Le fil politique : Quatre candidats en lice à Fréjus pour mettre fin au règne d'Elie Brun

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Philippe Mougin (UMP), David Rachline (FN), Elsa Di Méo (PS) et Sophie Parent (UDI) affichent la même volonté de rupture avec l'ère Elie Brun. Le maire sortant divers droite de Fréjus, reconduit aux municipales de 2008 avec 62,7 % des voix, brigue un quatrième mandat.

Affaibli par ses démêlés avec la justice, un bilan financier plombé par l'endettement et un "burn-out" entre 2010 et 2012, Elie Brun s'est associé à son premier adjoint, Francis Tosi, pour reconquérir la mairie de Fréjus. L'actuel locataire de l'hôtel de ville de Fréjus aura maille à partir pour renouer avec la confiance que lui ont accordée à deux reprises les électeurs en 2001 et 2008. Le dernier sondage CSA-Var Matin d'août 2013 réalisé auprès d'un échantillon de 500 Fréjusiens le créditait de 19 % des voix au premier tour, derrière la socialiste Elsa di Méo (28 %), le frontiste David Rachine (25 %) et l'UMP Philippe Mougin (20 %).

Fréjus : 5e ville la plus endettée de France ?
L'annonce, fin septembre, de sa citation à comparaître devant le tribunal de Draguignan fin novembre pour prise illégale d'intérêt, dans le cadre de l'attribution de la plage privée de l'Alba à Port-Fréjus, à l'ex-mari de son épouse, ne va pas l'aider à regagner les faveurs de l'opinion. De retour sur le terrain depuis la rentrée, le maire, vice-président de la Cavem (communauté d'agglomération Var Estérel Méditerranée) et conseiller général du Var pour le canton de Fréjus se veut pourtant rassurant, annonçant en avoir terminé avec son "burn-out" et être prêt pour la bataille des municipales. Une élection dont un des principaux enjeux sera le désendettement de la commune, qui a contracté encore 19,5 M€ de prêts en 2012 (aucun prêt d'investissement en 2013), ajoutant à une dette qui s'établissait à 158,1 M€ à fin 2012. Fréjus se retrouve ainsi en 5e position des villes de plus de 20 000 habitants (53 000 habitants environ) affichant la plus forte dette par habitant (2 986€) selon le classement publié fin septembre par le Journal du net. Selon Francis Tosi, 1er adjoint de Fréjus, au 1er octobre 2013, la dette globale s'élevait à 142 M€ soit un endettement de 2 707€ par habitant. 9 M€ ont été remboursés en 2013.

L'ex adjoint candidat

C'est notamment cette question critique de l'endettement que l'ex-adjoint au tourisme Philippe Mougin a mis en avant pour expliquer sa démission de ses fonctions d'adjoint en février 2013. N'ayant pas réussi à changer la gestion de la ville de l'intérieur, il espère avoir l'occasion de faire ses preuves grâce aux municipales de 2014 sous l'étiquette UMP. À défaut d'accorder l'investiture à Elie Brun - un pari un peu risqué - la commission nationale d'investiture a en effet choisi celui qui a été son compagnon de route pendant trente ans, Philippe Mougin, conseiller municipal de Fréjus depuis1983 et adjoint de la ville pendant 24 ans. "J'ai été élu conseiller municipal au côté de François Léotard en 1983, ce qui m'a permis de nouer une solide amitié avec lui", précise-t-il sur son compte Facebook. L'ancien ministre et maire de Fréjus (de 1977 à 1997) a d'ailleurs clairement apporté son soutien au candidat UMP en assistant à l'inauguration de sa permanence le 26 septembre dernier, tout comme l'a fait le député-maire de Saint-Raphaël et président départemental de l'UMP, Georges Ginesta.

UDI en embuscade ?

Moins attendu, le candidat UDI à la Seyne-sur-Mer, Jean-Pierre Colin, était également présent pour assurer Philippe Mougin du soutien des centristes... alors que la chef de file UDI à Fréjus, Sophie Parent, est connue depuis début août. Cette dernière, conseillère municipale au sein de la majorité depuis 2008, "en retrait depuis deux ans", précise-t-elle, a annoncé officiellement sa candidature à la mairie de Fréjus il y a une quinzaine de jours. Sophie Parent espère tirer son épingle du jeu entre "une équipe Mougin issue du système Brun, l'opportuniste FN qu'est David Rachline et Elsa di Méo qui pâtit de la faible popularité du gouvernement socialiste".

FN bien placé

Élue au conseil municipal depuis 2008 et au conseil régional depuis 2010, la socialiste Elsa di Méo dénonce avec beaucoup de pugnacité la situation financière et le système Brun. "Il est clair aujourd'hui que le seul moyen de changer le système en place depuis 15 ans est de se tourner vers le rassemblement que je propose pour l'avenir de Fréjus", indique-t-elle sur son blog avant l'été. Un rassemblement de la gauche au sens large, mais aussi de personnes de la société civile "n'ayant jamais accompagné la dérive locale. Il n'y aura pas plus d'un quart de socialistes dans ma liste", précise-t-elle. Dans une terre traditionnellement de centre-droit, où la gauche n'a jamais dépassé 30 %, la partie est loin d'être gagnée, malgré les divisions de la droite... qui pourraient aussi profiter à l'extrême droite et son jeune candidat de 25 ans, David Rachline. Entré au FN en 2002, David Rachline a rapidement grimpé les échelons au sein de son parti. Nommé coordinateur national du Front national de la jeunesse (FNJ) en 2009, il est l'un des deux secrétaires nationaux à la communication numérique depuis janvier 2011 et intègre en avril de la même année la commission d'investiture du FN. Eliminé de peu aux cantonales de 2011 avec 47,93 % des voix au 2e tour (face à Elie Brun), le candidat frontiste, conseiller municipal depuis 2008 et conseiller régional depuis 2010 espère faire basculer la ville lors du prochain scrutin.

C. HENRY


Photo : La socialiste Elsa di Méo dénonce avec beaucoup de pugnacité la situation financière et le système Brun

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