Le Fil politique - Cogolin sous la loupe

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Une projection de l'institut de sondage Ifop publiée en septembre 2013, indique que 75 communes pourraient basculer au FN. Cogolin, où le FN a parachuté un entrepreneur parisien de 40 ans, en fait partie. Deux autres candidats se sont déclarés la semaine dernière, Alain Ciarimboli et Jacques Sénéquier, le maire sortant qui brigue un 4e mandat.

Une projection de l'institut de sondage Ifop publiée en septembre 2013 indique que 75 communes pourraient basculer au FN. Cogolin, où le FN a parachuté un entrepreneur parisien de 40 ans, en fait partie. Deux autres candidats se sont déclarés la semaine dernière, Alain Ciarimboli et Jacques Sénéquier, le maire sortant qui brigue un 4e mandat.

"Cogolin fait partie des villes gagnables par le FN, et je pense qu'on va gagner", assure Marc-Etienne Lansade, candidat porteur d'une liste Bleu marine, parachuté par le FN en début d'année à Cogolin, compte-tenu "de la situation dramatique de la ville, marquée depuis trois ou quatre ans par un communautarisme hors de contrôle". Selon cet entrepreneur parisien de 40 ans, qui dit bien connaître l'endroit pour y "passer tout [son] temps libre", l'espace sur cette question laissé par le maire Jacques Sénéquier, "qui a baissé les bras", notamment en autorisant la construction d'une mosquée, "constitue un vrai pôle d'attraction pour les islamistes". Outre la question du communautarisme, Marc-Etienne Lansade prévoit de revoir l'organisation de la police et repenser le développement économique de la ville, comptant trouver des financements sur le long terme en "montant des opérations commerciales sur le terrain du Yotel", un terrain de 13 hectares situé à Cogolin Plage dont la mairie a récupéré la propriété en octobre 2012.

Intercommunalité, échelle la plus pertinente
Cette candidature "d'un FN décomplexé" est "inquiétante" pour Francis José Maria, candidat sans étiquette, qui tient à préciser que "la communauté musulmane de Cogolin est très bien intégrée" et qu'elle "n'est pas le point focal des problèmes de la commune". Tout juste retraité, cet ancien directeur du syndicat intercommunal de la distribution d'eau de la Corniche des Maures (1986 à 2013), a décidé de se présenter et place ses priorités ailleurs : les problèmes d'aménagement urbain avec "un développement commercial à l'extérieur, un centre-ville qui dépérit et une politique inexistante en direction de la jeunesse et de la culture." Francis José-Maria attend beaucoup de l'intercommunalité, "l'échelle la plus pertinente pour traiter des questions de transport, d'environnement, de logement ou de développement économique." Il est également partisan de l'introduction à la mairie, "la première entreprise de la ville avec sa centaine d'employés", d'un contrôle de gestion.

Restaurer la confiance
Premier adjoint de Jacques Sénéquier de 1998 à 2003, également sans étiquette, l'UMP lui ayant refusé l'investiture, Alain Ciarimboli, qui a fait toute sa carrière sur le site tropézien de DCNS, ne veut pas "tomber dans la caricature" et rappelle que la bataille en matière d'immigration se place exclusivement sur le terrain de l'immigration clandestine. L'ancien élu veut donner "un nouveau souffle à Cogolin en réinstaurant un bon climat entre les élus et les Cogolinois et en redorant le centre-ville grâce à un effort sur le commerce, l'artisanat et l'emploi."


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Face à cette salve de critiques, le maire sortant, Jacques Sénéquier, explique vouloir briguer un quatrième mandat pour ne pas "s'arrêter au milieu du gué". "Les Cogolinois savent que nous sommes passés d'un village (8 576 habitants lors de son premier mandat en 1995, ndlr) à une petite ville (11 253 habitants actuellement, ndlr) et que nous avons forcément connu des transformations importantes, explique celui qui est également président de la communauté de communes du golfe de Saint-Tropez depuis sa création en janvier 2013 et du syndicat intercommunal de la distribution d'eau de la Corniche des Maures. Un pôle commercial se dessine autour du centre Leclerc et il faut trouver une autre attractivité pour le centre ancien, qui connaît des problèmes de circulation et de stationnement. Quant à l'offre touristique et la politique culturelle, elle est clairement du ressort de la communauté de communes". Pour celui qui réfute avoir demandé l'investiture à l'UMP ou à l'UDI et qui affirme mener une liste sans étiquette mais plutôt divers droite, ce sont des problématiques qui ne sont que "la continuité du travail mené depuis 19 ans". Loin de considérer le candidat du FN comme son principal adversaire, - "c'est vrai que la population irrégulière est un problème mais ce n'est pas un fléau comme certains le prétendent" -, il voit plutôt "la tentation du changement des Cogolinois" comme principal obstacle à sa réélection.


Charlotte HENRY

Photo : Marc-Etienne Lansade, candidat porteur d'une liste Bleu marine, parachuté par le FN en début d'année à Cogolin, seul candidat à avoir obtenu une investiture sur la ville

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