Métropole Aix-Marseille : et maintenant ?

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Désormais présidée par Jean-Claude Gaudin - sans surprise, mais pas sans rebondissements - la Métropole Aix-Marseille donne déjà le ton : ça risque d'être compliqué. Recours, QPC, bonne et mauvaise volonté, à quoi peut-on s'attendre ?

"Faites sortir la fumée blanche, nous avons un président" : la formule de Guy Teissier, présidant ce lundi la toute première réunion du conseil métropolitain, est venue clore une élection présidentielle sinon houleuse tout au moins surréaliste, certains dans l'assistance diront "pagnolesque". Reste que désormais, la Métropole a un président. Et que si Jean-Claude Gaudin, comme certains représentants économiques tels Jacques Pfister, le président de la CCI Marseille Provence, exhortent à aller de l'avant, tout le monde l'entendra-t-il de cette oreille ?

Recours ou pas ?

Car la question, c'est bien celle-ci : et maintenant ? Jean-Claude Gaudin, persuadé de la légalité de cette élection - "nous avons bien étudié cela avec nos juristes et appliqué la loi telle qu'elle est prévue. Elle impose d'exécuter ce qui est stipulé à l'ordre du jour. À partir du moment où la Dame (Maryse Joissains NDLR) n'a pas voulu l'appliquer c'est au deuxième plus âgé de prendre la suite et de le faire" - gage que les maires des communes ne déposeront pas de recours devant la justice, une démarche "qui leur déplaît", selon lui. À tort ou à raison ? L'avenir le dira très vite. "S'il y a des recours, il y aura des recours. Mais il faut aller de l'avant". Les enjeux : assurer la continuité de paiement pour les 7 500 agents d'EPCI ainsi que pour les prestataires engagés dans l'exécution de marchés publics. Faire valoir avec davantage de poids les intérêts d'Aix-Marseille-Provence auprès de Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique. Et enfin, plus épineux, amorcer le travail en cohésion avec les autres présidents d'EPCI. Cette vision de l'avenir métropolitain sera-t-elle partagée par les 240 conseillers présents hier matin ? Rien n'est moins sûr.


Une gestation complexe

Difficile à présent d'imaginer le consensus. Comment rallier en effet une Maryse Joissains, maire d'Aix, convaincue plus que jamais de l'impossibilité à œuvrer avec les élus marseillais, contestant l'argument de la nécessité de continuité de paiement du personnel et des prestataires (à Aix "tout est déjà prévu", lancera-t-elle une fois hors du palais du Pharo), un chiffon rouge agité inutilement, l'État se substituant pour le paiement en cas d'éventuels manquements. Une Maryse Joissains qui attend de surcroît la décision d'un Conseil d'Etat qu'elle a par ailleurs saisi et qui devrait rendre sa décision fin novembre ? Ou encore comment convaincre un Gaby Charroux (PCF), maire de Martigues, déclinant sa candidature à la présidence de la Métropole par volonté de ne pas cautionner ce qu'il a qualifié de "passage en force" ? Le gouvernement donnera-t-il satisfaction au président du SAN (Syndicat d'agglomération nouvelle) Ouest Provence, René Raimondi, qui demande le maintien des personnalités juridiques des EPCI pour un an, jusqu'au 1er janvier 2017 ?
La séance d'hier matin aura permis de prendre conscience, si cela n'était déjà fait, de la complexité nimbant la naissance d'Aix-Marseille-Provence. Ainsi que des effets pervers découlant d'une volonté gouvernementale à la réaliser aux forceps.

Carole PAYRAU et Laurence BOTTERO

Crédit photo : DR - Ville de Marseille

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