La forêt méditerranéenne dévoile son potentiel économique

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Professionnels et responsables locaux s?organisent pour développer une filière-bois en PACA, en même temps que l?industrie compte elle aussi sur les forêts méditerranéennes.

La forêt méditerranéenne doit-elle demeurer un sanctuaire ? Non, répondent en chœur État et collectivités à l'occasion de la présentation par l'Insee d'une étude régionale présentant le potentiel économique de la filière bois, le 3 septembre 2014. "La forêt est une ressource que l'on peut valoriser de façon durable dans l'économie régionale. D'ici la fin de l'année, nous aurons d'ailleurs structuré l'amont et l'aval de la filière au sein d'une organisation interprofessionnelle", pose Charles Laugier, conseiller régional délégué à la Forêt.

Centrale à bois

La forêt méditerranéenne fait l'objet d'une attention toute particulière, notamment depuis 2010, où l'industriel allemand Eon a été retenu dans le cadre d'un appel d'offres lancé par le gouvernement pour la mise en œuvre d'installations de production d'électricité à partir de biomasse. Son projet : convertir la centrale thermique de Gardanne (13) en centrale à bois. Pour parvenir à ses fins, Eon a accepté, à la demande de l'État, d'utiliser prioritairement la ressource régionale. Avec 800 000 tonnes de biomasse nécessaires au fonctionnement annuel de la centrale, les propriétaires forestiers régionaux pouvaient se satisfaire de ce débouché providentiel.

Limites

Mais très vite, défenseurs de l'environnement et autorités locales ont vu les limites de cette bonne idée, notamment parce qu'elle étouffe toutes les initiatives mises en œuvre dans les territoires pour valoriser le bois et créer des écosystèmes autour de cette filière, dans des territoires en quête de destin économique. L'Insee vient donc poser des chiffres sur cette économie de la forêt. PACA, troisième région forestière de France (1,5 million d'hectares de forêt, soit 9 % de la surface nationale), n'exploite que 720 000 m3 de bois, soit 20 à 30 % du potentiel régional, là où la moyenne française monte à 50 %. Le cœur de filière emploie un peu plus de 8 000 salariés (0,5 % de l'emploi salarié régional), dont 37 % travaillent dans la construction-menuiserie en bois. Les trois quarts d'entre eux travaillent dans des entreprises de moins de 50 salariés, qui génèrent un chiffre d'affaires moyen de 556 000 euros. L'objectif est donc de valoriser tout le potentiel régional du bois, en misant notamment sur l'amont de la filière (sylviculture et exploitation forestière) qui pourrait par exemple tirer profit d'une meilleure mise en relation avec la construction-menuiserie, en plein essor du fait du développement des maisons à ossature-bois.


C.G

Photo : PACA, troisième région forestière de France, n'exploite que 720 000 m3 de bois, soit 20 à 30 % du potentiel régional, là où la moyenne française monte à 50 %.

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