Municipales Bouches-du-Rhône : Réplique tellurique à Marseille

 |   |  706  mots
Divine surprise pour le camp de l?UMP. Humiliation suprême pour le candidat socialiste Patrick Mennucci, dans lequel les baronnies du PS avait placé beaucoup d'espoirs. Cela s?appelle un pilonnage, l?effet d?une boule qui abattrait les quilles. Comme promis, le FN est au rendez-vous et devrait préempter tous les débats de l?entre deux tours.


En économie, on parle d'une sortie en sifflet. Pour le coup, c'est tout sauf progressif. C'est une réplique tellurique de l'élection présidentielle, où François Hollande était arrivé en tête au second tour à Marseille avec 50,87 % des voix et lors des élections législatives qui ont suivi, le Parti socialiste avait remporté quatre des sept sièges de députés de la ville. Un pilonnage donc des candidats socialistes, quasiment partout dans les huit secteurs de la ville. Enfin, il faut citer un autre candidat immatériel : l'abstention, cataloguée comme record à Marseille avec 46,47 %.


Humiliation pour Patrick Mennucci

Ma che disastro ! pour Patrick Mennucci qui rassemble moins de 21 % des suffrages exprimés en dépit des soutiens du Modem et des EELV et qui surtout subit la suprême humiliation dans son fief, avec moins de 27 % derrière Dominique Tian (UMP-UDI). Ma che sorpreza ! pour Jean-Claude Gaudin, briguant pour la quatrième fois la ville, qui n'espérait probablement pas rafler 37,64 % des suffrages. En 2008, la liste UMP conduite par Jean-Claude Gaudin avait été réélue pour un troisième mandat grâce à une avance de moins de 1 000 voix dans le 3e secteur face à la liste de gauche conduite par Jean-Noël Guérini, lequel avait néanmoins réalisé un score deux fois plus élevé que l'actuelle tête de liste socialiste. Cette fois, il présente moins d'une vingtaine de points d'avance et surtout, il dispose d'une réserve de voix moins importante que le camp adverse. Mais il est le seul à être réélu dès le premier tour dans son quatrième secteur (le 6e et 8e) avec 50,08 % des voix, largement devant Anny Lévy Mozziconacci (19,08 %), la médecin généticienne qui menait son premier combat sur un territoire de 122 000 habitants.

Le FN en chiffon rouge
Comme promis, le FN réalise sa percée maintes fois annoncée : à chaque élection, la "menace" du FN est exhibée comme un chiffon rouge. Cette fois, il est bien en place. En premier dans le 7e secteur, avec près de 33 % des voix devant l'UMP-UDI Richard Miron et en établissant sur l'ensemble des secteurs avec le score de 23,16 %. Élisabeth Philippe s'impose en 2e position dans le 6e secteur avec 25,58 %, entre l'UMP Roland Blum (35,17 %) qui écrase l'éléphant du PS et héritier d'une lignée politique Christophe Masse (16,63 %). Ainsi que dans le 5e, où Laurent Comas joue les troubles fêtes avec 25,56 %, entre le député UMP Guy Teissier (45,78 %) et le député européen ELLV Karim Zéribi crédité de 15,28 %.


Immamerscible Samia Ghali

Parmi les autres faits marquants, le fameux 3e secteur, vers lequel tous les médias parisiens ont convergé en lui accordant dans ses pages toutes les exclusivités : la ministre du gouvernement Ayrault, en charge des handicapés, y affrontait Bruno Gilles qui s'en sort avec 41,76 % contre 24,66 % pour sa rivale. Il faut ajouter que le président de la communauté urbaine, le socialiste Eugène Caselli, s'en sort encore moins bien avec sa 3e position et ses 17,46 % dans un jeu de voix extrêmement serré entre les candidats. Sanctionnée tout en gardant sa "tête" haute, l'immamerscible Samia Ghali, avec 31,71 %. Un score loin des 52,3 % des suffrages que la sénatrice-maire socialiste des quartiers nords de la ville avait glanés en 2008. Elle est néanmoins talonnée par le FN à 27,59 %.

Aix-en-Provence et Salon-de-Provence, autres espoirs de la gauche déçus

Parmi les autres villes du département, qui faisaient partie des espoirs de la gauche : Aix-en-Provence où la maire UMP sortante Maryse Joissains-Masini arrive finalement en tête du premier tour avec 37,74 % des voix, devant le candidat socialiste Édouard Baldo (PS). qui récolte 19,65 % des voix. Le taux d'abstention y est également élevé à 40,97 %. À Salon de Provence, la liste UMP Réussir Salon de Nicolas Isnard rafle 47,09 % devant celle du PS "Ensemble pour Salon-de-Provence de Michel Tonon à 33,72 %. Le FN affiche plus de 15%.


Arles : citadelle de la gauche unie ?

Hervé Schiavetti avait emporté dès le 1er tour les élections municipales de 2008 avec 26,35 % des votes. Le maire communiste Hervé Schiavetti (liste Union de gauche) remporte 37,95 % des suffrages, suivi par le candidat FN Pierre Chenel (24,35 %). Coutumier du fait, le taux de participation y est exemplaire : 63,29 %.

A.D

©Franck Pennant


Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :