Optis ou la lumière apprivoisée

 |   |  583  mots
Spécialiste de la simulation de la lumière, la société varoise développe des logiciels utilisés aussi bien dans l'automobile, l?électronique, l?aéronautique par les plus grands donneurs d?ordre. Fruit d?une politique particulièrement proactive dans l?innovation depuis 20 ans.


Créée en 1989 par Jacques Delacour, la société d'ingénieurs basée à la Farlède dans le Var (une centaine d'ingénieurs sur un effectif de 140 personnes) est spécialisée dans la simulation informatique de phénomènes physiques liés à l'optique. Après plus de 20 ans de R&D - 35 % du C.A (30 M€ en 2012) en R&D et 2 brevets déposés par an en moyenne depuis sa création - les logiciels développés par Optis sont les seuls à créer simplement, à partir d'une idée, un prototype virtuel très proche de la réalité, avec une simulation de la lumière et de la vision humaine en temps réel. Basée sur des algorithmes physiques, cette simulation permet de prendre des décisions fiables à toutes les phases de la conception et d'extraire des données mesurables. "Les concepteurs, ingénieurs et ergonomes et les départements marketing de travailler ensemble dans un environnement collaboratif à l'intérieur de la plate-forme CAO de leur choix", explique Jacques Delacour.

Équipementier pour les plus grands donneurs d'ordre
Le logiciel phare de l'entreprise reste SPEOS, dont la première version industrielle est sortie en 1998 et qui est aujourd'hui intégré dans les logiciels de conception assistée par ordinateur (CAO) 3D Solidworks® et Catia® V5, tous deux développés par Dassault Systèmes et Pro/Engineer conçu par Parametric technology Corp. Utilisés aussi bien dans l'automobile pour l'éclairage (45 % du C.A) par PSA, Renault, Porsche ou BMW, que dans l'électronique pour les écrans et claviers de téléphones portables (25 % du CA) par Sony, Wikon, Samsung ou LG, ainsi que dans l'aéronautique pour les tableaux de bord et les cockpits d'avion (30 % du CA) par Schneider, General Electric, Boeing, Airbus ou Embraer, les logiciels d'Optis sont également déployés dans le cadre du programme nucléaire international Iter.

Acquisition de compétences

En octobre 2013, avec le rachat d'Icona Solutions Limited et de sa suite logicielle Aesthetica (montant non divulgué) qui permet de visualiser l'impact des tolérances de fabrication sur la qualité perçue des produits finis, la société varoise a élargi son offre en donnant à ses clients la possibilité de détecter des problèmes critiques d'ingénierie et d'assemblage bien avant qu'un seul composant ne soit fabriqué. En juin 2013, la société a en outre sorti deux innovations majeures dont la plate-forme de réalité virtuelle H.I.M (human integrated manufacturing). "Grâce à cet outil, il est possible de déterminer à quel endroit il faut placer une batterie dans un avion pour que l'opérateur puisse la soulever sans difficultés, détaille Jacques Delacour. Et nous sommes capables de simuler le passage d'un avion dans les différents postes de montage pour prévoir la manière dont l'usine doit être conçue pour qu'il n'y ait aucun blocage."

7 000 licences cédées
L'entreprise, détenue majoritairement par Jacques Delacour, a contracté plus de 7 000 licences à 1 800 clients dans 38 pays à travers le monde. Elle réalise 95 % de son C.A à l'export via ses filiales en Angleterre, en Chine, au Japon, en Allemagne, aux États-Unis et en Italie et des distributeurs. Membre de nombreux pôles de compétitivité dont Pégase, Optitec, Pôle Mer Méditerranée, Teratec ou encore Popsud, la société d'ingénieurs a vu son CA augmenter de 30 % par an depuis 3 ans et son effectif doubler.

C.HENRY

Photo : Jacques Delacour, fondateur et dirigeant d'Optis

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :