LGV Paca : Le monde économique en extrême vigilance

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Quelques jours après la tenue du Comité de pilotage la LGV Paca et avant la mise en place prévue ce mois-ci des comités départementaux de concertation (COTER), le réseau des CCI met la pression.


Le monde économique comme aiguillon du monde politique. Pour un peu que ce dernier relâcherait la pression ou pire n'aurait pas complètement perçu "l'intérêt stratégique" que représente pour l'avenir de la région le projet de la ligne à grande vitesse.

Comme acte de naissance de la Chambre de commerce et d'industrie régionale, l'ensemble des représentants des CCI du département qui encadrait le président de région Dominique Estève, ont fait savoir, chacun dans leur style, qu'ils n'entendaient pas laisser se "momifier" le tracé ni se faire "chloroformer" par les atermoiements politiques. "Nous devons maintenir la pression.

La LGV Paca est indispensable au développement économique de la région en lui permettant de se hisser au niveau des grandes régions européennes en reliant ses métropoles (ndlr, Marseille, Toulon , Nice ) au réseau ferroviaire européen à grande vitesse". Pour rappel, la LGV Paca est inscrite dans le futur schéma national des infrastructures de transports (SNIT). D'un coût estimé à 18 mds € (dont 8 pour la remise à niveau de l'existant et la modernisation du tronçon Nice-Vintimille), elle met Paris à 3h40 de Nice via Marseille et Toulon.
"Cette première posture commune sur un sujet absolument vital", selon les propos de Jacques Pfister, coïncide étrangement avec la remise du rapport (très critique) Mariton, du nom du député UMP de la Drôme, relatif au SNIT.

Dans son rapport examiné par la commission des finances de l'Assemblée nationale le 18 mai, le député Hervé Mariton alerte sur sa "fragilité financière". Le schéma octroie selon lui une part trop grande à de nouvelles opérations, en particulier les lignes ferroviaires à grande vitesse dont la rentabilité reste à démontrer.


Les investissements prévus dans le cadre de ce schéma, rappelle le rapporteur, représentent, hors projet "Grand Paris", un coût de 260 mds€ dont 166 en développement. 32,8% devraient être à la charge de l'État, 37,2%, financés par les collectivités territoriales et le solde par les autres partenaires : RFF, concessionnaires ou partenaires privés.


"Les investissements ferroviaires s'élèvent à 145 mds€, soit 55,6%, des dépenses totales prévues, dont 103 milliards consacrés au développement. Mais seule une part mineure pourra provenir des recettes d'exploitation". Du coup, les fonds publics devront être mobilisés "à concurrence de 45% à 90% des investissements", selon le rapporteur, d'autant que les prévisions de trafic sont généralement "trop optimistes".

"J'ai relevé dans ce rapport, note Dominique Estève, que la critique sur l'estimation de la rentabilité socio économique épargne le projet LGV Paca. Nous avons lu le rapport. Hervé Mariton rappelle "que même sur des lignes très fréquentées comme la LGV Paca, le taux de couverture des investissements par les recettes n'est que de 10%".

Adeline Descamps


Photo : de gauche à droite : Francis Guillot, président de la CCI du Pays d'Arles, Bernard Kleynhoff, président de la CCI Nice Côte d'Azur, Dominique Estève, président de la CCIR Paca, Jacques Pfister, président de la CCI Marseille Provence, Jacques Bianchi, président de la CCI du Var, François Mariani, président de la CCI de Vaucluse.

Crédit photo : G. Ruoppolo

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