Métropole : les Conseils de développement du territoire présentent un contrat de plan

 |   |  945  mots
Les Conseils de développement du territoire, ces ?think thank? des intercommunalités créés par la Loi d'Orientation pour l'Aménagement et le Développement Durable du Territoire du 25 juin 1999, ont présenté le 12 novembre à l?IEP d?Aix-en-Provence, le fruit de leur réflexion sur l?espace métropolitain en vue du futur contrat de plan 2015-2020. Objectifs louables mais pas réalisables, ont réagi les décideurs économiques et politiques.


L'initiative est louable sur un territoire où priment généralement les questions de gouvernance sur la réflexion et l'action collective. Utile ensuite, puisque sur bien des points structurants, la région accuse un retard des plus conséquents. Ambitieuse enfin, car le financement des projets affichés s'exprime en plusieurs milliards d'euros. S'inscrivant dans une démarche collective pour conduire une réflexion commune sur l'espace métropolitain, les Conseils de développement du Pays d'Aix, du Pays d'Aubagne et de l'Étoile et de Marseille Provence Métropole, ont présenté mardi à Aix leurs propositions et priorités pour le prochain contrat de plan 2015-2020. L'ambition étant de "se centrer sur l'identification de projets en matière de transports, de développement économique et d'innovation", qu'ils considèrent "prioritaires pour construire un espace métropolitain dynamique et attractif". Pour rappel, le contrat de plan État-Région est en phase d'élaboration et ils espèrent qu'il mobilisera les financements de l'État, de la Région, du Département comme des six intercommunalités.

Consensus sur les priorités en matière d'infrastructures de transport

Pour les Conseils, pas question de nier les choses acquises, celles édictées dans le rapport national Commission 21 et qui ont l'objet d'engagements financiers de la part de l'État (l'A56 Fos-Salon avec contournement de Fos, la ligne nouvelle PACA avec la gare souterraine de Saint-Charles, le projet de liaison fluviale Fos darse2-Rhône) ainsi que celles de l'actuel CPER (troisième voie ferroviaire Marseille-Aubagne, achèvement du doublement de la ligne ferroviaire Aix-Marseille..). Ils soutiennent également les projets déposés dans le cadre des appels à projets nationaux par les intercommunalités (tramway nord-sud de MPM, ligne de Valdonne pour le Pays d'Aubagne, les deux BHNS pour le Pays d'Aix).
Sur la question des transports, ils suggèrent la création d'une liaison rapide Aix-Les Milles-Arbois-Gare TGV d'Aix-aéroport Marseille-Provence. L'amélioration de la desserte de la Haute Vallée de l'Arc, celle Est de l'Étang de Berre et de la liaison Marseille-Aubagne par la mise en service d'une ligne de tramway via le pôle d'échanges programmé de La Barasse. Et la mise en place d'une instance unique pour gérer les transports collectifs, l'Autorité Organisatrice des Transports Métropolitains (AOT) (Il y en a 11 actuellement).
En matière d'infrastructures routières et ferrées, ils préconisent notamment le contournement du centre-ville de Marseille, le prolongement de l'A55 entre Martigues et Fos en contournant Port de Bouc, la desserte directe des plates-formes Clésud et Fos Distriport, la réouverture aux voyageurs de la ligne ferrée Aix-Les Milles-Rognac et de celle Aubagne-Valdonne pour la mise en service d'un train-tram et une mise en liaison de la voie Valdonne avec Marseille via la gare SNCF d'Aubagne ; l'étude d'une liaison ferroviaire Marseille-Aix via Aubagne et Gardanne, en prolongement de la voie de Valdonne ; l'amélioration de la liaison ferroviaire directe de l'aéroport Marseille-Provence et des bretelles d'échanges entre le réseau autoroutier et le réseau routier local.

Politique industrielle à définir
Partant du Constat que les politiques locales ont trop centré sur l'économie résidentielle et touristique au détriment de celle liée à l'industrie et au développement des systèmes productifs, qui animent pourtant de grands sites comme ceux de l'Étang de Berre, Marignane, Rousset... en relation avec les technopôles et les pôles de compétitivité, ils déclinent une longue liste de propositions. Parmi les idées fortes, outre l'optimisation de l'utilisation des fonds publics avec laquelle on ne peut être que d'accord, ils prônent la mise en place d'un fond d'amorçage métropolitain, création d'une agence de l'innovation métropolitaine issue d'un partenariat public-privé, des dispositifs de financement spécifiques pour aider les entreprises à grandir via la possibilité pour les pouvoirs publics d'investir directement dans le capital des entreprises ou encore, introduire les pôles de compétitivité au conseil stratégique de l'Université unique Aix-Marseille....


Des décideurs sceptiques

À commencer par la maire UMP d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains, qui parle "d'objectifs louables", mais qui "a l'impression d'avoir entendu une procession de foi. De quels moyens disposons-nous pour voir aboutir ces projets ? On ne sait pas à quelle hauteur l'État et la Région vont s'impliquer financièrement. Des promesses ont bien été faites pour Marseille et que l'État va privilégier au détriment de la Métropole". Tout aussi défaitiste, son adjoint à l'urbanisme, Alexandre Gallesse provoque : "quels sont les projets de ce programme réalisables en 5 ans, durée du contrat plan ? Rien qu'en matière de transports, seuls ceux se rapportant à la voie routière sont réalisables, pas ceux concernant la voie ferroviaire". Encore plus pragmatique s'est montré le sociologue Jean Viard, représentant MPM : "votre projet devrait s'estimer entre 5 et 10 milliards d'euros, on ne les aura jamais. De plus, vous omettez la vitesse du changement de nos sociétés. Le temps que vos projets se concrétisent, ils seront dépassés. Nous devons créer un système capable de pouvoir s'adapter à l'inconnu et ce n'est pas celui que vous nous proposez aujourd'hui."

Frédérique JACQUEMIN

* Les Conseils de développement ont été créés dans le cadre de la Loi d'Orientation pour l'Aménagement et le Développement Durable du Territoire du 25 juin 1999 (LOADDT). Ils se composent de représentants économiques, sociaux, culturels et associatifs et ont pour vocation d'enrichir la réflexion sur les grands enjeux du territoire. Ils peuvent également s'autosaisir de toute question relative à l'aménagement et au développement du territoire au sens large.


Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :