


Depuis plus de 15 ans, Ifremer collabore avec la société Prolexia, basée à La Seyne, pour développer des logiciels de modélisation, simulation et suivi de missions d'engins sous-marins. Osean, basée au Pradet, développe et réalise des équipements et systèmes scientifiques ou militaires dans le domaine de l'acoustique et de l'éclairage sous-marins. Elle a contribué au développement et à l'équipement d'engins sous-marins pour l'Ifremer.

Aujourd'hui, comme pour le ROV Victor 6000 auparavant, l'Ifremer coopère avec ECA Robotics et Cybernetix, pour développer un nouvel engin sous-marin téléguidé de cartographie acoustique et d'inspection des fonds. Hybride fibre optique et autonome, le H-ROV sera décliné en deux versions : l'une "Ifremer" pour des applications côtières jusqu'à 2 500 m, et l'autre pour des applications arctiques des scientifiques de l'institut Marum.

Intégré dès l'année prochaine au CETSM, l'appareil devrait être livré début 2014 et aura coûté 4 M€. Si l'Ifremer en a déposé le brevet, ECA et Cybernetix négocient un accord de licence pour exploiter ou proposer à la vente une version adaptée du H-ROV à leurs clients, notamment dans le marché de l'offshore pétrolier. 6% des 320 M€ perçus par l'institut découlent directement de la commercialisation de produits.

Avec le rachat par CLS, filiale toulousaine de l'Ifremer, de l'entreprise brésilienne Prooceano qui fournit des services aux compagnies pétrolières Offshore, l'institut français confirme sa volonté de se positionner sur un marché porteur mais pense aussi à se diversifier vers l'exploitation gazière et minérale. Un permis d'exploration dans le Pacifique, aux abords de Wallis et Futuna, a notamment été déposé à cet effet en 2011. "Il faut penser à l'après-pétrole, relève encore le P-dg. et les énergies marines renouvelables, l'aquaculture ou la bioremédiation offrent des solutions". Une analyse devrait bientôt être lancée afin d'identifier les prochains secteurs porteurs dans lesquels Ifremer et ses partenaires devront s'orienter.

Fabien Groué

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