La réforme portuaire : Suite et fin, fin et suite ...

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La mise en ?uvre du transfert des personnels et outillages à des sociétés privées de manutention est en cours depuis le 3 mai. Tout sera définitivement soldé le 15 juin. Rien ne devrait cette fois le contraindre. Aboutissement d?une révolution intranquille.


Faut-il le rappeler l'esprit de la loi du 4 juillet 2008 définissant les nouvelles missions des établissements portuaires tant la réforme a fait couler d'encre sur ces terres promptes au soulèvement ? Pour l'essentiel, les places portuaires (et non plus "ports", Patrick Daher tient à cet usage de langage) auront désormais des fonctions d'aménageur. Leur gouvernance s'articulera autour d'un Conseil de surveillance, un directoire et un Conseil et de développement. Et pour le plus épineux, source de tant d'agitations, elles transfèrent leurs personnels et leurs outillages à des opérateurs privés de manutention.

Le directeur général et le président du Conseil de surveillance du GPMM, Jean-Claude Terrier et Patrick Daher, qui ont organisé une conférence de presse vendredi au Club House, n'ont fait que confirmer ce qui se dit depuis le 15 avril 2011, date marquant une étape cruciale dans le processus : la signature au niveau national de la convention collective unifiée des travailleurs portuaires*. Depuis le 3 mai et jusqu'à la fin du mois seront ainsi détachés les personnels et transférés les outillages. "Soit au total 410 agents concernés* avec 95% de succès, précise Jean-Claude Terrier, et l'ensemble des actifs, 15 portiques et grues ainsi que 100 bras de déchargement de terminaux pétroliers de Fos et de Lavera pour une valeur de 80 M€".

Les effectifs du port (1470 avant réforme) se réduisent donc au millier. Il n'a pas été possible de savoir le nombre exact d'agents initialement concernés par la réforme. Sur le pourcentage d'échec, l'on saura juste qu'ils ont été reclassés en amont. L'on attendait également plus de précisions sur le destin de la future société Fluxel appelée à gérer la manutention du terminal pétrolier, et notamment des participations au sein de son capital. Il avait été dit jusqu'à présent - une des concessions de la transaction - que l'État via le GPMM resterait majoritaire.

À ce jour, les partenaires privés ne représenteraient que 34% au capital. En dépit de notre insistance, il n'a pas été possible d'en connaître l'identité car les conventions tripartites entre les 220 salariés, le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) et Fluxel ne seront signées que le 16 mai. "Le pourcentage de 40% n'était qu'une cible mais rien n'est figé, précise Patrick Daher, et le tour de table restera ouvert. Nous pourrons aller dans le futur jusqu'à 49%". Le capital sera de 30M€ et emploiera 200 personnes.

De la même façon, le GPMM n'a pas vocation à rester dans le capital d'Intramar SPS, société commune avec la société de manutention Intramar (filiale de Port Synergy, elle-même filiale commune de CMA CGM et de Dubaï Ports World). Une autre concession accordée au nom de la paix sociale.

Sur la question des primes de détachement (12 000 euros brut aux salariés transférés versés en plusieurs fois), les deux hommes à l'œuvre dans le scénario d'ordonnancement semblent surpris que l'affaire alimente autant les questions de la presse. Et Jean-Claude Terrier n'a fait que répéter ce qu'il a dit dernièrement à La Provence ."Le port n'a pas voulu faire de la discrimination en n'octroyant pas de primes à ceux qui auraient traîné les pieds".

Reste désormais à définir les éléments et les conditions pour que le port redevienne fréquentable. Pour faire court, passer à la mise en œuvre du plan stratégique défini il y a deux ans. "Je prends le pari que ce changement de culture nous emmènera vers des lendemains plus fiables même si la réforme ne va pas régler tous les problèmes. Nous avons à Marseille une longue histoire de conflits sociaux en lieu et place d'un dialogue social constructif. Les processus de décision seront désormais clarifiés", conclue Patrick Daher.

Adeline Descamps

*La convention tripartite (CPMM, agents, entreprises) a défini les garanties dont l'agent bénéficie dans le cadre de son transfert : fixation du salaire garanti, préservation des avantages sociaux divers, conditions de retour éventuel au GPMM (en cas de difficultés d'adaptation ou de licenciement économique).

Photo : Vue aérienne du terminal pétrolier

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