La Métropole Nice Côte d'Azur s'installe au c ? ur de Paris

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Christian Estrosi, le président de la première métropole de France, a inauguré ce mardi 25 novembre à deux pas de l'Assemblée nationale les locaux de sa représentation économique.

Devant un aéropage d'élus et de décideurs, le député-maire de Nice, Christian Estrosi, a longuement vanté son territoire dans ses nouveaux bureaux du VIIe arrondissement de Paris. S'exprimant sans notes, se lançant dans des envolées lyriques sur les beautés de son bord de mer et de ses stations de ski, le président de la Métropole a présenté, face à la tour Eiffel, ses ambitions pour les 49 communes.


Passer du tourisme à l'industrie


L'ancien ministre de l'Industrie est venu réaffirmer avec force sa volonté, exprimée depuis maintenant six ans, de transformer une capitale touristique en capitale industrielle. Pour vendre ce projet aux investisseurs, trois salariés, dont deux à mi-temps, occupent ce local de 150m2 officiellement baptisé "Maison de la Métropole Nice Côte d'Azur, de l'EPA Plaine du Var et de Team Côte d'Azur". Interrogé sur les motivations ayant présidé à la création de cette "ambassade", il affirme : "Nous ne voulons plus nous contenter de faire le MIPIM à Cannes, ou un salon à Moscou et Shanghai. Nous voulons avoir une vitrine permanente dans la capitale pour nouer des contacts avec des investisseurs, notamment dans le domaine de la recherche et de l'innovation concernant les technologies futures de l'environnement. Dans cette antenne, les investisseurs pourront voir ce que nous leur offrons. Ils y trouveront un interlocuteur unique pour amorcer le dialogue".


Opportunités


Lieu d'émulation et d'échanges, la Maison de la Métropole Nice Côte d'Azur accueillera chaque mois des conférences réunissant des leaders d'opinions, des chefs d'entreprise, des experts et des investisseurs qui pourront consulter les projets portés par la Métropole et les opportunités d'investissements grâce à des écrans 3D interactifs.
"Il y a quinze ans, affirme-t-il dans son discours, la Communauté urbaine de Lyon a installé une antenne à Paris". Et, sur le ton de la confidence, il lâche : "Si tu savais, m'a dit Gérard Collomb, le nombre de contrats que nous y avons signés"... Et comme l'homme politique n'est jamais loin, surtout à deux pas de l'Assemblée nationale, il poursuit : "Oui, nous voulons montrer à Paris que des territoires font de meilleurs choix que ceux qui sont faits à Paris". Il affirme alors : « D'ores et déjà, les rendez-vous que j'ai ces 48 prochaines heures devraient payer le loyer de l'année à venir", soit 87.000 euros HT.


Les investissements ont doublé


Dans son plaidoyer, il rappelle que les investissements se multiplient depuis deux ans, notamment dans la croissance verte et le développement des éco-énergies. Il évoque également les 42 start-up, représentant 315 emplois directs, installées dans la pépinière d'entreprise, labellisée depuis 2012 par l'Union Européenne Centre Européen d'Entreprise et d'Innovation. Il rappelle que Schneider Electric et Orange se sont également installés à Nice pour développer leurs technologies smart green. Et que Cisco a créé le premier boulevard urbain connecté au monde en installant 200 capteurs sur le boulevard Victor-Hugo pour collecter en temps réel des données sur la circulation, la propreté et l'état de l'environnement.


Nice plutôt que Londres


Certes, l'élu enjolive un peu lorsqu'il affirme qu'IBM a préféré s'installer à Nice plutôt qu'à Londres. De fait, l'entreprise américaine a renoncé à délocaliser ces activités à Londres, ce qui est déjà une victoire pour le nouveau quartier d'affaires. En 2015, IBM quittera en effet son siège historique de La Gaude pour intégrer l'immeuble The Crown afin d'y développer une plate-forme de pilotage au service de la Métropole. Situé dans la technopole Nice Méridia, cet immeuble fait partie des 450 hectares de cette Éco-Vallée qui comprend le quartier d'affaires international, le Grand Arenas.

Troisième plateforme aéroportuaire


Dès 2017, la nouvelle ligne de tramway ouest-est, actuellement en construction, irriguera ce pôle d'affaires idéalement situé entre le stade Allianz, Riviera dessiné par l'architecte Jean-Michel Wilmotte, le MIN, deuxième Marché d'Intérêt national de France, et l'aéroport international, troisième plateforme aéroportuaire de France. Vantant avec fougue les mérites de cet aéroport, Christian Estrosi affirme qu'il ne connaitra pas le sort de celui de Toulouse.
Dans un joli lapsus, il s'exclame : "Nice n'a pas envie d'appartenir aux Niçois", provoquant les rires de l'assistance avant de préciser avec un sourire : "Aux Chinois, bien sûr". Alors, à quand une nouvelle "ambassade » dans l'empire du Capital ?

Jean-Pierre Reymond

Crédit photo : Ludovic Arnault

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