Onet pose les bases de son internationalisation

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Le groupe international de services et d?ingénierie, qui est en train de plancher sur le plan stratégique qui lui permettra d'atteindre 20 % de son CA à l'international, vient d'acquérir l'Espagnole Seralia. Une opération qui permet à l?ETI marseillaise de porter son chiffre d?affaires à près de 100 M? en Espagne.


Le leader français des services n'avait pas procédé à des acquisitions de cette taille depuis une petite dizaine d'années. Il vient de procéder au rachat de Seralia, une entreprise espagnole de 70 M€ de chiffre d'affaires avec 4 500 salariés. L'Espagnole revendique un portefeuille de 700 clients dans les secteurs de la santé, l'environnement avec la collecte et le recyclage de déchets, et l'assistance. Le groupe marseillais de services et d'ingénierie est présent en Espagne, depuis 1995, via sa filiale (25 M€ de chiffre d'affaires avec 1 600 salariés).

20 % à l'international en 5 ans

"L'Espagne offre un potentiel de marché de l'ordre de 5 Md€ dans les métiers de la propreté, contre 10 Md€ par comparaison pour la France. Cette opération nous permet de devenir un acteur de taille significative avec un chiffre d'affaires de 100 M€ et 6 000 salariés", explique Denis Gasquet, arrivé à la tête du directoire il y a un an après un an passé à la vice-présidence. "C'était une cible très intéressante, dans un marché qui redémarre et avec des clientèles complémentaires aux nôtres", justifie celui qui n'est sans doute pas pour rien dans les nouveaux objectifs définis par le groupe familial (la famille Reinier est toujours propriétaire à 73,58 % du capital) : atteindre au moins 20 % de chiffre d'affaires d'ici 2018 (contre 5 % aujourd'hui).

Croissance organique vertueuse

Entré aux côtés d'Henri Proglio quand il était à la tête de la Compagnie Générale des Eaux, ce fils de Marseillais deviendra, en 2010, directeur général exécutif de Veolia Environnement et directeur des opérations, en charge de la branche propreté, avant de prendre la direction de Veolia Propreté. "J'ai fait de l'international pendant 15 ans. Veolia Propreté ne réalise plus aujourd'hui que 35 % de son CA en France", signifie-t-il. "Jusqu'à présent, Onet a assis son développement sur de la croissance organique. C'est la plus vertueuse, celle qui démontre la dynamique commerciale et technique des équipes", commente le dirigeant. "Maintenant, dans le cadre d'une stratégie de développement international, nous allons nous déployer dans des pays cibles." Une internationalisation aussi dictée par la nécessité d'élargir ses marchés.

Tensions entre prix et coûts

Le secteur du nettoyage industriel, qui a connu de très belles années suite à l'externalisation, est aujourd'hui entré dans une phase de maturité où les opérateurs se livrent à un guerre concurrentielle. Baisse des prix des prestations en baisse et contraction des marges créent des tensions. "Globalement, le secteur connaît une croissance molle de l'ordre de 1 % alors que nous étions habitués à des croissances de 5 %. Nous sommes sur des métiers à forte intensité de main d'œuvre, où les prix sont stables alors que nos coûts sont importants." Sur ce marché, Onet, qui détient toujours et depuis longtemps le leadership en France, se bat contre des entreprises à taille plutôt comparable dont fait partie l'autre grande entreprise régionale, GSF, mais aussi Elior Services ou Samsic Propreté.


Pour faire la différence, diversification et internationalisation

Là où d'autres se positionnent comme des prestataires multiservices, Onet, qui possède trois grands pôles de compétences - services, technologies et sécurité ainsi que deux métiers (les ressources Humaines avec Axxis Ressources et le négoce de matériels et produits de nettoyage avec Prodim) -, exploite d'autres voies en "valorisant ses savoir-faire insuffisamment exploités", explique l'ancien de Veolia. "Comme dans l'ingénierie nucléaire, où Onet Technologies, spécialisée dans la maintenance industrielle, a développé un conteneur spécifiquement dédié au transport de matières radioactives". C'est cette stratégie - diversification et internationalisation - qui est en train de s'écrire.

L'entreprise, basée à Marseille, est présente dans 7 pays à l'international, a réalisé un CA consolidé de 1,416 Md€ en 2013 (dont 921 M€ avec son pôle services) et emploie 58 700 personnes.

A.D


Photo : Denis Gasquet, arrivé à la tête du directoire d'Onet il y a un an, ambitionne de porter le chiffre d'affaires du groupe à l'international à 20 % en cinq ans.



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