Les entreprises de propreté profitent de leur AG pour faire passer les messages

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les entreprises de propreté du Sud-Est (CRESPE) organisaient vendredi dernier son assemblée générale au Mas d?Entremont à Aix- en-Provence. Le secteur, qui emploie 13% du nombre total des entreprises en PACA et Languedoc-Roussillon, est inquiète quant aux ?cadeaux sociaux? qui pourraient être concédés à l?approche des prochaines échéances électorales.


Pour employer 48 509 employés sur les régions PACA, Languedoc Roussillon et Corse, l'on peut concevoir que les 2116 entreprises (88% de PME) du secteur régional de la propreté soient attentives aux annonces qui pourraient être faites les prochains mois. "Par nature, la période pré-électorale est propice à entendre tout et n'importe quoi en matière sociale", résume Patrick Leforestier, le président de la Fédération des entreprises de la propreté (FEP).

"Nos comptes de résultat sont composés à 80% de charges salariales. Les enjeux de la profession sont donc en effet sociaux. Ce secteur s'est structuré au fil des années, mettant en place une politique salariale volontariste avec un smic professionnel à 3% de plus que le smic normal (ndlr : 9,22 euros bruts de l'heure). On nous impose sans cesse de nouvelles lois ou de nouveaux dispositifs, qui nuisent à la productivité de nos entreprises. Il est donc normal que nous soyons vigilants par rapport à tous dispositifs qui demain pourraient impacter la profession", ajoute Pierre - Louis Rougny, élu le 9 septembre dernier à la présidence de la chambre régionale des entreprises de propreté du Sud-Est (CRESPE), et par ailleurs dirigeant d'une entreprise de 30 personnes basée dans les Hautes-Alpes.

La profession regrette notamment que les dispositifs d'allégements de charges, permettant de compenser le coût global élevé du travail en France sur les bas salaires, soient constamment revus à la baisse. L'éventualité d'une suppression totale des allégements après 2012 entrainerait, selon une étude d'impact réalisée en 2009 par la FEP, une perte de l'ordre de 60 000 emplois, soit 15% de l'effectif de la branche.


"L'entreprise de propreté ne peut répercuter directement sur ses prix l'augmentation du coût salarial, puisque cela suppose la renégociation progressive des contrats de prestation passés avec ses clients. Aussi, il est très difficile pour nous de valoriser nos prestations. On vend du prix et on nous achète du prix", ajoute-t-il.

En 2010, selon la FEP, les donneurs d'ordre auraient de surcroît revu leur cahier des charges en raison de la réduction de leur budget. Un facteur aggravant en période de crise. Le secteur a également en ligne de mire la concurrence déloyale et les auto entrepreneurs. Un statut qui, selon elle, n'entraîne pas de fermetures d'entreprises pour le moment mais des pertes de marché.

Pour faire reconnaître l'importance de leurs rôle notamment auprès des clients "pour lesquels nous sommes souvent invisibles", la CREPSE, les partenaires sociaux et les services régionaux de l'État ont créé le 22 septembre un Observatoire Social et Economique Régional de la propreté (OSER), qui devra se "saisir des bonnes pratiques et des contradictions et faire des propositions concrètes".

"Par exemple, il existe une règle selon laquelle les clients doivent mettre à la disposition des entreprises de propreté des locaux (vestiaires, sanitaires, stockage ...). Les clients sont tenus de veiller à la sécurité des intervenants et de renseigner sur les accès dangereux aux vitres en hauteur, les problèmes liés aux travailleurs isolés...Toutes ces règles ne sont majoritairement pas respectées. Toutes les parties ont des droits et des devoirs. L'idée est de parvenir à obtenir des donneurs d'ordre certains engagements". Occasion également dans cette tribune de faire entendre aux clients que le facteur prix ne doit être qu'un élément parmi tant d'autres dans le choix de son prestataire.


A.D

Photo : Pierre-Louis Rougny, président de la CRESPE et dirigeant d'une entreprise de Hautes-Alpes après avoir dirigé le groupe Néra dans l'Isère.


Chiffres clés (France)

- 20 000 entreprises
- 433 000 salariés
- 11 mds€ chiffre d'affaires
- 2 000 créations d'entreprises par an
- + de 1 000 apprentis dans 7 CFA (Centre de formation d'apprentis) et 5000 jeunes en lycées professionnels
- 40% de parts de marché supplémentaires à conquérir

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