Les acteurs du tourisme d ? affaires poussent la logique d ? intégration

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Précurseur dans le tourisme d?affaires et de congrès dans les années 80, la région perd des points depuis quelques années au profit des pays émergents (Espagne, Italie, Pays d?Europe Centrale et Orientale) mais aussi d?autres régions (Rhône-Alpes). En réaction, la filière réagit.


Pour préserver un secteur qui représente régionalement 5% de la clientèle touristique soit 1,7 millions de séjours, générant 7,5 millions de nuitées, la filière, qui s'était endormie, joue depuis 2008 la carte collective. Dans un contexte d'émergence de nouvelle destination Congrès et dans un secteur caractérisé par la petite taille et la multitude des entreprises, une présence coordonnée sur les marchés internationaux sous la bannière Provence-Alpes-Côte d'Azur paraissant plus efficace que la compétition.


Une prise de conscience qui s'est illustrée par la création en 2006 du Pôle Régional d'Innovation et de Développement Economique Solidaire (Prides), fédérant ainsi pour la première fois les deux Comités Régionaux de Tourisme de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et Riviera-Côte d'Azur, Provence-Méditerranée-Congrès, le réseau des centres de Congrès, mais aussi des hôtels et agences réceptives. En 2008, l'assemblée générale a opté pour le nom de Provence Côte d'Azur Events.


Dotée de 25 centres de congrès et lieux de séminaires de 150 à 2 500 places (6 au dessus de 1 000), la région serait le 2ème pôle français (18% du chiffre d'affaires national) après Paris-Ile-de-France et se positionnerait à la 3ème place à l'échelle européenne pour la capacité d'accueil touristique.
Selon une étude réalisée entre mars et décembre 2009 par TNS Sofres pour le compte de la Région, 21% des congressistes arriveraient en moyenne 4, 1 nuits avant le début du congrès et 18% resteraient 2,8 nuits après le congrès. Les dépenses journalières d'un visiteur en tourisme d'affaires sont 4 à 5 fois supérieures à celles d'un touriste "loisirs", de l'ordre de 152€ par jour pour une moyenne de dépenses totales de 638€.


Aujourd'hui, le Prides*, qui compte 85 adhérents (150 M€ de chiffre d'affaires, 3500 emplois) pousse l'intégration en fusionnant avec Provence-Méditerranée-Congrès, qui était jusqu'à présent adhérent. "Cette évolution de la structure était prévue mais nous voulions d'abord que la filière soit représentée dans sa diversité et ne pas attirer exclusivement des centres de congrès. L'objectif est atteint, nous pouvons donc désormais l'envisager", explique Philippe Villechaize, président de l'association et directeur du centre congrès de Toulon. L'ancien directeur du palais des festivals de Cannes explique qu'il reste une centaine d'adhérents à coopter et que le prochain conseil d'administration, qui élira un nouveau président (probablement l'actuel président de PMC, Pierre-Louis Roucariès), décidera de la nouvelle stratégie et de ses moyens. "Tous les palais des congrès de la région plus ceux de la Grande Motte et d'Ajaccio en font partie. Il y a une exception : le palais de Cannes, que nous avons sollicité et je regrette que, pour l'instant, il ne nous ait pas encore rejoints".

Parmi les futurs chantiers à mener, rallier à la cause les départements alpins (Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes), insuffisamment représentés dans la structure. Mais aussi, répéter les opérations sous une même ombrelle aux salons IMEX (Francfort) et EIBTM (Barcelone) et multiplier les workshops comme ce qui a été fait à Paris, notamment à Lyon, Bruxelles.

La filière réfléchit également à travailler davantage en transversalité avec les autres Prides. "Pourquoi ne pas imaginer l'organisation en commun de congrès, Eurobiomed, par exemple, peut générer des évènements importants. Nous avons tous un rôle à jouer dans l'attractivité du territoire".
En remportant le Forum Mondial de l'eau en 2012 et à la veille de l'organisation de son événement culturel capital, Marseille a marqué des points, ce qui devrait conforter la ville dans ses avancées. Selon l'ICCA, International Congress and convention association, Marseille serait passée de la 150ème à la 86ème place entre 2007 et 2008. Un positionnement qui devrait se conforter avec l'ouverture de l'Intercontinental en 2013 et du Mariott 4* à Euromed Center. Le premier, rappelons-le, en province.

Adeline Descamps
Photo :
Les dépenses journalières d'un visiteur en tourisme d'affaires sont 4 à 5 fois supérieures à celles d'un touriste "loisirs", de l'ordre de 152€ par jour.

Crédit photo : F.Muller


* un budget de 375 000€, alimentés à 23% par les cotisations, 40% par la Région et 37% par le Feder.

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