Nice-Matin : Les promesses du duo Icart - GXP Capital

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En révélant son identité, le fonds d'investissement suisse a affirmé sa détermination à bâtir un projet au long cours pour le quotidien niçois. Restent certaines incertitudes en suspens.

Avec un plan de sauvetage en deux temps - d'abord avec l'annonce de l'arrivée de Jean Icart à la barre du quotidien le 6 février dernier puis avec la révélation du nom de l'investisseur ce vendredi 14 février - GXP Capital a pratiqué le teasing et tenu les rédactions comme les acteurs économiques en haleine. Le discours de Gilles Périn, représentant du fonds d'investissement, prononcé au cours du comité d'entreprise extraordinaire, s'est voulu rassurant. L'homme a avoué avoir été convaincu par Jean Icart, "un ami personnel", du bien-fondé de l'entreprise de "sauvetage", non sans avoir mesurer tous les risques encourus. Il a ajouté ne pas être dans une logique "de raideur" et d'avoir bel et bien l'intention de redresser l'entreprise et de la remettre à flot. Il a néanmoins spécifié ne pas vouloir se mêler de la gestion financière qui sera dévolue à Jean Icart, charge à l'homme politique niçois de s'entourer des compétences nécessaires. Gilles Périn n'a pas non plus caché que le patrimoine immobilier de Nice-Matin pouvait laisser espérer des plus-values importantes mais que ces mêmes plus-values devaient être conservées au sein du groupe et participer au financement de son développement.


Les salariés appelés à contribuer

Le développement est bien entendu au cœur de la problématique. Le titre a enchaîné ces dernières années les nouvelles formules sans jamais arriver à surprendre et satisfaire le lecteur. En septembre dernier, les salariés du groupe avaient planché sur un projet de développement éditorial et industriel, projet qui sera transmis dès cette semaine et examiné par le nouvel actionnaire. Comment autant de pistes de réflexion à étudier. Dans un communiqué, le groupe Hersant a annoncé que le duo Icart-GXP envisageait des investissements dans le numérique, un enrichissement des contenus éditoriaux et la création d'un média center. Sans plus de précisions.

20 M€, pas suffisants ?

Toutes ces démonstrations de bonne volonté qui, pour l'heure, ne peuvent absolument pas être remises en cause, n'empêchent pas certaines interrogations de demeurer. Sur le montant injecté d'abord. Les 20 M€ promis - quand on sait que le déficit d'exploitation est de 6 M€ et que le financement du PSE avec 128 départs sur la base du volontariat "coûterait" déjà au moins 10 M€ - seront-ils suffisants ? Pourquoi GXP Capital n'a-t-il pas attendu de reprendre le journal à la barre du Tribunal de Commerce, ce qui lui aurait permis de faire l'économie du passif ? Et puis, reste la personnalité de Jean-Auguste Icart, homme politique qui, il y a encore quelques semaines, espérait nouer alliance avec Jacques Peyrat, l'ancien maire de Nice, pour barrer le chemin de Christian Estrosi aux prochaines municipales. Dans le microcosme politico-économico niçois, son arrivée à la tête du quotidien laisse beaucoup d'acteurs dubitatifs. Nul doute que c'est maintenant sur l'identité mais surtout les compétences de ceux qui formeront sa garde rapprochée que toute la curiosité se porte. Le closing de l'opération de reprise est programmée au 26 février. Le 1er mars, Nice-Matin aura officiellement un nouveau P-d.g.

Laurence Bottero

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