Le Fil politique : À Nice, Christian Estrosi rassemble... contre son nom

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Que ce soit à droite ou à gauche, le maire de Nice voit les candidatures contre la sienne se multiplier. Les uns et les autres se positionnent en s'armant du même argument : la dénonciation de la gestion financière de la ville par Christian Estrosi.

Alors que l'ancien premier adjoint de Christian Estrosi, Benoît Kandel est suspendu de l'UMP pour avoir rencontré Marine Le Pen en privé, c'est surtout l'alliance entre Jean Icart, électron libre classé à droite et Jacques Peyrat, ancien maire de Nice, ex-FN, officialisée cette semaine qui a surpris le microcosme azuréen. Il semblerait que Christian Estrosi rassemble... contre son nom. Alors que la campagne électorale entre dans le vif du sujet, le maire de Nice voit les candidatures contre la sienne se multiplier. Et pour emporter l'Hôtel de Ville niçois, tous les rapprochements sont permis. Même ceux auxquels personne ne s'attend. C'est le cas du mariage de raison entre Jean Icart et Jacques Peyrat. Le premier, héritier d'une lignée politique, petit-fils d'Auguste qui fut adjoint de Jacques Médecin et fils de Fernand qui fut conseiller général, député, président de la commission des Finances de l'Assemblée Nationale et ministre de l'Équipement et de l'Aménagement du territoire sous Raymond Barre, tente pour la troisième fois sa chance au scrutin municipal. Membre élu de la majorité municipale, il tire pourtant à boulets rouges contre son ancien allié, Christian Estrosi dont il dénonce la gestion notamment financière. Le second fait lui aussi un retour sur le devant de la scène politique et il partage avec le premier la dénonciation de la gestion menée par le Maire de la capitale maralpine. L'ancien maire de Nice de 1995 à 2008, encarté au Front National de 1973 à 1994, a tenté un retour en briguant l'investiture du mouvement présidée par Marine Le Pen. Sans succès. C'est donc pour additionner leurs voix que les deux hommes font désormais cause commune. Une inconnue - non encore éclairicie - et de taille : qui sera tête de liste ou comment concilier deux personnalités partageant les mêmes ambitions ?

Autre interrogation

Quid de Benoît Kandel ? L'ancien premier adjoint de Christian Estrosi, en charge de la sécurité, démis de ses fonctions durant l'été pour avoir commenté la procédure judiciaire dans l'affaire dite de la Semiacs*  fait lui aussi l'actualité. Suspendu il y a quelques jours de l'UMP par communiqué de Jean-François Copé pour avoir rencontré Marine Le Pen en privé en septembre dernier, cet ancien militaire avoue simplement n'être "pour l'heure sur aucune liste". Se ralliera-t-il au duo Icart/Peyrat ?

La guerre de la dette est déclarée

À gauche, Patrick Allemand, premier vice-président du Conseil Régional Paca, conseiller municipal, repart lui aussi une nouvelle fois au combat. Avec le même argument que les autres prétendants : la gestion financière de Christian Estrosi que le candidat PS nomme "fils de Nice et père de la dette." À noter que cet argument agace prodigieusement le Maire de Nice qui a convoqué un conseil municipal extraordinaire le 15 novembre prochain permettant au Premier Magistrat niçois d'ester en justice contre "ceux qui propagent de fausses informations sur la dette de la Ville de Nice et de la Métropole". La campagne a bel et bien commencé.

L.B

*Le directeur général de la société d'économie mixte chargée de la circulation et du stationnement, Henri Alonzo, est accusé de harcèlement et d'agression sexuelle. Son procès est actuellement en cours, le délibéré est attendu pour le 3 décembre.


Photo : Jean Icart, héritier d'une dynastie politique, tente pour la troisième fois sa chance au scrutin municipal.

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