Les laboratoires de biologie médicale cherchent à se fédèrer

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Dès 2018, une accréditation sera obligatoire pour les laboratoires de biologie médicale. Cette nouvelle donne exige des investissements lourds. José Sampol, président fondateur de JS BIO, première structure fédérative en PACA, a fait le point vendredi dernier à Marseille.

Dès 2018, une accréditation sera obligatoire pour les laboratoires de biologie médicale. Cette nouvelle donne exige des investissements lourds. José Sampol, président fondateur de JS BIO, première structure fédérative de biologie médicale en PACA, a fait le point vendredi dernier à Marseille.

La loi Hôpital, Patients, Santé, Territoire dite HPST du 21 juillet 2009 prévoit une réforme de la biologie médicale, avec pour objectif, selon le Ministère de la Santé et des Sports "de permettre à chacun d'avoir accès à une biologie médicale de qualité prouvée, payée à son juste prix dans un cadre européen".

Une réforme qui fait suite à plusieurs constats (sur la base d'un rapport de l'IGAS de 2006 et de celui dit "Ballereau" de 2008 qui a jeté les bases de la réforme actuelle). Premier d'entre eux : la biologie médicale est devenue un élément central du parcours de soins des patients, puisqu'elle contribue à l'élaboration d'environ 60% des diagnostics. Il y a donc nécessité d'une traçabilité de la qualité. Enfin, elle est motivée par l'intégration de France dans un cadre juridique européen.

Parmi les principales dispositions figure entre autres l'obligation de l'accréditation "pour répondre à des exigences de preuve et de traçabilité de leur réalisation", dit la loi. Elle sera délivrée en France, par le Comité français d'accréditation (Cofrac) et devra être réalisée au plus tard le 1er novembre 2016. La preuve d'entrée dans l'accréditation, selon des critères définis par arrêté ministériel, devra être apportée au plus tard le 1er novembre 2013. Les biologistes auraient obtenu un décalage dans le temps à 2018.

Cette mesure engendre forcément la réorganisation territoriale des LBM entre eux. JS BIO, qui rassemble 33 laboratoires pour un chiffre d'affaires de 50 M€, entend répondre aux besoins de la profession : s'adapter aux contraintes règlementaires, mener une politique de qualité de proximité, tendre vers un système scientifique intégrant les jeunes biologistes.

"L'accréditation exige des investissements lourds notamment dans l'organisation (instrumentation, technique de prélèvement, rendu du résultat, équipement informatique,...). Nous avons estimé que le coût pour un laboratoire de taille moyenne serait de l'ordre de 70 000 €/an", explique José Sampol, spécialiste de l'hémostase et des pathologies vasculaires.


Pour le président fondateur de JS BIO, la solution est de se fédérer. D'autant que les laboratoires sont souvent de petites structures de 3 à 4 personnes. Les directeurs des 33 laboratoires intégrés peuvent s'associer au capital tout en restant décisionnaires des orientations à donner à leur activité malgré l'apport de capitaux privés. "JS BIO est un modèle très original qui fera tâche au niveau français" assure son président.

Dix nouveaux laboratoires viennent de rejoindre la structure. À terme, 5 à 6 biopôles secondaires seront implantés sur la région. La structure s'appuie à ce jour sur trois biopôles (Marseille, Toulon et Carpentras). Début 2013, le seuil des 100 M€ de chiffre d'affaires sera probablement franchi. Par croissance externe.

La région possède la plus forte concentration de laboratoires de biologie médicale en France avec 700 praticiens et un marché de 530 M€. Soit 13% des biologistes français pour 7,4% de la population. Trois fois plus que la moyenne française.

Myriam Mounier (avec A.D)

Photo : José Sampol, président fondateur de JS BIO, est un spécialiste de l'hémostase et des pathologies vasculaires. Il fut chef de service du laboratoire d'hématologie de l'hôpital de la Conception, ancien directeur d'unité à l'INSERM.

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