Législatives 2012 : La claque

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Gifle magistrale pour la droite. L?effet Hollande a opéré, de façon écrasante dans les départements des Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes, éclatante dans les Bouches-du-Rhône. La capitalisation présidentielle a moins fonctionné, et d'ailleurs sans surprise, dans le Var, en Vaucluse et les Alpes-Maritimes. La région envoie deux députés d?extrême-droite sur les bancs de l?Assemblée nationale.


Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes

La gauche atteint des sommets avec 56,25% dans les Alpes-de-Haute-Provence. Gilbert Sauvan, avec 58,60%, qui partait à l'attaque de la 1ère en lieu et place de Jean-Louis Bianco, a fait mieux que le député sortant en 2007, qui avait obtenu 52,33% des suffrages.


Dans la 2ème, il était particulièrement attendu, incarnant la gauche de nouvelle génération, Christophe Castaner s'est imposé (le député sortant UMP Daniel Spagnou ne se représentait pas non plus) face au maire de Corbières Jean-Claude Castel. Le vice-président du Conseil régional en charge du développement économique et maire de Forcalquier devra faire le tri dans ses mandats.


Dans les Hautes-Alpes, Karine Berger (PS), avec ses 54,71% voix, balaie à Gap Jean Cointe, suppléant de la députée sortante, Henriette Martinez (UMP), qui ne se représentait. En 2007, la candidate socialiste n'avait été distancée que de 1 276 voix par la députée UMP.


Joël Giraud (PRG), qui truste la circo de Briançon depuis 2002, ravit de nouveau les voix de 57,46% des votants. Dans un environnement pourtant considéré comme à droite.

Alpes-Maritimes

En remportant 9 circonscriptions sur neuf, l'UMP confirme l'ancrage à droite du département.

Éric Ciotti dans la 1ère bat le socialiste Patrick Allemand, premier secrétaire du parti dans le département et premier vice-président à la Région avec 60,73% des voix.

Dans la seconde, le vert André Aschieri, malgré le soutien du PS, n'a pas fait le poids face à Charles-Ange Ginesy, le maire de Péone-Valberg qui totalise 53,29% des suffrages.

Rudy Salles, dans la 3ème l'emporte également face à la candidate socialiste avec 58,73% des voix.

Dans la 4ème, Lydia Schénardi, la représentante du FN s'incline face au maire de Menton, Jean-Claude Guibal qui totalise 55,22 % des suffrages.

Paul Cuturello, dans la 5ème, se retrouve une nouvelle fois battu par le maire de Nice, président de la Métropole Nice Côte d'Azur, Christian Estrosi, par ailleurs secrétaire général de l'association des amis de Nicolas Sarkozy.

Bernard Brochand a résisté à l'assaut du frontiste Adrien Grosjean dans la 8ème.

Michèle Taborot, dans la 9ème, bat Marie-Louise Gourdon, la candidate socialiste, avec 59,96% des suffrages.

Rappelons que dans les 6ème et 7ème circonscriptions, Lionnel Luca et Jean Léonetti s'étaient qualifiés lors du premier tour la semaine dernière.

Seul petit bémol, dans la 5ème circonscription des Français à l'étranger qui comprend - outre l'Espagne, le Portugal et Andorre - la Principauté de Monaco, c'est le candidat socialiste Arnaud Leroy qui a été élu face à la candidate UMP.

Bouches-du-Rhône

La défaite a une vertu, elle apprend l'humilité. Les représentants de la droite dans les Bouches-du-Rhône auront désormais quelques années pour le méditer et penser à une stratégie de reconquête. Babord, tribord...En 2007, la vague bleue avait balayé le littoral. En 2012, c'est donc le rose qui a coloré les urnes. Ils étaient 12 députés UMP sur 16 à rejoindre il y a 5 ans les bancs de l'Assemblée nationale. Ils ne seront plus que 6 rue de l'Université.

Parmi les députés sortants à droite qui sauvent leur place, Valérie Boyer, Dominique Tian, Guy Teissier, pour Marseille, Christian Kert, Bernard Reynès et Bernard Deflesselles, pour les Bouches-du-Rhône.

Éric Diard, Richard Mallié, Renaud Muselier et Maryse Joissains-Masini doivent se soumettre au diktat des urnes et rendre les clés. La claque est cinglante pour Renaud Muselier et Maryse Joissains-Masini, les résultats grippant quelque peu leur élan vers les prochaines Municipales. Le premier, battu par la toute nouvelle ministre Marie-Arlette Carlotti, rêve de la Ville de Marseille, la seconde, secouée par le score (53,55%) de Jean-David Ciot, le patron de la fédération socialiste départementale, dirige avec autorité le secteur aixois en cumulant tous les mandats exécutifs.

Parmi les députés sortants de Gauche, Sylvie Andrieux et Michel Vauzelle parviennent à se faire élire. Tout deux affrontaient un représentant du FN. Ce qui laisse penser que le report des voix à droite n'a pas été automatique.

Au rang des claques, celles de Renaud Muselier dans la 5ème et de Maryse Joissains-Masini dans la 14ème.

Conformément à la logique de l'alternance, les entrants appartiennent à la mouvance du président nouvellement élu. Le département s'inscrit en cela dans la lignée nationale : donner au gouvernement en place les coudées franches et les mains presque libres.

Parmi les nouvelles têtes, l'autre prétendant à la gouvernance de la capitale régionale, Patrick Mennucci, obtient avec 70,51% le plébiscite nécessaire pour être sur orbite. Un score qui contraste cruellement avec le désaveu infligé à Renaud Muselier.

Il y a de la place pour les parachutés : Si Jean-Pierre Mignard a échoué dans la 2ème, Olivier Ferrand (8ème, celle de Berre et de Salon), ancien conseiller de Lionel Jospin et Pierre Moscovici, délégué général du Think tank "À gauche en Europe", fondé par Dominique Strauss-Kahn et Michel Rocard, est visiblement parvenu à compenser son déficit de notoriété locale.

Vincent Burroni (12ème) chasse pour sa part le député UMP sortant Éric Diard qui devait à la fois affronter le candidat de gauche et celui du FN Paul Cupolati.


Enfin, deux échappés. Dans le duel fraticide rose et bleu, se distingue deux autres couleurs : celle du Front de Gauche, Gaby Charroux qui emporte la 13ème (qui comprend notamment Gardanne) et le vert du l seul EELV départemental, françois-Michel Lambert, qui parvient à se qualifier dans la 10ème. Le seul représentant régional de son parti au Palais Bourbon, qui comptera pourtant 18 élus.


Var

C'est le grand chelem dans le Var : Geneviève Levy, Philippe Vitel, Jean-Pierre Giran, Jean-Michel Couve, Georges Ginesta, Josette Pons et Jean-Sébastien Vialatte, députés UMP sortants, retrouvent leur siège à l'Assemblée nationale.

Olivier Audibert-Troin (UMP), 1er député de la 8ème circonscription, y siégera pour la première fois. Mais si la victoire est éclatante au premier abord, elle fut plus compliquée qu'il n'y paraît. En 2007, six des sept députés UMP avaient été élus dès le premier tour. Cette fois, tous ont été contraints à un second round.

Si Mireille Peirano (PS) dans la 2ème circonscription a été battue sur le fil, Robert Alfonsi (PS), Bernard Clap (PS), Joël Canapa (PRG) et Ladislas Polski (MRC) n'ont jamais vraiment été en mesure de porter l'estocade. Le deuxième effet Hollande est limité du côté de Toulon.

La vague Bleu Marine n'a pas emporté grand chose sur son passage. Bruno Gollnisch, n°2 du parti, accuse près de vingt points de retard sur Jean-Pierre Giran dans la 3ème circonscription tandis que Frédéric Boccaletti, secrétaire fédéral et farouche opposant à Jean-Sébastien Vialatte, se retrouve à dix-huit longueurs.


Vaucluse

Pas d'effet majorité présidentielle sur ces terres. Marion Maréchal - Le Pen arrive dans la 3ème circonscription (comprenant Carpentras) en tête avec 34,63%, déboulonnant le député sortant Jean-Michel Ferrand (UMP), au Palais Bourbon depuis 1986, et pourtant parmi l'un des plus assidus en région en terme de présence et les plus actifs en terme de production de rapports à l'AN.


Dans la 4ème circonscription, le maire d'Orange, Jacques Bompard, qui se présentait sous les couleurs de son parti, la Ligue du Sud, a emporté haut la main le duel avec le socialiste Pierre Meffre.


Dans la 2ème circonscription, le député sortant Jean-Claude Bouchet (UMP) a finalement résisté, affrontant pourtant à la fois le maire du Thor, l'écologiste Jacques Olivier, soutenu par le PS et le FN.


Dans la 5ème circonscription, née de la reconfiguration de la carte électorale, Julien Aubert, jeune énarque, a bénéficié du désistement entre les deux tours du représentant du FN. La capitalisation présidentielle n'a pas eu lieu pour le candidat PS Jean-François Lovisolo.


Enfin, dans la 1ère, très observée du fait du changement de main entre la députée-maire sortante UMP, Marie-Josée Roig et son adjointe à la petite enfance, Valérie Wagner. La socialiste Michèle Fournier-Armand, déjà candidate en 2007, confirme l'essai du 1er tour en s'imposant avec 45,25% des voix devant le frontiste Thibaud de la Tocnaye (28,02%) tandis que l'UMP Valérie Wagner maintient sa 3ème place (26,73%).

Dossier réalisé par Laurence Bottero, Fabien Groué et A.D


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